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3500 victimes d'agression sexuelle traitées chaque année dans les hôpitaux ontariens

La chercheuse en entrevue dans son bureau, devant son ordinateur.

Katherine A. Muldoon est l'auteure principale d'une étude recensant les personnes s'étant présentées dans des hôpitaux ontariens en raison d'agressions sexuelles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une dizaine de victimes d'agression sexuelle se présentent chaque jour dans les hôpitaux de l'Ontario, selon une étude de l'Université d'Ottawa, de l'Hôpital d'Ottawa et de l'Institute of Clinical Evaluative Sciences, qui ont compilé des données de 2002 à 2016.

En explorant plusieurs bases de données des hôpitaux et les codes de facturation des médecins, les chercheurs ont identifié en tout 52 000 cas correspondant aux caractéristiques d'une agression sexuelle.

Les gens viennent à l'hôpital parce qu'ils sont sévèrement blessés ou qu'ils sont prêts à venir s'asseoir à l'urgence et attendre, notamment pour récolter des preuves médico-légales en vue d'une poursuite judiciaire, souligne Katherine A. Muldoon, chercheure à l'Université d'Ottawa et auteure principale de l'étude.

La façon non traditionnelle et fastidieuse de compter des chercheurs aurait permis de trouver des dizaines de milliers de victimes supplémentaires. Certains codes utilisés par le personnel de la santé, par exemple, signalent la présence suspecte d'infections transmises sexuellement chez des enfants.

Il n'y a qu'un code clair, qui s'appelle "agression sexuelle par force physique". Mais il n'est utilisé que dans 25 % des cas et il est réservé généralement que pour les cas extrêmes. Mais il y a une série d'autres codes intéressants, comme les "examens suivant une agression sexuelle alléguée", explique Mme Muldoon.

Environ 90 % des patients recensés sont des femmes. Chez les hommes, ce sont les 0 à 4 ans qui sont le plus souvent victimes d'agressions, suivis par les 5 à 9 ans.

Améliorer l'aide aux victimes

Ces données ne sont pas une surprise pour Melissa Heimerl, directrice du Service aux victimes d'Ottawa. Mais elle croit qu'elles peuvent permettre de mieux allouer les ressources aux victimes.

On veut prendre les chiffres pour montrer au gouvernement nos besoins financiers pour des programmes d'aide, indique Mme Heimerl, qui estime qu'il manque particulièrement de soutien pour les garçons.

Et ces chiffres ne représentent qu'une fraction du nombre total de personnes agressées, puisque la majorité ne se rendrait pas à l'hôpital.

Beaucoup de personnes ne pensent pas à aller à l'hôpital, parce qu'elles n'ont pas de blessures physiques, dit Mme Heimerl, qui a collaboré à l'étude.

La prochaine étape, selon les chercheurs, est de compléter le portrait avec les données de divers organismes communautaires et des corps policiers, qui eux aussi offrent des services aux victimes. Par exemple, entre janvier 2016 et septembre 2017, 13 856 personnes ont dénoncé une agression sexuelle à la police, en Ontario, selon Statistique Canada.

Par ailleurs, ces données ont été récoltées avant l'arrivée du mouvement #MoiAussi, qui a entraîné une hausse des dénonciations des agressions sexuelles au Canada.

Avec les informations de Stéphanie Allard

Ottawa-Gatineau

Santé physique et mentale