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Un pétrolier britannique arraisonné par l'Iran dans le détroit d'Ormuz

Un pétrolier navigue sur l'eau.

Le pétrolier Stena Impero naviguait en eaux internationales lorsque la compagnie Stena Bulk a perdu sa trace.

Photo : Associated Press / Stena Bulk

Radio-Canada

Un pétrolier britannique, le Stena Imperio, arraisonné vendredi, se trouve toujours entre les mains des autorités iraniennes, tandis qu'un second pétrolier, le MV Mesdar, retenu par des gardes armés iraniens, a repris sa route.

L'entreprise propriétaire du MV Mesdar, Norbulk Shipping, a confirmé l'information, indiquant que les gardes armés ont quitté le navire et que le personnel naviguant est libre et en bonne santé.

Toute la journée, des informations contradictoires ont circulé au sujet de l'arraisonnement par les autorités iraniennes d'un second bateau.

Alors que le gouvernement britannique dénonçait l'arraisonnement de deux navires, une agence de presse iranienne affirmait, citant des sources militaires, que le pétrolier avait été arrêté pour des « raisons de sécurité » , l'équipage ayant, selon l'agence, lancé « un appel de détresse ».

Le gouvernement britannique a dénoncé plus tôt l'arraisonnement de deux pétroliers par l'Iran dans le détroit d'Ormuz, alors qu'ils naviguaient en eaux internationales.

« Je suis extrêmement préoccupé par la saisie de deux navires par les autorités iraniennes », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt dans un communiqué.

Selon les autorités iraniennes, le Stena Impero, affrété par Stena Bulk and Northern Marine Management, a été confisqué à la demande des autorités maritimes d'une province côtière iranienne qui l'accusent d'avoir enfreint les règles encadrant la navigation maritime internationale.

Le navire a été encerclé par de petites embarcations non identifiées et un hélicoptère, selon la compagnie. Aucun cas de blessures n’a été rapporté, ajoute-t-elle, indiquant que la sécurité des 23 membres de l’équipage demeure sa priorité.

Les autorités iraniennes ont confirmé dans la nuit de vendredi à samedi que le Stena Impero était ancré au port de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, avec ses 23 membres d'équipage à bord.

Allah-Morad Afifipoor, directeur général de l'organisation portuaire et maritime de la province de Hormozgan où est situé le port, a affirmé que le Stena Impero était « entré en collision avec un bateau de pêche ».

Le ministre Jeremy Hunt a prévenu l'Iran qu'il y aurait des conséquences si l'Iran ne libérait pas les navires, mais qu'il n'envisageait pas « d'options militaires ».

M. Hunt a assisté dans la soirée de vendredi à une réunion d'urgence pour faire le point. L'ambassadeur britannique est aussi « en contact » avec le ministère iranien des Affaires étrangères pour « régler la situation ».

Un navire-citerne battant pavillon panaméen, le Riah, avait déjà été arraisonné le 14 juillet dans le détroit d'Ormuz, selon les Gardiens de la révolution.

Entrevue avec Ferry de Kerckhove à l'émission 24/60

Appui des États-Unis

Les États-Unis ont dénoncé la « surenchère de la violence » de l'Iran après la saisie du pétrolier britannique. M. Trump a assuré que les États-Unis « échangeront » et « travailleront avec le Royaume-Uni » au sujet du pétrolier britannique.

« C'est la seconde fois en un peu plus d'une semaine seulement que le Royaume-Uni est pris pour cible par la surenchère de la violence du régime iranien », avait indiqué plus tôt Garett Marquis, porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, dans un communiqué.

« Les États-Unis continueront à travailler avec leurs alliés et partenaires pour défendre leur sécurité et leurs intérêts face au comportement néfaste de l'Iran », avait-il insisté.

L’agence de presse saoudienne SPA rapporte que le roi Salmane d’Arabie a autorisé l’accueil de soldats américains sur son sol pour renforcer la sécurité dans la région.

