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Plus de 100 patientes, dont des mineures, auraient été filmées par un massothérapeute de Fredericton

Des vidéos ont été découvertes après la mort du massothérapeute.

Bridget Thornton et Pamela Moxon en conférence de presse le 18 juillet à Fredericton.

Bridget Thornton et Pamela Moxon en conférence de presse le 18 juillet à Fredericton

Photo : Radio-Canada / CBC / Jon Collicott

Radio-Canada

Une demande de recours collectif a été déposée jeudi au Nouveau-Brunswick contre un massothérapeute de Fredericton récemment décédé qui aurait filmé à leur insu plus d’une centaine de patientes nues ou partiellement nues, dont des personnes mineures.

La requête judiciaire déposée à la Cour du Banc de la Reine du Nouveau-Brunswick allègue que le massothérapeute Pierre Charles Wust aurait filmé des patientes entre 2008 et 2017 à la clinique de massothérapie où il était employé.

Pierre Wust.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pierre Wust est mort en janvier 2019.

Photo : Maison funéraire McAdam's

Ces vidéos auraient été réalisées à l’insu des patientes, dans la salle où le massage était pratiqué, alors qu’elles se déshabillaient.

Pierre Wust, qui était atteint de sclérose en plaques, a cessé de pratiquer à la fin de l’année 2017 pour des raisons de santé. Il est mort de causes liées à cet état en janvier 2019.

Les vidéos au coeur de cette affaire ont été découvertes par la succession de Pierre Wust. La police de Fredericton dit enquêter sur une affaire de voyeurisme présumé.

La poursuite orchestrée par McKiggan Hebert, une firme d’avocats basée à Halifax en Nouvelle-Écosse, vise la clinique Myoflex Massage and Rejuvenation de Fredericton, où a travaillé Pierre Wust pendant une dizaine d’années; Jolanta Kurz, qui était propriétaire de la clinique; et la succession de Pierre Charles Wust.

La requête accuse les défendeurs de négligence, de violation de la vie privée et de violation d'une obligation fiduciaire.

Une quarantaine de présumées victimes sont nommées dans la requête judiciaire.

L'avocat John McKiggan, Bridget Thornton et Pamela Moxon autour d'une table et de micros.

L'avocat John McKiggan, Bridget Thornton et Pamela Moxon, le 18 juillet 2019 à Fredericton.

Photo : Radio-Canada / CBC / Jon Collicott

Quand une personne se présente pour un traitement chez un professionnel des soins de santé, dans le cas présent un massothérapeute, elle s’expose, littéralement et figurativement, a dit John McKiggan, l’avocat responsable du dossier, dans une conférence de presse jeudi. Nous sommes à notre plus vulnérable.

La semaine dernière, Jolanta Kurz, qui était propriétaire de la clinique, dit qu’elle n’était pas au courant de possibles enregistrements et n’a jamais soupçonné M. Wust de quoi que ce soit durant la dizaine d'années où elle l’a côtoyé professionnellement.

La semaine dernière, Mme Kurz avait indiqué que la police avait visité la clinique de massothérapie deux ou trois semaines après la mort de Pierre Wust et n’avait pas trouvé de caméra sur les lieux. Selon elle, la police soupçonne que le massothérapeute utilisait une caméra camouflée dans un petit objet, comme un stylo.

Le Collège des massothérapeutes du Nouveau-Brunswick a mené sa propre enquête, qui a conclu qu’aucun thérapeute actuel ou passé n’était au courant de la conduite alléguée de M. Wust.

De l’avis du Collège, le défunt massothérapeute n’aurait pas partagé les vidéos en ligne ou avec d’autres personnes.

L’avocat John McKiggan met cette affirmation en doute. En conférence de presse, jeudi, il a soutenu que seule une analyse scientifique de l’ordinateur du défunt permettra de déterminer s’il y a eu partage des vidéos.

Me McKiggan soutient que la Force policière de Fredericton tente d’identifier des présumées victimes, mais ne traite pas le dossier en priorité par manque de ressources. Pierre [Wust] est mort, il ne sera jamais accusé. Alors, pensez-vous qu’ils vont bientôt trouver le temps d’analyser son ordinateur?, a déclaré l'avocat.

Selon la requête judiciaire, les fichiers vidéo retrouvés contiendraient la date d'enregistrement et certains détails au sujet des présumées victimes.

Bridget Thornton, Pamela Moxon et Lori Wheeler.

De gauche à droite, Bridget Thornton, Pamela Moxon et Lori Wheeler, qui sont considérées comme de présumées victimes dans la requête.

Photo : La Presse canadienne / Kevin Bissett

Pamela Moxon et Bridget Thornton sont deux présumées victimes qui ont décidé de représenter les plaignantes. Elles étaient présentes à la conférence de presse, jeudi.

Mme Moxon a affirmé qu’elle a dû identifier sa fille adolescente sur une vidéo que lui ont montrée les policiers. Je le fais pour elle, a-t-elle dit en sanglotant. Elle précise que sa fille, maintenant adulte, lui a donné la permission de s’exprimer sur la question.

Pamela Moxon dit ne s’être jamais sentie mal à l'aise à la clinique de massothérapie et que Pierre Wust a toujours semblé professionnel avec elle. Bridget Thornton, en revanche, dit s’être sentie mal à l'aise en présence du massothérapeute et indique ne pas être retournée le voir après son unique visite.

Mme Thornton espère inciter d’autres présumées victimes à se manifester et à surmonter le sentiment de gêne qu’elles pourraient ressentir.

Robert Jackson, exécuteur testamentaire de M. Wust, a refusé de commenter les récents développements.

Avec les informations de La Presse canadienne et CBC

Nouveau-Brunswick

Procès et poursuites