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Avec la pénurie de médecins en N.-É., des patients hésitent à se plaindre de leur médecin

Un nouveau rapport indépendant indique que des patients hésitent à se plaindre de leur médecin, car ils craignent de ne plus trouver de médecin de famille.

Photo : Shutterstock

Radio-Canada

Un examen indépendant des plaintes de nature sexuelle contre les médecins de la Nouvelle-Écosse montre que des patients hésitent à se plaindre, parce qu’ils craignent de perdre leur médecin de famille.

Le Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse a commandé l’examen de ses propres pratiques après une hausse du nombre de plaintes ces dernières années, dans la foulée du mouvement #MeToo, ou #MoiAussi.

Il a reçu quatre plaintes de nature sexuelle en 2016 et une douzaine en 2018. Déjà cette année, il y en a eu sept.

Le rapport des experts indépendants souligne que les patients qui veulent porter plainte font face à plusieurs obstacles. Notamment, une personne qui se plaint peut se retrouver sans médecin de famille.

C’est certainement ce qui ressort de notre examen, affirme la présidente du comité indépendant, l’avocate Nasha Nijhawan. Ça peut vouloir dire que le médecin est soumis à certaines restrictions sur sa pratique durant l’enquête. Ultimement, ça peut vouloir dire qu’il ne pratiquera plus du tout dans la communauté.

Le registraire du Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse, le Dr Gus Grant, dit qu’il est important de réprimander ceux qui ont agi de façon inappropriée envers leurs patients. Mais il précise que le Collège ne peut pas garantir un nouveau médecin de famille aux personnes ayant déposé des plaintes.

Pour qu’on intervienne et qu’on donne priorité à quelqu’un, il faudrait en expliquer les raisons aux 50 000 personnes sur la liste d’attente provinciale, dit le Dr Grant.

Le Dr Grant indique avoir déjà commencé à appliquer certaines des recommandations du comité indépendant.

Le Dr Gus Grant est registraire du Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / CBC

La pénurie de médecins est un obstacle notoire, mais Nasha Nijhawan indique que le Collège doit aussi reconnaître que les plaignants sont dans une position vulnérable. Elle estime que le processus doit être moins intimidant. La personne qui se plaint n’a rien à gagner et le fait pour le bien public.

Un autre aspect qui est ressorti de cette révision, selon elle, c'est que le personnel du collège traite les plaintes de nature sexuelle comme n’importe quelle autre plainte. Le système n’est pas conçu pour les personnes ayant vécu une expérience traumatisante.

Actuellement, un comité de médecins enquête sur ce type de plaintes, et dans bien des cas, indique le rapport, il agit de façon trop antagoniste. Le comité d’experts suggère au Collège des médecins et chirurgiens de recourir à des enquêteurs indépendants pour ces dossiers.

Nasha Nijhawan applaudit à l'initiative du Collège des médecins et chirurgiens de la Nouvelle-Écosse de réviser ses pratiques.

L'avocate Nasha Nijhawan a été présidente du comité indépendant.

Photo : Radio-Canada / CBC

Les enquêteurs font remarquer que le Collège peut adopter certaines mesures simples et rapides pour améliorer son système. Par exemple, actuellement, un patient qui veut se plaindre au Collège doit appeler une ligne générale et laisser un message. Le comité recommande plutôt une ligne servant uniquement aux plaintes de nature sexuelle.

Le Collège des médecins et chirurgiens indique aussi aux patients que leur plainte doit être formulée par écrit et qu’elle doit être envoyée par la poste ou par télécopieur. Franchement, je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai envoyé une lettre ou un fax, souligne Nasha Nijhawan. Je pense que beaucoup de gens seraient forcés de se rendre chez Staples pour envoyer leur plainte au sujet d’un geste sexuel inapproprié d’un médecin. Ça peut être un obstacle.

Le Dr Gus Grant indique avoir déjà commencé à appliquer certaines des recommandations du rapport.

Avec les informations de Carolyn Ray, de CBC

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