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Harcèlement et intimidation : un rapport indépendant montre du doigt un chef régional des Premières Nations

Morley Googoo rejette les conclusions du rapport indépendant, et l'Association des femmes des Premières Nations réclame sa démission.

Il donne une conférence de presse sur la colline du Parlement à Ottawa

Morley Googoo

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une enquête d’une tierce partie en milieu de travail conclut que le chef régional des Premières Nations de la Nouvelle-Écosse aurait intimidé et harcelé une ancienne présidente d'une association pour femmes autochtones.

Le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations, Morley Googoo, aurait fait de la discrimination directe à une ancienne dirigeante de l’Association des femmes des Premières Nations de la Nouvelle-Écosse (NSNWA) et d'autres femmes micmaques.

C’est la conclusion d’un rapport indépendant commandé par le Forum tripartite, un organisme gouvernemental fédéral, provincial et micmac qui s’est penché sur le comportement du chef régional.

Deux versions contradictoires

Le chef micmac Morley Googoo nie en bloc toutes ces allégations et rejette le rapport indépendant en le qualifiant de tentative de désinformation dont l’objectif principal serait de nuire à sa réputation.

Je n'ai jamais harcelé [Maloney]. C’est impossible.

Morley Googoo, chef régional de l'APN, N.É. et T.-N.

Tous ceux qui me connaissent savent très bien que je ne suis absolument pas une personne discriminatoire. Il y a plusieurs dames et femmes qui travaillent pour moi dans des rôles clés et qui prennent des décisions importantes... Je ne suis pas comme ça, c'est tout, affirme-t-il.

Le rapport publié en septembre 2018, dont CBC News a obtenu copie, détaille les allégations contre Morley Googoo par l'ancienne présidente de la NSNWA Cheryl Maloney de la nation micmaque Sipekne’katik.

Cheryl Maloney allègue que le chef régional faisait de l’intimidation et du harcèlement basé sur son genre.

Cheryl Maloney est avocate au sein de la Première Nation Sipene'katik de la Nouvelle-Écosse.

Cheryl Maloney est avocate au sein de la Première Nation Sipene'katik de la Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC/Robert Short

Selon elle, d’autres femmes micmaques seraient aussi victimes de ces comportements inappropriés.

Elle estime que ces agissements ont porté atteinte à sa réputation en transmettant des informations négatives à son sujet, en particulier aux chefs mi'kmaw.

Elle ajoute que lors d’un appel téléphonique avec le chef en 2017, il l’aurait menacée et accablée d’injures.

Le rapport indique que l'avocate indépendante en droit du travail, engagée par le forum pour enquêter sur les allégations, a constaté que plusieurs autres femmes liées à l'organisation se sentaient également harcelées et intimidées par [Googoo]. C'est pourquoi elle aurait élargi son enquête pour inclure leurs préoccupations.

Morley Googoo a déclaré qu'il n'était pas prouvé que sa conduite envers Cheryl Maloney et d'autres femmes de l’association était discriminatoire.

Il se défend en disant que l'appel téléphonique de 2017, mentionné dans le rapport, était une conversation plus personnelle et que les gens des communautés micmaques étaient au courant de leurs désaccords.

Démission réclamée

Lors de l'assemblée générale annuelle de la NSNWA en décembre 2018, une motion a été présentée demandant la démission du chef régional Morley Googoo de l'Assemblée des Premières Nations pour cause de discrimination fondée sur le sexe envers l'organisation et les femmes de la NSNWA.

La motion a été adoptée.

Avec les informations de Nic Meloney de CBC News.

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