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Une femme musulmane à la tête des services funéraires de la mosquée Al Rashid d’Edmonton

Une femme tenant un kafan, un vêtement traditionnel utilisé lors des funérailles.

Salwa Kadri expose un kafan à la mosquée Al Rashid. Le vêtement traditionnel est enroulé autour d'un corps en préparation d'un enterrement musulman.

Photo : Ariel Fournier

Radio-Canada

Une femme musulmane est devenue pour la première fois responsable de funérailles à la mosquée Al Rashid d'Edmonton.

Salwa Kadri est devenue la directrice des services funéraires de la société funéraire islamique (Islamic Funeral Society) de la mosquée d'Edmonton ce mois-ci, plus d'une décennie après avoir commencé à prendre soin des corps de personnes décédées.

C'est un travail qui exige de comprendre la loi islamique ainsi que les besoins des familles d'au moins 60 origines ethniques différentes.

On ne peut pas s'attendre à ce qu'une personne du Liban ait le même genre de pratiques culturelles qu'une personne d'Afrique, dit Mme Kadri.

Il faut donc un équilibre pour comprendre ce qui est culturel et ce qui est religieux.

Salwa Kadri, directrice funéraire à la société funéraire islamique

L'organisme vient en aide aux musulmans sunnites de tout le nord de l'Alberta lorsqu'un de leurs proches meurt. Une cinquantaine de bénévoles répondent aux appels 24 heures sur 24 pour que les funérailles puissent avoir lieu dans la journée, dans la mesure du possible.

Avant que Mme Kadri ne reçoive son diplôme en services funéraires de l'Université Mount Royal, l'organisme comptait sur les directeurs de funérailles non musulmans pour s'assurer que les règlements provinciaux étaient respectés.

La reconnaissance officielle de son rôle est importante dans une culture où les femmes, même Mme Kadri, sont généralement dissuadées d'assister à des enterrements musulmans, estime Noor Al-Henedy, directrice des communications de la mosquée Al Rashid.

Je suis très fière en tant que femme et en tant que musulmane, ajoute-t-elle.

C'est une personne qui connaît très bien les lois et les règlements et qui en connaît l'aspect religieux, précise-t-elle.

Les forces dans ces deux domaines sont vraiment cruciales pour assurer le bon fonctionnement de la société funéraire sans problèmes.

Selon la loi islamique, une personne doit être enterrée dans une tombe sans cercueil et ne doit être ni incinérée ni embaumée.

Mme Kadri a aidé à laver, à envelopper et à enterrer des centaines de personnes depuis qu'elle a commencé à faire du bénévolat pour l'organisme en 2008.

Traiter tout le monde de la même manière

Les funérailles dans les différentes cultures musulmanes peuvent varier selon les traditions, mais la charia (loi islamique) exige que les personnes décédées soient toujours traitées avec le même soin et le même respect.

« C'est l'une des choses qui rassemblent tous les musulmans, affirme Mme Kadri. Ce sont nos pratiques spirituelles sur la façon dont nous pratiquons le religion. » Nous avons un seul Coran, une seule religion et une seule façon de faire des funérailles.

D'abord, elle lave le corps comme si la personne se préparait à la prière. En arabe, cette pratique est connue sous le nom de ghusl.

Ensuite, elle l'enveloppe dans un kafan, un linceul fait de tissu blanc uni.

Mme Kadri l'a fait pour des personnes de tout âge. Elle a appris à adapter les coutumes aux personnes dont le corps s'est décomposé ou a été mutilé dans un accident de voiture. Elle a lavé des corps qui pesaient près de 400 livres.

Tout le monde reçoit la même pierre tombale, tout le monde est lavé, tout le monde est enveloppé, tout le monde va dans la tombe sans cercueil, précise-t-elle.

Donc, tout le monde est traité de la même façon. Les riches, les pauvres, les vieux, les jeunes, tout le monde est pareil.

Privilégier les familles

En plus de s'occuper des morts, Mme Kadri voudrait apporter plus d'aide aux familles endeuillées.

Elle prévoit mettre en place un processus d'arrangements funéraires préalables afin d'atténuer le stress lié à l'organisation de funérailles dans un délai de 24 heures. Elle offrira un atelier sur le deuil à l'automne.

La nouvelle directrice de l'établissement aimerait aussi mettre en place un système pour faciliter le contact entre les familles endeuillées et des conseillers.

C'est pour s'occuper des familles que Mme Kadri a commencé à faire du bénévolat auprès de la société funéraire islamique en 2008.

Avec les informations de CBC

Alberta

Société