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Période estivale : les infirmières à bout de souffle, selon les syndicats

Une infirmière semble épuisée par son travail.

La pénurie d'infirmières est plus grande durant la période estivale.

Photo : iStock

Jean-François Nadeau

La période des vacances estivales accentue la pénurie de main-d'oeuvre et l'épuisement des infirmières dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, selon les syndicats.

Dans Chaudière-Appalaches seulement, il y aurait plusieurs centaines de quarts de travail à découvert cet été.

Les infirmières qui commencent leurs vacances sont déjà en épuisement. On s'imagine mal comment on va traverser l'été. Ça va être difficile, estime le président du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches, Laurier Ouellet.

Découverture de nuit

Cette pénurie amène une découverture, notamment la nuit dans certains CHSLD de la Rive-Sud.

Il y a sept, huit endroits où il n'y a personne la nuit. C'est quelqu'un qui est sur appel de chez lui. Je n'aimerais pas que mes parents soient dans un de ces CHSLD-là. S'il n'y a pas d'infirmière, qui peut dire qu'une personne ne va pas bien?, mentionne Laurier Ouellet.

Similaire à Québec

La situation est aussi difficile à Québec. Selon la présidente du syndicat de la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) au CIUSSS de la Capitale-Nationale, le recours aux heures supplémentaires obligatoires s'est accentué depuis le début des vacances.

Patricia Lajoie soutient également que des infirmières doivent cumuler simultanément plusieurs postes. Elle souligne que les possibilités d'erreurs sont plus grandes dans ces conditions.

J'ai rencontré la semaine passée une infirmière qui en plus de faire ses tâches d'infirmière, devait faire les tâches d'infirmière auxiliaire et les tâches de la préposée. Elle comble trois titres d'emploi et n'a pas moins de patients pour faire tout ce travail-là, affirme-t-elle.

Le CIUSSS sensible

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale se dit sensible aux effets de la pénurie de main-d'oeuvre et dit avoir pris plusieurs mesures pour venir en aide au personnel. Il y a présentement environ 80 postes d'infirmières à pourvoir au CIUSSS.

C'est un été plus difficile que ceux que nous avons connus. On a mis en place plusieurs mesures comme l'étalement des horaires, l'octroi du temps supplémentaire à l'avance, les mesures de volontariat, explique le coordonnateur des ressources humaines au CIUSSS de la Capitale-Nationale, Christian de Beaumont.

Des solutions

La FIQ a proposé quelques solutions au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Faire des horaires de 12 heures, pour que deux personnes au lieu de trois puissent combler un 24 heures. On a aussi demandé que des gens qui travaillent dans un secteur, comme en CLSC, qui ne travaillent pas une semaine complète, puissent aller travailler en CHSLD si elles le souhaitent, indique Patricia Lajoie.

Laurier Ouellet milite pour l'implantation de ratios obligatoires infirmières-patients. Il croit aussi qu'il faut augmenter la formation et rendre le métier d'infirmière plus attrayant.

Les écoles d'infirmières sont vides parce qu'il n'y a plus de qualité de vie. Elles savent quand elles entrent au travail, mais ne savent jamais quand elles vont sortir. J'ai plein de membres qui appellent en pleurs au syndicat parce qu'il n'y a personne à la maison pour s'occuper des enfants, raconte-t-il.

À l'avenir, les syndicats souhaitent être consultés pour tenter de mettre en place des solutions en amont, afin de mieux planifier la période estivale.

Avec les informations de Léa Beauchesne

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Québec

Santé physique et mentale