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La morille, une ressource à mettre en valeur?

Un gros plan d'une morille avec un peu d'herbe et sur un sol de terre et de bois calciné.

Les morilles sont nombreuses dans les forêts qui ont été ravagées par des feux.

Photo : CBC/Dillon Hodgin

Claudiane Samson

Un cueilleur de morilles souhaite la tenue d’un festival consacré au précieux champignon qui attire chaque année nombre de travailleurs saisonniers.

Selon le chef cuisinier Michel Boudreau, les Yukonnais devraient commencer à considérer la morille comme une véritable ressource naturelle et durable.

Un homme sourit à la caméra sur le coin d'une rue.

Le Yukonnais Michel Boudreau est un cueilleur de morilles invétéré qui espère pouvoir en faire le thème d'un festival.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Souvent le monde pense que la seule vraie ressource ici au Yukon, c'est l'or ou les minéraux, et puis vraiment, la morille [pourtant il] y a beaucoup d'argent [à faire] là-dedans. Les conditions ici sont exceptionnelles.

Michel Boudreau, cueilleur de morilles

Michel Boudreau suggère donc la tenue d’un festival annuel, consacré non seulement à la morille, mais également à d’autres plantes indigènes. « C’est quelque chose que le monde local ne reconnaît pas et j'aimerais bien promouvoir ça. »

« Une excellente idée »

L’expert culinaire Eric Pateman, d’Edible Canada, organise depuis six ans un festival culinaire au Yukon. Pour lui, la tenue d’un festival consacré seulement à la morille serait un bon atout, bien que le champignon ait déjà sa place dans le programme du festival culinaire.

Les chefs transportent une pièce de viande.

Eric Pateman, de Vancouver, et Chris Irving, de Sydney, en Australie, font partie des chefs invités dans le passé par le Festival culinaire du Yukon.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Les aliments sauvages font partie du décor yukonnais et représentent réellement le Nord.

Eric Pateman, Edible Canada

« Les pousses d'épinette, les églantiers ou les morilles devraient tous se retrouver à l’avant-plan de la cuisine du Nord et dans les plats que les chefs créent », dit le chef.

Il ajoute que c’est la texture de la morille qui la distingue des autres champignons, parce que le processus de déshydratation semble en augmenter les saveurs.

« [Ma recette] préférée est de les tremper dans un whisky du Yukon et la cuire avec du beurre et de la crème. C’est la sauce la plus incroyable sur un steak. [Elle a] une saveur de terre qu’on ne retrouve pas dans les autres champignons comme la chanterelle ou le shiitake. »

Une redécouverte des produits sauvages

Eric Pateman a fait un constat : « Les pays en développement [culinaire] comme le Canada, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie travaillent tous très fort pour tenter de retracer leurs origines et reconnecter avec leurs aliments indigènes [alors que] les régions de l'Italie, la France et l’Espagne semblent adopter la restauration rapide! »

Michel Boudreau croit toutefois que certains consommateurs continuent d'avoir la phobie des champignons et qu’il faudrait essayer de les leur faire découvrir.

« Il faut simplement apprendre à les connaître, à bien les préparer et à savoir ce qu’ils goûtent, et avec le temps, on pourra vraiment bien montrer au public que c’est une ressource dont on devrait être fier. »

Grand-Nord

Agriculture