•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Motos bruyantes : « pas une priorité » pour les policiers

sonomètre.

Un test de sonomètre effectué sur une moto dont l'échappement est modifié.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

David Rémillard

Même si les policiers ont maintenant le droit de l'utiliser pour contrôler le bruit des motocyclettes, le sonomètre reste une denrée rare dans les postes de police. La Sûreté du Québec ne dispose que de six instruments pour l'ensemble de la province, alors que la police de Québec n'en a aucun.

La nouvelle réglementation permettant aux policiers d'utiliser les sonomètres est entrée en vigueur le 3 juillet.

La modification au Code de la sécurité routière a été apportée à la suite d'un projet pilote mené par la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ), de 2013 à 2018. Le taux d'infraction durant l'essai du sonomètre avoisinait les 40 % chez les motocyclistes interceptés.

L'un des objectifs du projet était d'aider les policiers à bâtir une preuve convaincante afin d'éviter que les constats d'infraction ne soient contestés devant les tribunaux.

Le sonomètre est considéré comme étant scientifiquement plus fiable que les tests traditionnels, qui reposent sur les caractéristiques physiques du système d’échappement, selon la SAAQ, et non sur le bruit réel émis par une motocyclette.

La réglementation québécoise permet un maximum de 100 décibels.

Pas une priorité

Malgré cela, la Sûreté du Québec (SQ) n'a pas l'intention de se procurer davantage d'instruments de mesure que les six déjà fournis par la SAAQlors du projet pilote. Une quinzaine d'appareils avaient été distribués à travers le Québec.

Nous ne sommes pas sur le point d'en faire l'acquisition prochainement, a affirmé le capitaine Paul Leduc, de la direction des communications de la SQ.

La raison est fort simple : les efforts des policiers affectés à la sécurité routière sont mis ailleurs.

Évidemment, c'est un problème, les motos trop bruyantes. Mais en sécurité routière, ça ne tombe pas dans les grandes priorités. Bien que ce soit un désagrément, il n'y a personne qui décède de ça.

Paul Leduc, capitaine, direction des communications à la Sûreté du Québec

M. Leduc convient toutefois que l'utilisation du sonomètre aura des impacts dans les cours municipales. Le sonomètre permet d'arriver avec une lecture de décibels très précise. C'est très dur pour quelqu'un d'arriver à la cour et de dire : "non ma moto ne faisait pas de bruit".

Actions locales

Bien que peu nombreux, les sonomètres seront déployés sur le territoire québécois au cours de l'été. Mais la SQ n'entend pas mener une campagne nationale, comme elle le fait pour d'autres comportements, comme le port de la ceinture ou le cellulaire au volant.

Paul Leduc explique que les autorités pourront réagir en fonction des demandes des municipalités qui vivent certains problèmes avec les motos bruyantes.

C'est d'ailleurs ce genre d'utilisation qu'anticipait Benoît Lévesque, professeur en génie mécanique et consultant expert lors de la mise en place du projet pilote de la SAAQ.

Il faudrait vraiment qu'il y ait un désir des municipalités de réduire le bruit urbain. Il faut vraiment que ça vienne d'une décision [locale], a-t-il dit à propos du recours à l'intervention des policiers.

Aucun à Québec

Le Service de police de la Ville de Québec a participé au projet pilote de la SAAQ à ses débuts en 2013. Mais elle ne dispose aujourd'hui d'aucun sonomètre pour mener de telles opérations.

Les policiers de Québec devront plutôt compter sur leurs collègues de Lévis, qui en détiennent un.

Le sonomètre exige un protocole d'utilisation très précis et seuls les policiers qualifiés peuvent l'utiliser.

Les motocyclistes non conformes s'exposent à une amende de 200 $ à 300 $. En cas de refus de se soumettre à un test de conformité – sonomètre ou autre – l'amende varie de 300 $ à 600 $.

Aucun point d'inaptitude n'est attribué pour ce type d'infraction.

Québec

Transports