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La criminalité en hausse de 2 % au Canada en 2018

Une voiture de la PPO

Photo : Radio-Canada

Rozenn Nicolle

Selon un nouveau rapport publié lundi par Statistique Canada, le nombre de crimes déclarés à la police est en augmentation pour une quatrième année consécutive en 2018.

Le rapport note qu’en 2018, le Canada a enregistré plus de deux millions d’infractions au Code criminel (excluant les délits de la route), soit près de 69 800 transgressions de plus qu’en 2017.

Le taux de crimes déclarés à la police est passé de 5334 à 5488 pour 100 000 habitants l’an dernier, ce qui représente une augmentation d’environ 2,1 % du taux de criminalité au Canada par rapport aux données de 2017. Cela reste cependant 17 % inférieur aux données de 2008.

Les chiffres concernant l’Indice de gravité de la criminalité (IGC) sont relativement semblables, avec une hausse de 1,9 % par rapport à 2017, mais demeurent inférieurs de 17 %, eux aussi, à l'IGC enregistré 10 ans auparavant.

Qu’est-ce que l’IGC?

Pour analyser la criminalité au-delà du volume d’affaires déclarées par la police, Statistique Canada utilise l’Indice de gravité de la criminalité (IGC). Celui-ci prend également en compte la nature des infractions. L’année de référence est l’année 2006, qui correspond à un indice de 100. En 2018, ce même indice était de 75,01. En 2014, l'année où a été enregistrée la dernière baisse, l'IGC était de 66,90.

Hausse dans la moitié des provinces et les deux tiers des métropoles

C’est à l’Île-du-Prince-Édouard qu’on a enregistré la plus forte hausse de l’IGC au Canada, avec une variation de 17 %. L’Ontario, le Manitoba et le Nunavut arrivent en deuxième position (+6 %), et sont suivis des Territoires du Nord-Ouest (+5 %), du Nouveau-Brunswick (+4 %) et de Terre-Neuve-et-Labrador (+4 %).

Les deux tiers des plus grandes villes du Canada ont observé une augmentation de leur IGC. Les hausses les plus marquées se sont produites à Windsor (+21 %), à Moncton (+15 %) et à St. Catharines–Niagara (+15 %).


LES HOMICIDES AU CANADA

Un policier en uniforme soulève un ruban, qui sert à fermer un secteur lorsque les policiers érigent un périmètre de sécurité. La photographie a été prise le soir, car il fait sombre et seuls les néons et lampadaires illuminent la scène.

Une fusillade mortelle est survenue le 22 juillet 2018 sur l'avenue Danforth, à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Homicides : recul général, mais année noire pour l’Ontario

Alors que le taux d’homicide était reparti à la hausse en 2017, les données montrent qu’en 2018 il a chuté de 4 %. L’Alberta et la Colombie-Britannique ont toutes deux enregistré une trentaine de cas en moins par rapport à l’année précédente, expliquant cette baisse.

À l’inverse, l’Ontario a connu une année noire en 2018, avec 69 homicides de plus qu’en 2017. Des chiffres qui s’expliquent notamment par trois événements graves survenus à Toronto : la série de meurtres commis par Bruce McArthur, l’attaque au camion-bélier et la fusillade de l’avenue Danforth. Ces trois affaires totalisent 20 victimes d’homicide et 26 victimes de tentative de meurtre.

Une victime d’homicide sur cinq est autochtone

Selon les données de Statistique Canada, le taux d’homicides était en 2018 cinq fois plus élevé chez les Autochtones que chez les non-Autochtones.

Les Autochtones, y compris les Premières Nations, les Métis et les Inuits, représentaient 5 % de la population canadienne en 2018, mais 22 % des victimes d’homicide, peut-on lire dans le rapport.

Si le nombre de victimes de sexe masculin connaît son premier recul depuis 2014, les services de police ont relevé six homicides supplémentaires de femmes autochtones durant l’année 2018, comparativement à 2017.


TYPES DE CRIMES ET ÉVOLUTION

un marteau de président

Lorsqu'un juge opte pour des peines consécutives, on additionne le temps minimal à purger derrière les barreaux pour plusieurs crimes.

Photo : iStock

Sept années consécutives de hausse des fraudes

Depuis sept années, le nombre de fraudes déclarées par les autorités canadiennes ne cesse de croître, et 2018 ne fait pas exception.

Le volume élevé d’affaires de fraude est le principal facteur à l’origine de l’augmentation de l’IGC à l’échelle nationale.

Statistiques sur les crimes déclarés par la police, 2018 — Statistique Canada

En moyenne, au Canada, le taux de fraudes (y compris le vol d’identité et la fraude d’identité) est en hausse de 12 % par rapport à 2017 et de 46 % par rapport à dix ans auparavant.

Les déclarations d’agressions sexuelles en hausse

Tout comme l’IGC, le taux d’agressions sexuelles déclarées par la police augmente pour une quatrième année consécutive. L’agence relève par ailleurs que la hausse est particulièrement significative depuis 2017, année où la campagne #MoiAussi atteignait son sommet dans les médias sociaux, et que les chiffres élevés se sont maintenus tout au long de l’année 2018.

L’augmentation a été constatée dans chaque province et territoire du pays, à l’exception des Territoires du Nord-Ouest.

Dans la section consacrée à ce type de crime, le rapport de Statistique Canada prend soin de mentionner qu’il arrive souvent que ces types d’infractions ne soient pas signalés à la police.

Moins de crimes haineux après un pic en 2017

L’année 2017 avait marqué les statistiques en voyant son taux de crimes motivés par la haine faire un bond de 47 %. En passant de 2073 affaires cette année-là à 1798 en 2018, le Canada a vu son nombre de cas diminuer de 13 % dans ce type de crime. Celui-ci reste cependant supérieur à celui enregistré chaque année entre 2009 et 2016.

Le plus fort recul du nombre de crimes haineux est celui à l’égard de la population musulmane, qui a diminué de 50 % après avoir atteint un sommet en 2017.

Faible déclaration des crimes à la police

Statistique Canada rappelle que ces indicateurs ne prennent en compte que les affaires portées à l’attention de la police, y compris à la fois les incidents signalés par le public et les affaires décelées par la police. Cependant, selon les résultats de la plus récente Enquête sociale générale sur la victimisation, un peu moins du tiers (31 %) des incidents (avec ou sans violence) ont été signalés à la police.

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