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Travail sécuritaire NB veut rendre le gilet de sauvetage obligatoire sur les bateaux de pêche

James Stewart un pêcheur de homard de Miscou

Photo : facebook/james stewart

Radio-Canada

Travail Sécuritaire NB désire revoir les lois de la province afin que les bateaux de pêcheurs soient considérés comme des lieux de travail, ce qui aurait notamment comme conséquence de rendre le port du gilet de sauvetage obligatoire.

Les modifications que proposent Travail sécuritaire NB à la Loi sur l'hygiène et la sécurité au travail lui permettrait de mieux assurer la sécurité des membres d'équipage à bord des bateaux de pêche.

Ils seraient par exemple obligés de porter une veste de flottaison. Les capitaines auraient la responsabilité de veiller au respect des mesures de sécurité prévues par la Loi.

Travail sécuritaire N-B croit que tous les travailleurs méritent un lieu de travail sain et sécuritaire, que leur lieu de travail soit sur terre ou en mer, indique par courriel la directrice des communications de l'organisation, Laragh Dooley.

L'agence affirme que les changements vont dans le sens de recommandations du Bureau de la sécurité des transports du Canada touchant l'industrie de la pêche au Nouveau-Brunswick.

Des règles peu contraignantes

Transports Canada exige déjà qu'il y ait des vestes de flottaison à bord de toute embarcation, mais elle n'a pas autorité en ce qui concerne la santé et la sécurité sur les bateaux de pêche commerciale, un domaine de compétence provinciale.

Selon le directeur général de Travail sécuritaire NB, Douglas Jones, le Nouveau-Brunswick est la seule province au pays où les bateaux de pêche commerciale ne sont pas considérés comme un lieu de travail.

L'agence a décidé d'agir après le chavirage d'un bateau qui avait coûté la vie à deux pêcheurs, en 2016, dans la baie des Chaleurs. Les deux victimes ne portaient pas de gilet de sauvetage.

Le ministre de l'Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail, Trevor Holder, assure que son ministère est prêt à prendre les mesures nécessaire pour augmenter la sécurité des travailleurs de l'industrie des pêches.

Il a toutefois indiqué qu'il était important de trouver un équilibre entre la sécurité des travailleurs et l'impact de la mesure sur leur employeur.

Ce qu'en pensent les pêcheurs

L'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) est favorable à l'idée. Selon elle, la sécurité des travailleurs n'a pas de prix. Elle estime qu'il faut trouver le moyen de rendre leur quotidien plus sûr sans nuire à leur travail.

Le travail en mer, il faut toujours que ce soit adapté à la pêche, aux bateaux. C'est pas comme un travail sur un chantier de construction,. Il faut adapter la sécurité au mode de travail qu'on a sur les bateaux, affirme Réjean Comeau, pêcheur et vice-président de l'UPM.

Selon M. Comeau, une discussion est essentielle pour que tout le monde s'entende sur cette question.

Justement, Travail sécuritaire NB prévoit entreprendre bientôt des consultations avec des représentants des pêcheurs sur les changements proposés.

Le capitaine Lorenzo Doiron montre une veste de flottaison sur le quai de Caraquet.

Lorenzo Doiron, capitaine de homardier à Caraquet, insiste déjà sur le port de la veste de flottaison chez ses membres d'équipage.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le capitaine d'un bateau de pêche au homard à Caraquet, Lorenzo Doiron, dit s'être procuré des vestes de flottaison spécialement conçues pour le travail en mer, qu'il demande à son équipage de porter. Il avoue que lui-même ne porte pas toujours une veste, mais il s'assure que ses hommes soient en sécurité.

Si jamais on est obligés de les porter, mon équipage et moi-même on n'a aucun problème avec ça. C'est pas inconfortable, ça travaille bien, c'est juste une question de s'habituer, dit-il.

C'est pour sauver des vies. On pense toujours que [les naufrages] ça arrive juste aux autres, jusqu'à temps que ça t'arrive à toi

Lorenzo Doiron, capitaine de bateau

Il estime que la majorité des pêcheurs de la Péninsule acadienne portent déjà la veste de flottaison.

Un autre capitaine rencontré au quai de Caraquet, Stéphane Lanteigne, estime que la mesure proposée par Travail sécuritaire NB ne devrait pas se buter à trop de résistance.

Je parle toujours à mes gars, je leur dis de les mettre [vestes de flottaison]. Tant qu'à les avoir à bord, pourquoi pas les utiliser, lance-t-il.

Stéphane Lanteigne, homardier, en entrevue sur le quai de Caraquet.

Stéphane Lanteigne, homardier, croit que la majorité des pêcheurs accepteront de bonne grâce la mesure proposée par Travail sécuritaire NB.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Si ça devient obligatoire, bien ça devient obligatoire. On n'est pas chicaneux.

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