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Visite surprise pour un retraité de Produits forestiers Résolu

Un aîné souriant, qui porte un casque de construction, se trouve devant du matériel informatique.

C'est avec le sourire aux lèvres que Roger Malaison a visité son ancien lieu de travail.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Mélyssa Gagnon

Un retraité de Produits forestiers Résolu a reçu le plus beau des cadeaux pour ses 90 ans. Jeudi matin, Roger Malaison a visité l’usine Kénogami où il a travaillé pendant 43 ans.

Celui qui a également été maire de l’ancienne ville dans les années 1970 a été reçu en grande pompe par la direction de l’usine, ce qui lui a fait vivre de grandes émotions.

En cette année charnière dans la vie de Roger Malaison, il n’avait qu’un seul désir : fouler le sol de l’usine centenaire à laquelle il a consacré la totalité de sa vie professionnelle.

Lui-même fils de papetier, il a joint Résolu, autrefois la compagnie Price, en 1944, avant d’accrocher sarrau et lunettes protectrices en 1987. Il a notamment occupé les postes de contremaître de machine à papier et de formateur.

Ça faisait des années que je pensais à un retour à l’usine. Depuis que j’avais été en Europe comme consultant dans le papier, je n’avais jamais eu la chance de revenir. Ce qui est surprenant, c’est cette journée-ci. Pour ma famille, c’est beaucoup. C’est une belle reconnaissance, a signifié le retraité.

Pour Roger Malaison, né en 1929, la papetière demeure l’élément central de la communauté qui l’a vu naître et grandir. À l’époque où il était à l’emploi de l’entreprise de pâtes et papiers, les installations de Kénogami roulaient à plein régime. Jusqu’à 1200 travailleurs et sept machines produisant des dizaines de milliers de tonnes de papier journal chaque année.

De nos jours, l’usine ne compte plus que 200 employés et une seule machine, la #7, implantée au milieu des années 1980. L’usine s’est alors tournée vers la production de papier surcalendré, utilisé pour la fabrication de circulaires.

Roger Malaison a joué un rôle clé dans ce virage. La compagnie estime que c’est grâce au retraité que l’usine construite en 1912 existe toujours.

M. Malaison aurait contribué, dans les années 80, à convaincre les propriétaires de l’entreprise d’investir dans la production de papier surcalendré. On remercie M. Malaison pour cette démarche-là. C’est probablement une des raisons pour lesquelles l’usine Kénogami a encore pignon sur rue ici à Jonquière, pointe le directeur général, Stéphane Deshaies.

Ému

Roger Malaison a passé plus d’une heure dans l’usine, les yeux grands ouverts et le sourire aux lèvres. Accompagné du directeur technique, Jean-François Sauriol, il a renoué avec le passé et y est allé de diverses anecdotes au sujet de ces quatre décennies bien remplies. Il a touché aux équipements et a caressé les rouleaux de papier semblables à ceux qu’il a passé tant de temps à produire à une certaine époque. Il a reconnu le bruit, les odeurs, mais une chaleur moins oppressante que celle d’autrefois.

Deux hommes discutent tout en visitant une usine.

Le directeur technique de l'usine, Jean-François Sauriol, a accompagné Roger Malaison tout au long de sa visite.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

J’ai eu Kénogami dans le cœur très longtemps. Je l’ai encore. J’ai bien apprécié ce temps-là. Le temps que j’ai passé ici, 43 ans, je n’ai aucun regret. Je voudrais dire que je suis enchanté, poursuit-il.

Lucide malgré son âge vénérable, le retraité est demeuré très au fait des technologies relatives au domaine des pâtes et papiers. L’œil vif, il a posé de nombreuses questions pendant la visite. Il a aussi jeté un regard nostalgique vers le ventre de la défunte machine #6, éteinte en 2011.

Quand la direction de l’usine a reçu la demande de Roger Malaison, elle y a vu l’opportunité de rendre hommage à l’ancien employé, considéré comme un bâtisseur.

Recevoir un travailleur qui a participé au succès de la division pendant 43 ans, on a pris ça comme une source de motivation, pour nous, à travailler fort pour assurer encore l’avenir de l’entreprise pour plusieurs années, croit Stéphane Deshaies.

Romancier

Trente-deux ans après la retraite, le papier occupe toujours une place de choix dans la vie de Roger Malaison, qui vient de publier un deuxième livre portant sur l’histoire de Kénogami. L’usine tient un rôle clé dans ces chroniques et continuera sans doute d’alimenter l’imaginaire du nonagénaire pendant de nombreuses années.

Un homme tient un livre dans ses mains.

Roger Malaison s'est découvert une passion pour l'écriture.

Photo : Radio-Canada / Mélyssa Gagnon

Saguenay–Lac-St-Jean

Industrie forestière