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Les verts disent pouvoir changer l’avis des conservateurs sur la taxe carbone

La cheffe du Parti vert du Canada Elizabeth May parle dans un micro.

La cheffe du Parti vert du Canada Elizabeth May a offert un plaidoyer en faveur de la science lors de son discours au congrès de la Fédération canadienne des municipalités qui s'est tenu à Québec.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La Presse canadienne

À trois mois des élections fédérales, la cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, dit espérer la venue au pouvoir d'un gouvernement minoritaire sur lequel sa formation pourra exercer une certaine influence.

Selon elle, en détenant la balance du pouvoir, les verts réussiraient à amener les conservateurs à abandonner leur opposition farouche à la taxe sur les émissions de carbone si cela leur ouvrait les portes du pouvoir.

On peut changer d'avis en observant la dynamique du pouvoir à la Chambre des communes. On peut penser que l'élimination des taxes sur le carbone n'est pas une bonne idée si la seule façon d'être premier ministre est de les maintenir.

Elizabeth May, cheffe du Parti vert du Canada

Les verts n'ont jamais détenu la balance du pouvoir au fédéral, mais cela est déjà arrivé sur une scène provinciale. En Colombie-Britannique, les trois sièges que détiennent les verts permettent au NPD de John Horgan de gouverner. Au Nouveau-Brunswick, le gouvernement minoritaire conservateur peut se tourner vers les verts ou les députés de l'Alliance des gens – une formation de droite – pour obtenir du soutien à l'occasion d'un vote crucial.

À l'Île-du-Prince-Édouard, les verts forment même l'opposition officielle depuis les élections du printemps dernier. Il s'agit du meilleur résultat électoral jamais obtenu par les écologistes canadiens.

Il ne faut pas oublier que le Parti vert a réussi en mai à faire élire un des siens, Paul Manly, lors d'une élection complémentaire fédérale dans la circonscription de Nanaimo-Ladysmith, en Colombie-Britannique.

La lutte contre les changements climatiques, une priorité

Mme May dit qu'elle peut soutenir un gouvernement minoritaire issu de n'importe quel parti, mais elle pose une condition : il faudra vraiment agir pour mettre fin aux changements climatiques.

Nous négocierons avec n'importe qui, nous parlerons à tout le monde, mais nous ne ferons aucun compromis sur l'action climatique.

Elizabeth May

La semaine dernière, Mme May poursuivait une tournée canadienne entreprise l'hiver dernier en rencontrant des électeurs à Barrie, dans le sud de l'Ontario. Elle refuse de dire que ces réunions sont des rassemblements partisans, préférant parler de « rencontres communautaires ». Néanmoins, elle avoue qu'elle trouve agréable d'être accueillie par des gens agitant des pancartes vertes et scandant : « On t'aime, Elizabeth! »

Mme May croit qu'une nouvelle ferveur favorise son parti. Elle espère que celle-ci ne s'estompera pas le jour du vote.

Nik Nanos, fondateur de la firme Nanos Research, dit que les verts courent toujours le risque de voir leur vote s'effondrer le jour du scrutin, l'électorat ayant tendance à se tourner vers le parti dont les chances de victoire sont les plus fortes.

Le Parti vert semble constituer un refuge pour les libéraux progressistes et les néo-démocrates mécontents. Si les conservateurs ont une chance de gagner, le soutien dont bénéficient les verts pourrait retourner, malgré leur bonne volonté et celle de leur cheffe, aux libéraux.

Nik Nanos, fondateur de la firme Nanos Research

Selon lui, le scénario rêvé pour Mme May et les verts serait que les Canadiens ne croient pas à l'élection d'un gouvernement majoritaire et qu'ils souhaitent davantage d'écologistes à la Chambre des communes.

Mme May n'est pas aussi directe : Il est vraiment important d'expliquer aux Canadiens comment notre démocratie fonctionne, de leur dire qu'un parlement minoritaire est la meilleure solution si, et c'est un gros si, les partis et les élus sont déterminés à travailler ensemble.

Par « travailler ensemble », elle entend spécifiquement lutter contre les changements climatiques en adoptant des politiques qui réduiront considérablement les émissions de gaz à effet de serre, en ne construisant pas de nouveaux oléoducs et en remplaçant les combustibles fossiles par des énergies renouvelables le plus rapidement possible.

De la fumée s'échappe de deux cheminées.

Le Canada a créé une taxe carbone dans le cadre de sa lutte contre les gaz à effet de serre.

Photo : Reuters / Peter Andrews

Des verts divisés?

Mais, déjà, le spectre de la division tourne autour de la formation.

Le chef du Parti vert du Québec, Alex Tyrrell, a lancé une pétition, il y a trois semaines, pour dénoncer les intentions de Mme May d'utiliser du pétrole canadien pendant plusieurs années et même d'investir dans des usines de traitement du bitume albertain. Selon cette pétition, ces projets ne sont pas à la mesure de la lutte dynamique qu'il faut mener contre les changements climatiques.

Un certain nombre de candidats ont signé cette pétition. M. Tyrrell a déjà annoncé qu'il votera pour les verts fédéraux, même s'il est dit déçu par la position de Mme May.

La cheffe fédérale rejette les critiques de M. Tyrrell et nie que des signataires figurent parmi les candidats de son parti, ce en quoi elle se trompe.

Cass Romyn, qui se présente dans la circonscription de Sturgeon River-Parkland, en Alberta, a signé cette pétition. Elle se défend en disant qu'il ne faut pas lui accorder trop d'importance. Les verts sont d'authentiques démocrates, et les divergences d'opinions ne sont pas une mauvaise chose, soutient-elle.

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