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Des « preuves substantielles » attendues dans le témoignage de Mueller devant le Congrès

Assis derrière un bureau, un homme parle dans un micro.

L'ancien procureur spécial Robert Mueller est convoqué mercredi au Congrès pour une audition très attendue sur les conclusions de l'enquête russe.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Radio-Canada

Le président de la commission judiciaire de la Chambre des représentants, Jerrold Nadler, a déclaré dimanche que le témoignage tant attendu du procureur spécial Robert Mueller présentera « des preuves substantielles » d’actes répréhensibles commis par Donald Trump, qui pourraient être matière à destituer le président.

La comparution de Mueller, qui était prévue le 17 juillet, a été reportée au 24 juillet par le comité judiciaire de la Chambre des représentants, à majorité démocrate, afin de leur donner plus de temps pour préparer leurs questions.

À quelques jours de la tenue de ces audiences, républicains et démocrates semblaient s'entendre sur le fait que ce témoignage pourrait jouer un rôle crucial dans la perception qu'a le public de « la responsabilité du président » dans cette affaire.

Selon Jerrold Nadler, le témoignage de Mueller permettrait également de faire la preuve que le président est « coupable de crimes et délits graves ».

Nous devons présenter – ou laisser à Mueller le soin de présenter – ces faits aux citoyens américains, car l’administration [Trump] doit être tenue pour responsable. Aucun président n’est au-dessus de la loi, a-t-il déclaré.

Pendant les audiences de mercredi prochain, le procureur spécial compte s'en tenir aux conclusions de son rapport de 448 pages, publié en avril dernier.

M. Nadler a toutefois assuré que les démocrates avaient l’intention de poser des questions très précises sur la conduite obstructive de Trump et de demander à Mueller de lire des passages du rapport à voix haute.

Des exemples précis du rapport

Au cours de deux audiences télévisées devant les comités de la justice et du renseignement de la Chambre des représentants, mercredi prochain, les démocrates devraient essayer de convaincre Mueller de concentrer son témoignage sur des exemples précis des inconduites de Trump.

Par exemple, les membres du comité entendent revenir sur les consignes que le président avait données à son ancien conseiller juridique, Donald McGahn, afin de retirer l’enquête des mains du procureur spécial Mueller. Il avait ensuite ordonné à McGanh de nier que ces discussions avaient eu lieu.

Les démocrates comptent aussi poser des questions au sujet de la série de rencontres entre Donald Trump et son ancien directeur de campagne, Corey Lewandowski, au cours desquelles le président lui a intimé de persuader le secrétaire à la Justice de l’époque, Jeff Sessions, de limiter les pouvoirs du procureur spécial dans le cadre de son enquête.

Le rapport Mueller exposait de nombreux contacts entre des responsables russes et la campagne de Trump, mais ne révélait aucune preuve d’un complot criminel. Il donnait également des exemples de 10 incidents au cours desquels Trump avait cherché à s'ingérer dans l’enquête, mais ne tirait aucune conclusion quant à savoir s'il faisait alors obstruction à la justice.

Le procureur général William Barr avait conclu qu'il n'avait pas vu suffisamment d'éléments de preuve pour porter des accusations d'entrave.

Ramener la procédure de destitution à l'ordre du jour

Selon l'un des scénarios maintes fois évoqués, ces nouvelles preuves pourraient ainsi permettre aux démocrates d’enclencher une procédure de destitution du président.

En effet, bien que certains membres du Congrès sont favorables à la destitution de Donald Trump, ils n’ont pas réussi à convaincre les démocrates de la Chambre des représentants, y compris la présidente Nancy Pelosi.

Aux yeux du représentant républicain de la Georgie, Doug Collins, l’idée de destituer le président n’est plus sur toutes les lèvres. Les Américains sont passés à autre chose, assure-t-il, et les républicains vont pour leur part plaider que le rapport Mueller est « l’épisode final » de cette histoire d’enquête sur l’ingérence russe.

De leur côté, les membres du comité du renseignement de la Chambre des représentants estiment que le public n’a eu droit qu’à une vision étriquée de ce rapport et que les détails concernant la possible ingérence russe n'ont que très peu attiré l’attention.

Fort est à prévoir que les républicains tenteront de miner la crédibilité de l’enquête sur l’ingérence russe, croit le démocrate Jerrold Nadler, qui espère que les échanges auront une résonance en-dehors des murs du Congrès.

« Nous espérons que ça ne sera pas un échec », a-t-il déclaré.

Avec les informations de Associated Press, et Reuters

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