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Une troisième semaine de vacances pour des dizaines de milliers de Québécois

Raphael Bouchard-Piché sert de la poutine à La Banquise depuis maintenant 4 ans.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Plus de 200 000 salariés québécois ayant trois années de service continu au sein d'une même entreprise bénéficieront d'une troisième semaine de vacances cette année. Les changements apportés à la Loi sur les normes du travail plaisent aux travailleurs, mais coûtent cher aux entreprises.

Ce changement législatif demeure coûteux et complexe à gérer pour les petites et moyennes entreprises du Québec, déjà aux prises avec une rareté de main-d'œuvre.

Raphaël Bouchard-Piché, qui sert de la poutine au restaurant La Banquise depuis quatre ans, aura droit à trois semaines de congés payés cette année.

Étant à l'école à temps plein, ça me permet de souffler pendant les fins de session et d'avoir une semaine de vacances par session de plus, sans souffrir financièrement.

Des employés contents, des employeurs moins

Selon le ministère du Travail, plus de 233 500 travailleurs vont profiter de cette mesure. De ce nombre, 166 900 sont des non-syndiqués.

L'employeur de Raphaël Bouchard-Piché, Annie Barsalou, voit ce changement à la loi par l'autre bout de la lorgnette.

Cela va faire 15 semaines de plus à gérer dans l'horaire, donc du recrutement, explique la copropriétaire de La Banquise, un restaurant situé à Montréal, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.

Le ministère du Travail estime que ce changement législatif représente des coûts de 220 millions de dollars pour les entreprises.

Je me dis qu'une personne qui a trois semaines de vacances, je pense que c'est normal aussi à quelque part. La seule chose, c'est que nous, dans notre contexte, ça fait des années qu'on roule, on a une idée de la gestion. On sait comment on va pouvoir le répartir dans nos coûts, mais surtout va falloir éventuellement mettre cette partie-là sur le prix de notre produit, précise Annie Barsalou.

Deux jours de congés de maladie

Cette semaine supplémentaire s'ajoute aux autres changements apportés à la Loi sur les normes du travail, comme les deux jours de congés de maladie supplémentaires.

La vice-présidente, travail et affaires juridiques au Conseil du patronat du Québec, Karoline Gagnon, voit dans ces changements une charge supplémentaire pour les plus petites entreprises qui représentent 80 % du marché québécois.

Ce sont des obligations qui ont un coût, qui ont un impact sur les opérations et, ultimement, qui auront une influence par rapport aux capacités de revenu et sur les capacités de prospérer d'une entreprise, soutient-elle.

Mais pour Raphaël Bouchard-Piché, ces trois semaines payées devraient être un minimum pour les petits salariés.

Si je travaillais toute ma vie dans un emploi sans condition, sans syndicat, sans gros bénéfice de travail, je serais vraiment content d'avoir une troisième semaine minimale, dit-il.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette-Comeau

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