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Pas de solution miracle contre la surpopulation de bernaches dans les parcs de Vancouver

L'abondance de bernaches dans les parcs de Vancouver devient gênante pour les usagers.

Photo : Radio-Canada

Timothé Matte-Bergeron

Au moins 2500 bernaches habitent toute l’année dans les parcs de Vancouver, estime la Commission des parcs. Un nombre en croissance constante, ce qui cause des problèmes de salubrité, d’hygiène et même de sécurité, qu’aucune des solutions appliquées par la Ville ne semble enrayer.

Les oies sont surabondantes, affirme le biologiste Nick Page, qui travaille à la Commission des parcs de Vancouver. Elles commencent à poser des défis en matière d’aménagement, des conflits avec les habitants, notamment pour la baignade, et suscitent des plaintes.

Au banc des accusés, leurs excréments : une bernache peut en générer jusqu’à un kilogramme par jour.

Une promenade le long d'un bassin avec des bateaux de plaisance, on voit de nombreuses fientes d'oiseaux sur le chemin.

Des fientes de bernaches le long de la promenade qui borde False Creek.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Ceux qui veulent aller pique-niquer à English Bay, pour regarder le coucher du soleil, trouvent parfois des pelouses couvertes de crottes de bernaches, constate Nick Page. Ça cause évidemment un problème esthétique, voire de santé si des enfants entrent en contact avec elles, et ça peut ruisseler dans l’eau et mener à une augmentation du nombre de bactéries E. coli.

Nick Page explique que le nettoyage, lorsque les excréments se retrouvent dans le gazon, est presque impossible. L’été, quand il y a plusieurs jours sans pluie, ils s’accumulent.

Des fientes sur le gazon, à côté d'une plume sur le sol.

Le parc Creekside, près du musée Science World, est jonché de fientes de bernaches.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Des solutions limitées

La seule solution actuellement appliquée par la Commission des parcs est la stérilisation des oeufs, une méthode qui consiste à secouer fortement les oeufs pour en détruire la membrane interne ou à les couvrir d’huile minérale pour étouffer l’embryon qu’ils contiennent.

Un technicien est responsable de cette tâche dans la ville. Il doit s’assurer de remettre les oeufs dans le nid sans éveiller les soupçons de la mère, qui continuera à les couver – sans succès.

La méthode a obtenu les permis requis par Environnement Canada et est acceptée par des organismes comme la Société de prévention de la cruauté contre les animaux (SPCA) et PETA (People for the Ethical Treatment of Animals).

C’est toutefois un procédé qui a ses limites : beaucoup de nids sont difficilement accessibles, se trouvant par exemple sur des toits d’immeubles, ou encore sur des propriétés privées, où les employés des parcs n’ont pas la permission de se rendre.

Plusieurs dizaines de bernaches couchées dans le gazon, dont deux jeunes oiseaux.

Une couvée de bernache compte généralement six oeufs.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Le cas Trout Lake

La baignade est interdite dans le lac du parc de Trout Lake, dans l'est de Vancouver, en raison de concentrations de bactéries E. coli dépassant 200 par 100 millilitres d'eau. Nous pensons que les bernaches sont la cause de ces niveaux d'E. coli, dit Nick Page. La population de bernaches y a cru ce printemps, avec la naissance de nombreux oisons.

Vers un réaménagement des parcs?

La doctorante en urbanisme Jennifer Pierce, spécialiste de la biodiversité en milieu urbain, explique que cette piste d’action contribue à réduire légèrement la croissance exponentielle de la population de bernaches, mais ne permet pas de la faire diminuer.

Dans une étude sur la population de bernaches à Vancouver, qu’elle a menée en 2016 pour le compte de la Commission des parcs, elle mentionne le réaménagement des parcs comme étant une solution plus efficace.

Une bernache penchée vers la pelouse pour manger.

Les bernaches se nourrissent entre autres de gazon dans les parcs de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Timothé Matte-Bergeron

Le problème? Les bernaches aiment exactement les mêmes aménagements qui plaisent aux humains, au premier chef les grandes pelouses en pente douce qui donnent sur un point d’eau.

Laisser le gazon se dessécher, ou le remplacer par des herbes hautes, par exemple, ne risque pas de plaire aux Vancouvérois, croit Nick Page, même si cela pourrait éloigner les grands oiseaux.

Il existe deux types de bernaches : les migratrices et les résidentes. Si les premières, de passage au printemps et à l'automne, ne constituent pas un problème dans la ville, il en va autrement des deuxièmes qui ont élu domicile de manière permanente dans la région. Celles que vous voyez en été, ce sont les bernaches résidentes, précise Jennifer Pierce. Elles ont été introduites dans les années 1970 dans plusieurs villes nord-américaines.

Tuer les bernaches, hors de question

La solution la plus simple serait d’abattre une partie de ces bernaches, mais le contrôle par la chasse, en pleine ville, n’est évidemment pas sur la table.

Nous ne sommes pas en milieu rural, lance Nick Page, qui souligne que l’euthanasie de ces grands oiseaux ne serait pas non plus considérée comme « socialement acceptable » par les gens.

Il n’existe pas de solution miracle, conclut-il.

Colombie-Britannique et Yukon

Faune et flore