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Abandon d’un projet d’épicerie coopérative dans le Nord

Des rayons d’épicerie.

Le village d’Earlton n’a plus d’épicerie depuis la fermeture en juin 2018 du seul marché qui existait, Earlton Grocery King.

Photo : Courtoisie Michel Maurice

Bienvenu Senga

Après avoir envisagé l’idée de créer une épicerie coopérative à Earlton, dans le Témiscamingue ontarien, le comité responsable du dossier jette l’éponge. Il estime que les coûts d’exploitation d’un tel établissement seraient de loin supérieurs aux recettes financières qu’il engendrerait.

Le comité de douze personnes en est arrivé à cette conclusion après avoir reçu un rapport du Conseil de la coopération de l’Ontario (CCO), l’organisme qui parrainait le projet.

Deux options principales y étaient présentées, à savoir l’achat de l’édifice qui abritait l’ancienne épicerie locale Grocery King, ainsi que la location d’un autre immeuble.

Mais selon la présidente du comité, Shannon Wittmaack, les projections tant au chapitre des dépenses que des revenus nécessaires pour que l’investissement soit durable étaient supérieures à celles auxquelles [le comité] s’attendait

Nous croyons que la création d’une coopérative à ce moment-ci n’est peut-être pas dans notre intérêt et nous avons choisi de dissoudre le comité. Notre mandat était d’évaluer la faisabilité d’une épicerie coopérative et nous avons accompli notre tâche.

Shannon Wittmaack, présidente du comité de l’épicerie coopérative d’Earlton
Une femme avec des lunettes

Le comité que préside Shannon Wittmaack a envisagé la création d'une épicerie coopérative à Earlton pendant près d'une année.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Le comité recommande plutôt la création d’un autre groupe dont la mission spécifique serait de trouver d'autres moyens d’approvisionner Earlton en nourriture.

Le village de 1200 habitants n’a plus d’épicerie depuis la fermeture d’Earlton Grocery King en juin 2018. 

De nouvelles habitudes

Vers la fin de 2018, le comité avait sondé la population locale pour s’enquérir de son niveau de soutien à la création d’une nouvelle épicerie.

Les questions posées visaient également à dresser un portrait de l’approvisionnement en vivres.

Mme Wittmaack, qui vit elle-même à Earlton depuis plus de 15 ans, indique que les résultats du sondage ont démontré un changement des types de personnes qui habitent dans la région.  

Ce que nous voyons, ce sont plusieurs jeunes familles et des gens qui travaillent en dehors d’Earlton, qui passent par d’autres centres commerciaux de façon quotidienne en allant au travail. Passer par l’épicerie en rentrant chez eux fait désormais partie de leur routine, explique Mme Wittmaack.

Les résidents d’Earlton peuvent notamment faire leurs achats au magasin Walmart de New Liskeard, à 25 kilomètres au sud de la communauté.

Lors d’une rencontre citoyenne organisée en juin 2018, des aînés avaient toutefois souligné le besoin d’un centre de ravitaillement local, entre autres parce qu’ils perdent souvent la capacité de conduire de manière autonome avec l’âge.

Les gens que nous essayons d’aider dans le village forment une population importante mais de taille réduite. Donc il faut trouver un moyen d’aider ceux-là en particulier, plutôt que de chercher à venir en aide à des gens qui ont déjà changé leurs habitudes d’approvisionnement.

Shannon Wittmaack, présidente du comité de l’épicerie coopérative d’Earlton

Les prochaines étapes

Pour Mme Wittmaack, les options qui devraient être évaluées comprennent l’embauche de chauffeurs qui pourraient conduire ceux qui ne disposent pas de moyen de transport aux centres commerciaux les plus proches ou, en été, vers les marchés temporaires de la région. 

Si elle dit quand même être déçue du fait que le projet d’une épicerie coopérative ne puisse aller de l’avant, l’agente de développement du Conseil de la coopération de l’Ontario, Annie Joyal, est contente [de voir] que la création d’un nouveau comité soit prévue pour voir ce qui peut se faire

Évidemment, il y a une demande, donc peut-être que dans les mois à venir, la communauté va voir qu’elle peut avoir un petit marché et qu’elle peut se mobiliser pour l’acheter. Il y a quand même un besoin, les gens veulent quelque chose et ce n'est peut-être pas une épicerie, affirme-t-elle.   

Il faut tout le temps se rappeler que pour une coopérative, on a vraiment besoin de l’appui de la communauté. Il faut que la communauté se mette ensemble pour pouvoir faire réussir ses projets.

Annie Joyal, agente de développement du Conseil de la coopération de l’Ontario

Elle ajoute que le CCO va collaborer avec le nouveau comité, dès qu'il sera formé.

Pour sa part, le conseil du comté d’Armstrong discutera du dossier lors de sa prochaine rencontre à la mi-août.

Nord de l'Ontario

Économie