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Chaud pas chaud, une piscine est fermée dans le Sud-Ouest

Une esquisse dévoilant de quoi aura l'air le projet une fois achevé.

La future piscine du parc Sir-George-Étienne-Cartier

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

René Saint-Louis

Il n'y a pas que les automobilistes qui pestent contre les travaux... Des citoyens de l'arrondissement du Sud-Ouest à Montréal sont en colère parce que la grande piscine du parc Sir-George-Étienne-Cartier est fermée depuis deux ans.

Dans le parc, des enfants jouent sur l'herbe et courent autour du grand chantier de la piscine. Même s'ils ne s'y sont pas baignés depuis longtemps, ils s'en souviennent bien : « On se baignait beaucoup, mais il n'y a plus d'eau... Il y a un gros trou ».

La mère de l'un d'eux, Julie Bujold, trouve le délai de reconstruction beaucoup trop long. « C'était notre point d'eau. C'était l'endroit où on venait se rafraîchir, raconte-t-elle. Alors on trouve ça difficile avec les grosses chaleurs, vraiment difficile! Ça fait plus de deux ans. C'est long, c'est très long ».

En plus, poursuit-elle, l'autre piscine la plus proche, celle du Complexe récréatif Gadbois, située à 15 minutes de marche, est aussi fermée en raison de travaux cet été.

Écouter le reportage de René Saint-Louis à l'émission Le 15-18

En attendant la réouverture prévue en 2020, Julie Bujold n'a d'autre choix que d'utiliser les boyaux d'arrosage de sa résidence, raconte-t-elle en riant!

On sort la hose. On sort la hose, pis on arrose les enfants.

Julie Bujold, résidente du quartier Saint-Henri

Devant une avalanche de plaintes et de critiques sur les médias sociaux, l'arrondissement a décidé d'installer des brumisateurs dans le parc. Cela devrait être fait au cours des prochains jours, dit le conseiller de ville Craig Sauvé.

Réparée au « duct tape »

L'élu de Projet Montréal connaît bien le dossier de la piscine Sir-George-Étienne-Cartier. Construite en 1962, elle était en fin de vie utile. En 2017, il a fallu utiliser du « duct tape » pour permettre au système de filtration de tenir jusqu'à la fin de l'été.

L'administration a alors décidé de détruire la piscine, y compris le pavillon des baigneurs, pour reconstruire à neuf. On croyait être en mesure de le faire en un an...

Mais lors de l'appel d'offres, toutes les soumissions étaient supérieures au coût estimé par l'arrondissement. Il a fallu retourner en appel d'offres, dit Craig Sauvé. C'est ce qui a causé plusieurs mois de retard.

C'est une pratique qu'il faut faire pour s'assurer d'une bonne gestion des finances de la ville. Quand on voit quelque chose qui est bien au-dessus de l'estimé, il faut considérer retourner en appel d'offres. C'est ça qu'on a fait pour cette piscine-là.

Craig Sauvé, conseiller de ville Saint-Henri-Est–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles–Griffintown

Le deuxième appel d'offres a été le bon. Mais les travaux ont de nouveau été retardés en raison de dédales administratifs.

« Le parc Sir-George-Étienne-Cartier, c'est un parc patrimonial. Donc le Comité consultatif d'urbanisme a voulu un pavillon des baigneurs qui s'intègre bien à cet héritage, à ce patrimoine », explique l'élu.

Il y a donc eu plusieurs demandes de révision des plans par le Comité, ce qui a encore ralenti le projet.

Les travaux de construction progressent sur le chantier.

Les travaux vont bon train, mais la nouvelle piscine du parc Sir-George-Étienne-Cartier n'ouvrira pas ses portes avant la fin août comme l'aurait souhaité l'arrondissement. La réouverture se fera plutôt à l'été 2020.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Il faut dire que le nouveau pavillon des baigneurs est plus grand que l'ancien. Le bâtiment sera isolé et pourra servir l'hiver aux patineurs, puisqu'il y a aussi une patinoire dans le parc. Le pavillon sera aussi doté d'une salle de rencontre qui pourra servir aux organismes du quartier.

Une facture de 6,5 millions

En plus d'améliorer le pavillon des baigneurs, la piscine elle-même sera mieux aménagée que l'ancienne. La descente vers le bassin principal sera accessible aux fauteuils roulants. Une barboteuse séparée sera aussi ajoutée pour les tout-petits.

Coût total de la reconstruction : 6,5 millions de dollars. Certains citoyens trouvent que c'est beaucoup d'argent pour une piscine.

La commerçante Danielle Russell, qui est aussi membre du conseil d'administration de la Société de développement commercial les Quartiers du Canal, trouve la facture salée.

« Je trouve que c'est énorme, dénonce-t-elle. D'abord, il faut respecter les contribuables quand on fait des ajouts comme ça. On a mis des salles de réunion, je pense qu'on a mis ça quatre saisons, etc. »

C'est bien le fun d'avoir des grands projets. On aime tous ça des belles affaires, mais le contribuable est mis au pied du mur de payer pour toutes ces choses-là qui ne sont pas toujours nécessaires.

Danielle Russell, résidente et commerçante de la rue Notre-Dame

Danielle Russell se demande entre autres pourquoi ajouter une salle de rencontre dans le pavillon des baigneurs, alors que la piscine se trouve devant le Centre récréatif, culturel et sportif St-Zotique, qui offre de la location de salles pour les organismes communautaires du quartier.

Elle souligne que lors de la première annonce concernant la piscine, en 2016, l'arrondissement prévoyait un budget de 6 millions pour restaurer deux piscines. La décision de reconstruire plutôt que de restaurer fait en sorte qu'on se retrouve avec une facture de 6,5 millions dollars pour une seule piscine.

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