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Multiples appels pour la libération du pétrolier britannique saisi par l’Iran

Le pétrolier britannique Stena Impero.

La saisie par l'Iran du pétrolier britannique Stena Impero, vendredi, a suscité les critiques de la communauté internationale.

Photo : Reuters

Radio-Canada

La tension continue de monter dans la région du détroit d’Ormuz, dans le golfe Persique, après l’arraisonnement par l’Iran d’un pétrolier britannique, qui a suscité la condamnation de plusieurs pays, dont la France et l’Allemagne.

Le ministère français des Affaires étrangères a appelé Téhéran à « libérer dans les meilleurs délais » le navire britannique saisi vendredi. Le ministère a exprimé sa « grande préoccupation », estimant qu'« une telle action nuit à la nécessaire désescalade des tensions dans la région du Golfe ».

Même message du côté de Berlin, qui a mis en garde contre les dangers d'une « nouvelle escalade » dans la région, tout en condamnant la saisie « injustifiable » du pétrolier et en réclamant la libération de son équipage.

Le service de la diplomatie de l'Union européenne (UE) s'est également exprimé sur cette situation : « Cet événement alimente les risques de nouvelle escalade et sape les efforts en cours pour trouver un moyen de résoudre la crise actuelle ».

Il réclame la « libération immédiate » du pétrolier et de son équipage, et appelle à la « retenue afin d'éviter des tensions supplémentaires », soulignant que « la liberté de navigation doit être respectée en tout temps ».

Une vidéo de l'arraisonnement

Arraisonné vendredi pour « non-respect du code maritime international » par le Corps des Gardiens de la révolution islamique, l'armée idéologique de l'Iran, le navire Stena Impero, qui bat pavillon britannique et dont le propriétaire est suédois, a été emmené au port de Bandar Abbas, selon les autorités portuaires de la province de Hormozgan.

Le chef de l'Organisation des ports et de la marine de la province iranienne a affirmé que le navire avait été impliqué dans un incident avec un bateau de pêche avant d'être confisqué par les autorités.

Les Gardiens de la révolution islamique ont diffusé samedi une vidéo censée montrer l'arraisonnement du Stena Impero. Sur ces images, le navire est cerné par plusieurs vedettes, tandis que des hommes en tenue militaire, encagoulés, descendent en rappel sur le pétrolier.

« Notre action dans le Golfe persique consiste à faire respecter le droit maritime international », a affirmé sur Twitter le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, pour défendre l'arraisonnement du tanker.

« La Grande-Bretagne doit cesser d'être un auxiliaire du terrorisme économique des États-Unis », a ajouté M. Zarif, en allusion aux sanctions économiques rétablies par Washington après son retrait unilatéral de l'accord nucléaire en 2018.

Sur les 23 membres d'équipage du Stena Impero, 18, dont le capitaine, sont de nationalité indienne. On compte aussi trois Russes, un Letton et un Philippin, selon Manille.

Un porte-parole du ministère indien des Affaires étrangères a indiqué samedi être « en contact avec le gouvernement iranien pour obtenir la libération rapide et le rapatriement de ses 18 ressortissants ».

« L'ambassadeur [philippin] en Iran, Fred Santos, cherche à obtenir des autorités iraniennes l'assurance que le marin philippin est sain et sauf et qu'il sera rapidement libéré », a indiqué le ministère philippin des Affaires étrangères, ajoutant que la famille du marin, dont l'identité n'a pas été révélée, avait été informée.

Des membres des Gardiens de la Révolution lors de la prière du vendredi dans une mosquée de Téhéran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens affirment avoir arraisonné le pétrolier iranien à la suite d'un incident avec un bateau de pêche.

Photo : AFP

Condamnation ferme de Londres

Le Royaume-Uni a exhorté l'Iran, samedi, à apaiser ces tensions en libérant son pétrolier, jugeant qu'il s'agissait d'une « atteinte inacceptable à la liberté de navigation ».

Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt a annoncé que l'exécutif informerait lundi le Parlement des « mesures supplémentaires » que le Royaume-Uni compte prendre, mais que la « priorité » restait de « trouver un moyen de désamorcer la situation ».

