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Deux ministres britanniques menacent de démissionner en cas de victoire de Boris Johnson

Boris Johnson traversant une rue pour se rendre au bureau du parti conservateur à Londres.

Boris Johnson, qui pourrait succéder à Theresa May, n'exclut pas une sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles.

Photo : Reuters / Simon Dawson

Agence France-Presse

Boris Johnson a eu dimanche un aperçu des difficultés qui l'attendent lors de l'annonce faite par le ministre des Finances, en désaccord avec sa stratégie sur le Brexit, de sa détermination à démissionner si ce favori dans la course à Downing Street venait à l'emporter.

Les Britanniques connaîtront mardi le nom du successeur de la première ministre conservatrice Theresa May, une place qui semble promise à Boris Johnson, favori des sondages comme des militants de la base du parti conservateur.

Acteur majeur de la victoire du Brexit lors du référendum du 23 juin 2016, l’ancien ministre des Affaires étrangères n'exclut pas une sortie de l'UE sans accord avec Bruxelles au 31 octobre, date à laquelle doit avoir lieu ce divorce historique, initialement programmé pour le 29 mars.

Une stratégie inacceptable pour le ministre des Finances Philip Hammond, un poids lourd de l'exécutif.

En supposant que Boris Johnson devienne le prochain premier ministre, je comprends que ses conditions pour servir dans son gouvernement incluraient l'acceptation d'une sortie sans accord le 31 octobre, et ce n'est pas une chose à laquelle je pourrais jamais adhérer.

Philip Hammond, ministre britannique des Finances

Le chancelier de l'Échiquier a d'ailleurs souligné qu'il démissionnerait avant même qu'on lui demande de faire ses valises ou que ses fonctions s'arrêtent de facto avec la fin du gouvernement de Theresa May.

Je suis sûr que je ne vais pas être renvoyé parce que je vais démissionner avant qu'on en arrive là, a-t-il dit.

Il est très important que le premier ministre puisse avoir un chancelier qui soit sur une ligne politique très proche, et j'ai donc l'intention de présenter ma démission à Theresa May avant qu'elle ne se rende au palais [de Buckingham] pour remettre sa propre démission à la reine Élisabeth II , a-t-il expliqué.

Quitter l'UE sans accord, une « humiliation »

Jeremy Hunt, prétendant à la succession de Theresa May, à Londres le 15 juin 2019.

Jeremy Hunt

Photo : Reuters / Toby Melville

S'il semblait de toute manière très improbable que Philip Hammond soit maintenu dans ses fonctions en cas de victoire de Boris Johnson, ses déclarations illustrent l'opposition que risque de rencontrer ce dernier, mais aussi la crainte que peut inspirer un « no deal », synonyme de retour des formalités douanières, au Royaume-Uni.

Quitter le bloc européen sans accord constituerait une « humiliation », a estimé le ministre de la Justice David Gauke, qui a également annoncé dans le Sunday Times qu'il démissionnerait en cas de victoire de Boris Johnson.

Boris Johnson, 55 ans, est opposé, dans cette course au pouvoir, à Jeremy Hunt, 52 ans, son successeur à la tête de la diplomatie britannique.

C'est aux 160 000 membres du parti conservateur qu'il revient de départager les deux hommes. Les votes seront clos lundi avant l'annonce des résultats mardi matin.

Le vainqueur sera désigné chef du parti conservateur et se rendra mercredi devant la reine Élisabeth II, qui lui confiera la responsabilité de former le gouvernement.

« Il dit n'importe quoi »

Un immense ballon gonflable à l'effigie de Boris Johnson tournant en ridicule sa célèbre tignasse blonde.

Un ballon gonflable géant à l'effigie de Boris Johnson flottait dans le ciel de Londres où des manifestants pro-européens étaient rassemblés dimanche.

Photo : Reuters / Simon Dawson

Le futur premier ministre aura alors la lourde tâche de réussir là où Theresa May a échoué : mettre en œuvre le Brexit dans un pays toujours profondément divisé sur la question, trois ans après le référendum de 2016.

En témoignent les dizaines de milliers de personnes qui se sont réunies samedi dans les rues de Londres pour dire « oui à l'Europe ». Et « non à Boris ».

L'intéressé a eu droit à un immense ballon gonflable à son effigie tournant en ridicule sa célèbre tignasse blonde. « [Il] dit n'importe quoi, promet n'importe quoi et fait ce qui lui plaît », a estimé un manifestant, Michael Fowler, coiffé d'un béret aux couleurs du drapeau européen.

Le futur chef du gouvernement devra gérer un autre dossier brûlant : les tensions dans le Golfe, et l'arraisonnement par l'Iran du Stena Impero, un pétrolier battant pavillon britannique.

Personnalité fantasque et controversée, connu pour ses frasques et ses gaffes, Boris Johnson suscite une profonde inimitié chez les adversaires du Brexit, nombre d'entre eux considérant son ralliement à la sortie de l'UE, quelques mois avant le référendum de 2016, comme un moyen d'assouvir ses ambitions personnelles.

Face à Boris Johnson, Jeremy Hunt met en avant son profil d'ancien entrepreneur et se pose comme un candidat sérieux, qui contraste avec la personnalité de son rival.

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