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Les légumes coûtent plus cher : la météo en est-elle la seule responsable?

Hausse du prix des legumes

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Radio-Canada

Les prix des légumes frais ont connu une augmentation de 17,3 % en juin par rapport à l'an dernier, révèlent les récentes données de Statistique Canada. La hausse généralisée des prix des légumes frais est la plus marquée depuis janvier 2016, selon l'organisme national, et pourrait en partie s’expliquer « par des conditions météorologiques défavorables dans les régions agricoles ».

Le prix des pommes de terre a notamment enregistré la plus forte augmentation, avec 20 % en 12 mois.

Or, d'après le président de l'Union paysanne Maxime Laplante, la météo ne serait pas la seule responsable de ces augmentations pour le consommateur. L’agriculteur soutient qu'il faut aller voir du côté des distributeurs plutôt que des producteurs.

Ce que je constate et que je déplore, c’est que les prix à la ferme n’ont pas changé, expose-t-il. Les conditions météo ont le dos large pour expliquer cette hausse [...] Ces variations de prix ne sont pas attribuables à l’augmentation des prix par et pour les producteurs. La hausse se fait plutôt du côté de la distribution et à l’épicerie. Mais nous, les producteurs, on ne voit rien passer de tout ça.

Le jeu de l’offre et de la demande

Selon M. Laplante, les distributeurs seraient tentés d’augmenter leurs prix en fonction des tendances et des saisons.

En conseillant de manger plus de fruits et légumes, la dernière version du guide alimentaire canadien va également jouer sur les prix des légumes à l'épicerie, explique-t-il. Il est plus facile d’imposer une hausse des prix dans ce domaine-là. En pleine période estivale, à l’aube des vacances, j’imagine que c’est peut-être tentant de se dire que les gens vont plus dépenser.

Pour l’agriculteur, il s’agirait donc d’avoir un prix au détail qui reflète davantage ce qui est payé à la ferme.

Ce constat est partagé par Christelle Beaulieu, employée des fermes Oligny. Si cette dernière ne remet pas en cause l’impact de la météo, elle évoque également le poids de l'offre et de la demande dans l’équation.

Chaque [augmentation de prix] d’un légume va avoir sa propre raison, affirme-t-elle. Par exemple, le céleri, c'est parce que la demande était élevée. Mais pour d'autres, c'est parce qu'il y a eu plus de pluie, la température a fait perdre beaucoup de récoltes et ça va faire monter les prix.

En effet, le prix du céleri a presque doublé au cours de l'année – pour atteindre 6 $ – en raison des fortes pluies, mais aussi d'un régime à la mode vantant les bienfaits du jus de céleri, selon elle.

« Supprimer les intermédiaires »

Pour que le prix reflète davantage les coûts de production, le consommateur devrait privilégier l’achat des aliments directement chez le producteur, à la ferme ou dans les marchés publics et supprimer les intermédiaires , croit Maxime Laplante.

Le producteur n’aura pas de difficulté à expliquer au consommateur le coût réel du produit, ajoute-t-il.

En outre, certains petits producteurs assurent même que certains prix sont à la baisse en raison d'une surproduction. Alors qu'ils vendaient un sac de choux à 30 $ il y a quelques semaines, ils ne le vendent plus qu'à 15 $.

Au début de la saison, les radis étaient à 3 $, explique Elizabeth L'Écuyer, vendeuse à un stand de fruits et légumes au marché Jean-Talon. Ensuite, ils étaient à 2,50 $ et maintenant à 2 $, donc les prix ont beaucoup diminué. Comme les haricots au début de la saison qui étaient à 4 $ et qu’on les vend maintenant à 3,50 $, et c'est comme ça pour beaucoup d’autres.

En outre, avec l'arrivée des produits de saison du Québec, les prix devraient redescendre.

Avec les informations de Delphine Jung et de Guylaine Bussière

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