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L’échec de son « rêve canadien » pousse un néo-Winnipégois à se bâtir une cabane

Un homme devant une cabane de fortune faite de bois avec une toiture en bardeaux d'asphalte.

Allan Par habite dans la cabane de deux pièces qu'il s'est construite sur la rue Empress, dans un secteur industriel de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Bryce Hoye

Radio-Canada

Un immigrant philippin incapable de se trouver un emploi et dépourvu de réseaux de contacts a usé de son imagination pour se bâtir une cabane dans le quartier industriel Saint James de Winnipeg.

« J’aime la solitude », confie Allan Par, alors qu’il fait visiter la demeure de deux pièces qu’il s’est construite à partir de palettes de bois, de bardeaux d’asphalte et d’autres matériaux abandonnés par les usines et commerces du coin.

L’homme de 41 ans a immigré à Winnipeg de Manille, aux Philippines, il y a 9 ans, grâce à des parrains. Ses relations avec ces derniers se sont malheureusement détériorées et ses difficultés ont commencé.

Il peine alors à se trouver un emploi et ceux qu’il a eus, il soutient les avoir perdus sans raison apparente.

Sans revenus stables et sans proches pour le soutenir, M. Par a appris à se débrouiller pour survivre. « Je vis beaucoup de stress, je me sens discriminé par des gens qui, parfois, me font du mal », avoue-t-il.

« J’espérais une vie meilleure »

L’espoir que lui laissait miroiter son « rêve canadien » a cependant cédé sa place aux regrets.

« J’espérais trouver au Canada un meilleur emploi, une meilleure vie, mais j’y ai trouvé l’inverse », déplore Allan Par.

À Manille, il montrait à des gens sans emploi comment travailler avec des logiciels de bureau, leur donnant une nouvelle chance sur le marché du travail, alors qu’aujourd’hui, c’est lui qui a besoin de ce soutien salvateur.

Un bâtiment en bois décrépi, dans un champ, au bord d'une route.

La cabane d'Allan Par est construite en matériaux de fortune dont les entreprises du coin se sont débarrassées.

Photo : Radio-Canada / Bryce Hoye

Une rencontre imprévue

Au début du mois de juillet, l’agent Brian Boyd, de la police de Winnipeg, a été appelé à se rendre à la cabane d’Allan Par à la suite d’une plainte pour nuisance faite à la police.

En arrivant sur les lieux, l’agent découvre que loin de nuire, M. Par a plutôt besoin d’aide.

« J’ai vu cette superbe structure… et son propriétaire qui ne cessait de me répéter “Brian, je veux juste un emploi” », se souvient le policier.

Il demande alors aux travailleurs sociaux de la Ville de rendre visite à M. Par afin d’évaluer ses besoins. Peu de temps après, les employés de la Ville font appel au Main Street Project, un organisme d’aide aux sans-abri de Winnipeg.

Ils proposent à Allan Par de l’aider à trouver un logement. « Le problème, c’est qu’il n’y a pas beaucoup d’options », déplore Adrienne Dudek, la directrice au soutien et au logement de transition du Main Street Project.

Interdiction de camper

Outre la volonté d’aider M. Par, qui incite la Ville à le déplacer, c’est l’interdiction de construire sans permis sur une terre publique, explique son porte-parole, Ken Allen.

Cette interdiction existe aussi ailleurs au pays, où elle a parfois causé des frictions entre des sans-abri et les autorités municipales.

M. Allen se veut toutefois rassurant. « Nous nous assurons de protéger la vie privée, la sécurité et la santé des gens dont on retire des campements », soutient-il.

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