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Multiplication des « cabanes à pot » à Kanesatake

Il y aurait une vingtaine de cabanes illégales de vente de pot sur le territoire de Kanesatake, selon le grand chef Simon.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une vingtaine de cabanes illégales de vente de marijuana sur le territoire de Kanesatake témoignent des difficultés du conseil de bande à se faire respecter et de l’incapacité des gouvernements à faire observer les lois.

Le grand chef du conseil de bande Serge Otsi Simon le dit sans détour, il est contre les cabanes à pot, dont il estime le nombre à une vingtaine sur son territoire.

J’ai des inquiétudes, car on en trouve à côté d’une garderie, d’une école élémentaire et même en face d’un centre de désintoxication, dit-il en se disant convaincu qu'une bonne partie de la marchandise ne vient pas de sources légales.

On y trouverait aussi des produits comestibles à base de cannabis, alors que leur légalisation ne se fera que cet automne.

En février, un article du Journal de Montréal avait recensé une douzaine de cabanes. Un moratoire décrété en 2009 interdit pourtant la construction de nouvelles cabanes, qu’elles soient destinées à la vente de cannabis ou de cigarettes, sans le consentement de la communauté.

Que fait la police?

Récemment, le grand chef a demandé à l’un des propriétaires qui prenaient de l’expansion dans la pinède d’arrêter. Au lieu de cela, il a redoublé d’efforts, déplore Serge Otsi Simon avant d’ajouter : Je peux aller chercher une injonction, mais qui va l’appliquer?

La police. Quelle police? On n’a pas de police. On a la Sûreté du Québec (SQ), mais elle est prise dans une situation précaire, car la communauté ne lui fait pas entièrement confiance. Imaginez si un officier de la SQ devait dégainer son arme et tuer un Mohawk, ça pourrait déclencher une crise à travers le pays, et personne ne voudrait savoir si c’était justifié ou non.

Contrairement au maire d’Oka, Pascal Quevillon, qui croit que c’est la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui devrait assurer la sécurité dans la réserve, le grand chef Simon privilégie d’abord la création d’un corps policier autochtone. L'option de la GRC vient en second.

Mais si nous faisons appel à la GRC, le Québec pourrait nous dire : "Non, c’est de notre juridiction". Bref c’est politique.

Serge Otsi Simon, grand chef du conseil de bande de Kanesatake

Si la SQ dit suivre la situation, le gouvernement fédéral n'a pas voulu commenter.

Il y a aussi le manque de ressources humaines, qui fait que la consultation de la communauté sur l’avenir des cabanes à pot n’a toujours pas eu lieu, malgré les promesses.

On a désormais les ressources financières, mais on manque de personnel pour faire avancer la consultation et préparer les lois éventuelles, confie le grand chef.

Le maire d’Oka, Pascal Quevillon, croit que le conseil de bande de Kanesatake devrait utiliser les 128 millions de dollars de l’entente fédérale pour faire le ménage sur [son] territoire plutôt que de songer à l’agrandir.

Outre les cabanes à pot – qu’il ne veut pas voir s’installer aux portes de sa ville grâce à l’acquisition de nouveaux terrains – le maire souligne aussi qu’une trentaine de sites d’enfouissement illégaux ont été recensés sur le territoire de Kanesatake. Le grand chef Simon ne contrôle pas ce qui se passe sur son territoire, selon lui.

Serge Otsi Simon.

Le grand chef du conseil de Kanesatake, Serge Otsi Simon

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ce sont des Québécois qui venaient ici domper [décharger] leurs vidanges […] Alors, arrêtez de dire qu’on n’a pas le contrôle, parce que vous n’en avez pas plus de votre bord, répond Serge Otsi Simon.

Une rencontre entre les parties doit avoir lieu jeudi. Au moment d’écrire ces lignes, le doute subsistait quant à sa tenue, car le maire Quevillon a jusqu’ici refusé de s’excuser pour les propos vitrioliques qu'il a tenus lorsqu'il a clamé que la prochaine crise viendrait des gens d’Oka.

Avec les informations de Karine Bastien

Grand Montréal

Politique régionale