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Et si le gazon avait besoin d’amis?

Une vue en hauteur de l'IRDPQ à Québec. On voit la ville au loin et des autoroutes

Le projet a permis de restaurer des propriétés du sol sur ce terrain situé près du boulevard Wilfrid-Hamel à Québec.

Photo : fournie par le LIEU/David Paré

Audrey Paris

Proclamé herbe par excellence sur de nombreux terrains, le gazon mériterait de perdre du terrain au profit d’autres plantes. Une question économique et écologique qui a mené à la création de nouveaux espaces verts diversifiés dans la province, notamment à Québec.

Depuis 2017, l’Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) collabore avec le Laboratoire d’intégration de l’écologie urbaine (LIEU) sur un projet de restauration des propriétés des sols urbains qui comprend une approche pour la biodiversité hors-sol.

Alison Munson, professeure titulaire au Département des sciences du bois et de la forêt de l'Université Laval, estime que le gazon, c’est une habitude plus qu’autre chose.

On a fait une conversion du sol au Centre IRDPQ, explique-t-elle. Un grand arrangement en forme de vague avec des vivaces qui reviennent chaque année.

Le Laboratoire indique qu’à la demande du partenaire, ils ont tenté de contrer le développement des plantes adventices et nocives pour la santé humaine tout en améliorant les propriétés physiques, chimiques et biologiques du sol.

Un terrain vert à côté d'une bâtisse, avec des vagues formés avec des herbes différentes.

Le projet de réaménagement d'un espace vert de l'IRDPQ s'est réalisé sur une période de trois ans, depuis 2017, comme le souligne le LIEU.

Photo : fournie par le LIEU/David Paré

Ce sol qu’on oublie

D’après Alison Munson, il faut mettre plus d’efforts dans les villes et les propriétés privées pour mettre le sol de l’avant, en appuie à la diversité. Pour les villes, c’est de l’entretien toutes les deux ou trois semaines, dit-elle, ça occupe les heures des employés. Elle croit qu'il pourrait y avoir un meilleur équilibre dans le choix des plantes utilisées pour garnir les espaces verts. 

Ce n’est pas très écolo d’avoir des grands espaces de gazon et pas autre chose.

Allison Munson

Au LIEU, ses collaborateurs et elle travaillent à découvrir quels sont les sols qui ont des nutriments pour les plantes, et quelles sont les plantes qui pourraient bien y vivre. Le gazon n’aurait plus à être le maître des espaces verts, pensent-ils.

Jeudi, la professeure a d’ailleurs animé un café scientifique à la librairie Le mot de tasse à Québec sous le thème Enraciner la ville dans le sol urbain. Elle connaît bien les projets de certains quartiers comme Rosemont et Verdun, dans la région de Montréal. Elle souligne que certaines administrations pensent à diminuer les parcelles de pelouse qui sont entretenues, pour l’environnement, mais pour des raisons financières également.

La Ville de Québec réfléchit

L’approche du Laboratoire d’intégration de l’écologie urbaine ne date pas d’hier. La Ville de Québec mentionne avoir adopté la gestion différenciée des espaces verts au milieu des années 2000.

Une des mesures entreprises a été de réduire les interventions sur certains terrains, pour laisser les herbes déjà sur place se développer sans entretien. Cependant, il a été observé que des plantes envahissantes se sont propagées à certains endroits, apportant un nouvel enjeu en ce qui a trait à la gestion des espaces verts. Des plantes qui, comme l’indique la Ville, détruisent la biodiversité des terrains et certaines sont dangereuses pour la santé publique.

Une plante sur un sol avec de la paille

Certaines personnes décident de mettre des graminées, de la paille et différents types de plante sur le terrain de leur résidence.

Photo : Radio-Canada

Ainsi, puisque le recours aux pesticides est réglementé, la Ville explique qu’elle songe à reprendre l’entretien régulier de certains terrains, afin de contrôler l’arrivée des plantes indésirables.

Alison Munson l’admet aussi, tout n’est pas vert au pays de la diversité des sols et des herbes. Elle comprend que certaines plantes deviennent des enjeux importants pour les villes.

Mais à long terme, elle croit que la réflexion permettra de donner un nouveau souffle à l’environnement ainsi qu’à la canopée, surtout dans un contexte de changements climatiques.

Propos recueillis par Alexandra Duval

Québec

Protection des écosystèmes