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L'Iran affirme avoir débusqué 17 « espions » au service de la CIA

Des passants marchent devant une murale montrant un drapeau de l'Iran.

Les 17 Iraniens arrêtés agissaient indépendamment les uns des autres, prétend Téhéran.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Dix-sept Iraniens recrutés par la CIA ont été arrêtés pour espionnage au cours des derniers mois et certains d’entre eux ont d’ores et déjà été condamnés à mort, affirme le ministère du Renseignement de la République islamique.

Agissant indépendamment les uns des autres, ces espions travaillaient dans des secteurs sensibles liés aux activités militaires ou nucléaires de l’Iran, a affirmé le chef du contre-espionnage du ministère lors d’une conférence de presse à Téhéran.

Ils avaient reçu un entraînement sophistiqué pour colliger des informations, notamment en installant des dispositifs de surveillance, mais aucun d’entre eux n’a finalement réussi, a argué ce responsable, qui n'a pas été identifié.

Selon lui, les Iraniens recrutés sont tombés dans un piège tendu par la CIA alors qu’ils cherchaient à obtenir un visa pour se rendre aux États-Unis. Certains auraient même reçu une offre d’emploi en échange de leur coopération.

Certains ont été approchés alors qu'ils faisaient leur demande de visa, d'autres avaient déjà des visas, mais ont été soumis à la pression de la CIA au moment de leur renouvellement.

Le chef du contre-espionnage du ministère iranien du Renseignement

Certaines des personnes arrêtées ont depuis accepté de travailler pour le ministère du Renseignement contre les États-Unis, a affirmé le chef du contre-espionnage iranien.

Ce dernier a aussi remis aux journalistes un disque compact présentant selon lui des images d’une agente de la CIA recrutant un Iranien aux Émirats arabes unis. Ces extraits ont d’ailleurs été présentés à la télévision iranienne.

Le disque contenait également les noms de plusieurs employés des ambassades américaines en Turquie, en Inde, en Autriche et au Zimbabwe, qui auraient été en contact avec les personnes arrêtées.

Le chef du contre-espionnage iranien n’a pas précisé les circonstances des arrestations, n’a donné aucun détail sur les procès, ni n'a révélé le nombre exact de condamnés à mort.

Ceux qui ont délibérément trahi leur pays ont été remis à la justice. Certains ont été condamnés à mort et d'autres à de longues peines de prison.

Le chef du contre-espionnage du ministère iranien du Renseignement

Mike Pompeo et Donald Trump en mode attaque

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, n’a pas directement commenté les allégations iraniennes, lundi. Le régime est bien connu pour ses mensonges, s’est-il contenté de dire à ce sujet lors d'une entrevue à Fox News.

De son côté, le président Donald Trump a noté, alors qu'il recevait le premier ministre pakistanais Imran Khan à la Maison-Blanche, que la situation ne peut que nuire à sa volonté de négocier avec l'Iran.

Ça devient plus difficile pour moi de vouloir parvenir à un accord avec [les dirigeants d']Iran, car ils se comportent très mal.

Donald Trump, président des États-Unis, en conférence de presse

Les informations selon lesquelles l'Iran aurait arrêté des espions de la CIA sont totalement fausses. Pas une once de vérité, a également tweeté le président Trump.

Encore des mensonges et de la propagande [comme leur drone qui a été abattu] mis de l'avant par un régime religieux qui échoue lamentablement et qui ne sait pas quoi faire, a-t-il ajouté. Leur économie est morte et cela va empirer.

Ce nouveau développement en Iran survient sur fond de tensions croissantes dans le golfe Persique, qui s’inscrivent dans la foulée du retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, en mai 2018.

Ce retrait, décidé par l’administration Trump, a été suivi par la réimposition de sévères sanctions qui nuisent à l’économie iranienne. Téhéran met depuis de la pression sur les pays européens pour pouvoir profiter des bénéfices de l’accord.

Depuis quelques mois, au moins six pétroliers ont été mystérieusement attaqués dans le détroit d’Ormuz, point de passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.

L’interception d’un pétrolier britannique par les Gardiens de la révolution iranienne dans le détroit, vendredi dernier, a fait augmenter la pression d’un cran.

L’affaire a toutes les apparences de représailles pour l’arraisonnement d’un pétrolier iranien au large de Gibraltar par la marine britannique deux semaines plus tôt.

Au cours des dernières semaines, Washington et Londres ont augmenté leurs effectifs militaires dans le golfe Persique. Les États-Unis cherchent en outre à former une alliance militaire pour y garantir la liberté de navigation.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, et Agence France-Presse

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