Nous avons aussi besoin de voir un processus d'apaisement du côté iranien, a-t-il mentionné, en insistant sur le fait que le navire devait être libéré.

Le ministère britannique des Affaires étrangères (Foreign Office) avait par ailleurs annoncé samedi avoir convoqué le chargé d'affaires iranien.

Je viens juste de parler au [ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad] Zarif et ai exprimé mon extrême déception qu'après qu'il m'eut assuré samedi dernier que l'Iran souhaitait désamorcer la situation. Ils agissent dans le sens opposé, avait également écrit le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, sur Twitter.

Le ministre britannique estime que la saisie du Stena Impero dans le Golfe montre que Téhéran opte pour un comportement illégal et perturbateur.

L'acte commis hier dans le Golfe laisse penser, de façon inquiétante, que l'Iran est sans doute en train de choisir la voie d'un comportement illégal et déstabilisateur, après la saisie LÉGALE de pétrole destiné à la Syrie.

Jeremy Hunt, chef de la diplomatie britannique

M. Hunt faisait là allusion à la saisie, le 4 juillet, d'un pétrolier iranien, le Grace 1, au large de Gibraltar par les autorités britanniques, qui l'accusaient d'acheminer clandestinement des hydrocarbures vers la Syrie, dont le régime est l'allié de Téhéran.

Selon lui, la saisie du Stena Impero est donc une mesure de représailles à celle du Grace 1. « C'est oeil pour oeil, dent pour dent », a-t-il déclaré, assurant que les situations des deux pétroliers n'avaient rien à voir.

L'Iran, qui dément que son pétrolier transportait du pétrole destiné à la Syrie, en violation des sanctions internationales, avait demandé à maintes reprises que son navire puisse reprendre la mer.

La Cour suprême de Gibraltar avait pris la décision de prolonger de 30 jours l'immobilisation du pétrolier iranien.

Échanges d'invectives entre Washington et Téhéran

La région du Golfe et du détroit d'Ormuz, par où transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se trouve au cœur des tensions, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les États-Unis. Ces derniers y ont renforcé en mai leur déploiement militaire en arguant de « menaces iraniennes » non précisées.

Cette histoire ne fait que montrer ce que je dis de l'Iran : des problèmes, rien que des problèmes.

Donald Trump, président des États-Unis

Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, a quant à lui dénoncé la « surenchère de la violence » de la part de Téhéran.

Ces 24 dernières heures ont aussi été marquées par une polémique à propos d'un drone « iranien » que les Américains disent avoir abattu dans le détroit. Or, l'Iran a rejeté des « allégations sans fondement » et affirmé n'avoir perdu aucun drone.

Les tensions entre Téhéran et Washington, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, se sont envenimées depuis mai 2018 avec le retrait unilatéral américain de l'accord nucléaire de 2015 et le rétablissement des sanctions économiques américaines qui nuisent fortement à l'économie iranienne.

Elles ont été exacerbées par des échanges d'invectives et des actes de sabotage ou des attaques qui ont visé depuis mai six navires dans la région du Golfe et ont été imputées par les États-Unis à l'Iran, qui a démenti sa responsabilité.

Le pic des tensions a été atteint le 20 juin avec la destruction par l'Iran d'un drone militaire américain. Donald Trump avait alors affirmé avoir annulé à la dernière minute des frappes militaires en représailles.

Des forces américaines en Arabie saoudite

Au milieu de ces tensions qui font craindre aux experts un embrasement, l'Arabie saoudite, alliée des États-Unis et principale rivale régionale de l'Iran, a annoncé que, pour la première fois depuis 2003, des forces américaines seraient déployées sur son sol.

Cela « aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et nos intérêts dans la région face à des menaces émergentes et crédibles », a indiqué le commandement central des forces américaines.

Il a ajouté que des « patrouilles » surveillaient depuis l'espace aérien international la situation dans le détroit d'Ormuz.

L'Arabie saoudite n'avait plus hébergé de soldats américains depuis 2003 et le retrait de ces derniers à la fin de la guerre contre l'Irak.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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