Cette décision vise à « renforcer la coopération conjointe pour défendre la sécurité et la stabilité régionale et préserver la paix », précise l'agence officielle, citant un responsable du ministère de la Défense.

L'Arabie saoudite n'avait plus hébergé de soldats américains depuis 2003 et le retrait de ces derniers à la fin de la guerre contre l'Irak.

Un pétrolier iranien bloqué un mois de plus

L'Iran avait menacé de saisir un pétrolier britannique en représailles à l'immobilisation du pétrolier iranien Grace 1, le 4 juillet, par les autorités de Gibraltar, avec l’aide de la marine britannique.

Le navire était soupçonné de transporter 2,1 millions de barils de pétrole brut vers la Syrie, en violation de sanctions internationales.

L'annonce de la saisie du Stena Impero survient quelques heures après que la Cour suprême de Gibraltar eut décidé de prolonger pour 30 jours l'immobilisation du Grace 1.

Vendredi, le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, a indiqué au Parlement local avoir rencontré à Londres des fonctionnaires iraniens pour « chercher la désescalade sur tous les aspects du problème ».

Nous espérons continuer à travailler de façon constructive et positive avec les autorités de la République islamique d'Iran pour faciliter le départ du Grace 1.

Fabian Picardo, chef du gouvernement de Gibraltar

Le chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, a offert samedi de libérer le Grace 1 si l'Iran pouvait garantir qu’il ne se dirigerait pas vers la Syrie, mais en vain; son homologue iranien lui a répondu que la destination du pétrolier était légale et a pressé Londres de le libérer.

Trois jours plus tard, le Guide suprême de la révolution, l’ayatollah Khamenei, véritable homme fort du régime iranien, est revenu à la charge en accusant Londres d’avoir volé le Grace 1 et a rappelé que l'Iran répliquera au moment et à l'endroit opportuns.

Une quinzaine de Gardiens de la révolution sont debout dans la mosquée.

Des membres des Gardiens de la révolution, armée idéologique du régime iranien, entrent dans la mosquée Imam Khomenei, le 19 juillet, pour la prière du vendredi.

Photo : Getty Images / Pigiste/AFP

Mystère autour d'un drone iranien

Par ailleurs, Téhéran a catégoriquement démenti vendredi les propos de Donald Trump selon lesquels le navire américain USS Boxer aurait « détruit » un drone iranien au-dessus du détroit d'Ormuz.

Allégations délirantes et sans fondement, a réagi vendredi le général de brigade et porte-parole des forces armées iraniennes Abdolfazl Shékarchi, cité par l'agence Tasnim. Tous les drones [...] sont bien rentrés à leur base jeudi, a-t-il ajouté.

J'ai peur que l'USS Boxer ait abattu un de leurs propres drones par erreur, a pour sa part ironisé sur Twitter le ministre des Affaires étrangères adjoint de l'Iran, Abbas Araghchi.

Aucun doute, nous l'avons abattu, a pour sa part déclaré le président Donald Trump vendredi, à la Maison-Blanche.

Un haut responsable de l'administration avait précédemment assuré que Washington a des preuves très claires qu'un drone de la République islamique a été abattu. Les Américains pourraient diffuser une vidéo à ce sujet, a-t-il dit, mais le Pentagone n'a pas confirmé qu'une telle vidéo existait.

Les tensions dans la région du golfe Persique et du détroit d'Ormuz, par où transite le tiers du pétrole acheminé par voie maritime sur la planète, se sont intensifiées depuis que les États-Unis se sont retirés, en mai 2018, de l'accord nucléaire signé par l'Iran et les grandes puissances en 2015.

Il y a quelques semaines, des attaques d'origine inconnue contre des pétroliers, imputées à l'Iran par les États-Unis et l'Arabie saoudite, et la destruction d'un drone américain par l'Iran ont failli engendrer une riposte militaire américaine.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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