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Le rôle de Sudbury dans l'expédition lunaire

Deux hommes portent des équipements électroniques en étudiant une carte.

Charlie Duke et John Young ont participé à des excursions géologiques dans le Grand Sudbury à l’été 1971. Les deux astronautes de la mission Apollo 16 portent des caméras similaires à celles qu'ils utiliseraient sur la lune.

Photo : NASA

Sophie Houle-Drapeau

Au début des années 1970, des astronautes de la NASA ont visité le plus gros cratère du Canada situé dans le Nord-Est de l’Ontario. Contrairement à la croyance populaire, ce n’était pas parce que le Grand Sudbury avait des allures de paysage lunaire, une conséquence de l’exploitation minière intense de l’époque, mais bien parce que la géologie du sol sudburois partage des caractéristiques similaires avec celle de la lune.

Ça ressemble à une brèche de Sudbury, déclare en 1972 l’astronaute John Young de la mission Apollo 16 alors qu’il décrit un rocher qu’il voit dans le cratère North Ray (rayon nord) sur la lune.

À l’été 1971, la NASA envoie des astronautes d’Apollo 16 pour une formation avec des géologues de la compagnie minière Inco (rachetée par Vale en 2006).

L’année suivante, ce sont des astronautes d’Apollo 17 qui viennent explorer le sol sudburois. L’étude de l’impact des météorites sur le sol lunaire fait partie de la dernière mission du programme spatial Apollo.

Lorsqu’on lui demande d’expliquer la raison de la visite des astronautes, le professeur de géologie à l’Université Laurentienne, Phillips Thurston, répond d’emblée que l’absence d’arbres n’était pas en cause.

C’est plutôt la particularité des roches modifiées par l’impact de météorites qui a attiré les explorateurs de l’espace.

Il y a un peu moins de 2 milliards d’années, un météorite de 10 km a frappé la région du Grand Sudbury. Le cratère de Sudbury fait alors 6 km de profondeur et de 200 km de diamètre selon le musée scientifique interactif Science Nord.

Lors de leurs visites, les astronautes ont aussi observé le cratère du lac Wanapitei dont le diamètre fait un peu moins de 8 km. Le météorite s’est écrasé dans la région il y a environ 37 millions d'années.

Le professeur se tient debout dans la station de Radio-Canada à Sudbury.

Phillips Thurston est professeur de géologie précambrienne à l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Sophie Houle-Drapeau

Phillips Thurston explique que les astronautes de la NASA ont surtout observé les brèches dans la roche afin de mieux comprendre la cartographie de la lune. Ils ont étudié les propriétés physiques de ces empreintes.

Les cônes de percussion (shatter cones en anglais) sont des exemples visibles à l’oeil nu de ces traces laissées par l’impact du météorite. Il s’agit d’une fracture rocheuse en forme de cône que l’on ne trouve que dans les cratères d’impacts météoritiques.

Des traces en forme de cônes de la roche ignée.

Un cône de percussion («shatter cone» en anglais) que l’on peut voir aux abords de la route Ramsey Lake dans le Grand Sudbury.

Photo : Courtoisie: David Pearson

Une particularité du caractère de Sudbury est qu’une partie est encore exposée à la surface de la planète, note le professeur.

Avec les phénomènes de tectonique des plaques et de sédimentation, plusieurs cratères de la croûte terrestre se trouvent désormais enfouis sous nos pieds. Phillips Thurston explique que ces phénomènes n’existent pas sur la lune.

Depuis l’impact il y a 2 milliards d’années, la majeure partie du cratère de Sudbury s’est érodée.

Nord de l'Ontario

Astronomie