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Les deux tiers des tiques dans certains quartiers d’Ottawa porteuses de la maladie de Lyme

Une tique est sur une feuille.

Les tiques à pattes noires sont actives dès que la neige fond et elles peuvent transmettre la maladie de Lyme (archives).

Photo : The Associated Press / James Gathany

La Presse canadienne

À Ottawa, plus des deux tiers des tiques testées dans certains secteurs sont porteuses de la bactérie qui cause la maladie de Lyme, selon l’agence de santé publique locale.

Santé publique Ottawa ne se soucie même plus d’examiner les insectes pour vérifier s’ils portent la maladie. La médecin en chef de l’agence, Vera Etches, indique qu’en 2016 et en 2017, plus du cinquième des tiques à pattes noires testées à Ottawa étaient porteuses de la bactérie.

C’est un seuil. Quand on sait que 20 % des tiques d’une région sont porteuses de la bactérie de la maladie de Lyme, on n’a plus besoin de s’en assurer. Nous sommes maintenant dans une zone à risque, a-t-elle prévenu.

En 2018, c’était le tiers des tiques analysées à Ottawa qui portaient la maladie.

La plupart des agences de santé publique au Canada avaient l’habitude d’examiner les tiques soumises par le public et de rechercher activement les populations de cet insecte. Certaines ont décidé que la maladie de Lyme était devenue endémique et qu’il fallait miser sur la prévention et le traitement plutôt que sur la simple sensibilisation.

Il y a 10 ans, la plupart des cas diagnostiqués au Canada concernaient des personnes piquées par des tiques lors d’un voyage aux États-Unis. Mais en raison des changements climatiques, les hivers sont plus doux dans le sud du pays. Résultat : les tiques qui migrent au Canada survivent en plus grand nombre et propagent plus rapidement la bactérie.

Le Canada a commencé à surveiller la propagation de la maladie de Lyme en 2009. Cette année-là, 79 personnes ont contracté la maladie, et un total de 144 cas potentiels ont été signalés.

En 2017, les autorités ont recensé 1400 cas confirmés ou probables dans tout le pays. Les deux tiers de ces cas provenaient de l’Ontario. La plupart des personnes avaient contracté la maladie dans leur région.

Les données nationales pour 2018 ne sont pas encore disponibles, mais en Ontario, on note une diminution importante du nombre de cas, passant de 967 à 612. Selon la Dre Etches, 2018 a été une année plus chaude et plus sèche que l’année précédente. Or, les tiques prospèrent par temps frais et humide.

En Outaouais, c'est le Pontiac qui est le secteur le plus à risque. Là aussi, 20 % des tiques y sont porteuses de la maladie.

La maladie de Lyme doit son nom à la ville de Lyme, dans le Connecticut, où le premier cas a été diagnostiqué en 1975. Elle est causée par une bactérie échangée entre les tiques à pattes noires, les oiseaux migrateurs et les petits mammifères comme les souris et les tamias.

« Ça attaque tout »

Jennifer Drury est tombée malade 2014.

J’avais eu une tique sur moi, puis je l’avais enlevée, puis je n’y ai pas repensé parce que je ne savais pas ce que c’était [la maladie de Lyme], raconte-t-elle.

Je n’avais plus d'énergie, j'étais fatiguée, j'avais des douleurs musculaires, des picotements aux extrémités, j’ai fait deux attaques à la vésicule biliaire. Puis je suis allée voir mon médecin et il n’y avait rien, les tests revenaient toujours négatifs.

Jennifer Drury

Mme Drury décide d'aller chercher un autre avis médical et passe des tests aux États-Unis, qui reviennent positifs avec des co-infections.

Je me fais traiter aux États-Unis depuis plus de deux ans et j’ai encore des symptômes et c’est décourageant. J’ai dû être en congé pour 6 mois. Ça a complètement changé ma vie, assure-t-elle.

Avec les informations de Guillaume Dumont

Ottawa-Gatineau

Santé publique