•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Renvoyez-la! » : Trump dit désapprouver les « chants racistes » lors d'un rassemblement

Donald Trump s'adresse à la foule venue l'écouter. Plusieurs militants brandissent des pancartes pro-Trump.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a attaqué l'élue démocrate Ilhan Omar lors d'un rassemblement électoral à Greenville, en Caroline du Nord.

Photo : Reuters / Jonathan Drake

Radio-Canada

Des militants de Donald Trump ont scandé « Renvoyez-la! Renvoyez-la! » lors d'un rassemblement en Caroline du Nord mercredi soir, à l'intention d'Ilhan Omar, une fille de réfugiés somaliens élue au Congrès l'an dernier. Le président américain s'en est distancié jeudi, affirmant être intervenu pour calmer le jeu.

Ilhan Omar est l'une des quatre élues visées par des propos du président américain qui leur demandait de « retourner » dans leur pays d'origine si elles étaient insatisfaites des États-Unis.

Dans la foulée d'une série de tweets présidentiels jugés « racistes », Donald Trump a déclaré jeudi qu'il désapprouvait les slogans scandés la veille à son rassemblement de campagne et qu'il avait tenté d'interrompre ces chants.

Cela ne m'a pas plu. Je ne suis pas d'accord avec cela, a-t-il déclaré en invoquant avoir été pris de vitesse par ses partisans.

Mais dans les faits, le locataire de la Maison-Blanche a écouté sans mot dire la foule scander « Renvoyez-la! » à l'évocation d'Ilhan Omar, et il a multiplié les attaques à l’encontre de l’élue démocrate.

Ilhan Omar n’a pas tardé à réagir jeudi en mettant directement en cause la responsabilité de Donald Trump dans ces événements.

Nous avons dit que ce président est raciste et nous l'avons condamné, a-t-elle souligné à la presse en qualifiant le président américain de fasciste.

Je veux rappeler que ce président a transformé notre pays, qui est censé être un pays où l’on permet un débat démocratique.

Ilhan Omar, représentante démocrate du Minnesota

Des lignes de fracture

Depuis près d’une semaine, Donald Trump se livre à des diatribes sur les réseaux sociaux visant quatre femmes démocrates, les accusant de ne pas aimer l'Amérique.

Il s’agit d’Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib, qui sont membres de la Chambre des représentants et qui critiquent la détention de milliers d’immigrés clandestins à la frontière, près du Mexique.

Les premiers tweets présidentiels, qui ciblaient dimanche dernier ces quatre femmes et les invitaient à « retourner » dans leur pays d’origine, avaient suscité un véritable tollé chez les démocrates.

Alexandria Ocasio-Cortez, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib sont toutes nées aux États-Unis. Pour sa part, Ilhan Omar, une réfugiée somalienne, est installée aux États-Unis depuis plus de 20 ans.

Les quatre femmes en conférence de presse.

Les quatre femmes visées par Donald Trump sont, de gauche à droite, Ayanna Pressley, Ilhan Omar, Rashida Tlaib et Alexandria Ocasio-Cortez.

Photo : Reuters / Erin Scott

La Chambre des représentants a adopté mardi une motion condamnant les « commentaires racistes et xénophobes »,  du président Donald Trump.

Une motion appelant à la destitution de Donald Trump a été rejetée mercredi par la Chambre des représentants, majoritairement démocrate. Cet épisode préélectoral montre la division au sein du Parti démocrate au sujet de la destitution du président.

Les républicains se sont quant à eux montrés très prudents dans leurs critiques envers celui qui sera certainement leur candidat en 2020. Seuls quatre élus républicains à la Chambre des représentants ont voté pour le texte concernant la destitution de leur chef.

En alimentant les tensions raciales et idéologiques et en creusant les lignes de fracture qui divisent les États-Unis, Donald Trump semble renoncer à se poser en rassembleur et mise plus que jamais sur la mobilisation de l'électorat blanc.

Trudeau et Tusk condamnent des propos « inacceptables »

Tant le premier ministre Justin Trudeau que le président du Conseil européen Donald Tusk ont condamné les tweets du président américain Donald Trump sur les quatre élues démocrates.

Donald Tusk et Justin Trudeau en point de presse.

Le premier ministre Justin Trudeau et le président du Conseil européen Donald Tusk étaient réunis jeudi dans le cadre du Sommet entre l'Union européenne et le Canada à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

De passage à Montréal à l'occasion du Sommet entre l'Union européenne et le Canada, M. Tusk a fait allusion à la controverse américaine.

Je me sens vraiment chez moi, ici, pour de nombreuses raisons, mais aussi parce qu'à Montréal, je n'ai entendu personne dire : "Renvoyez-le chez lui!", a déclaré M. Tusk, qui termine son mandat au mois de novembre.

Le président du Conseil européen, qui se décrit comme l'un des politiciens les plus pro-Américains d'Europe, a dit qu'il ne voulait pas commenter les politiques internes des États-Unis. Mais certains propos tenus récemment sont « difficiles à comprendre », a-t-il admis, et il a senti le besoin de dire quelque chose.

Parfois, quand on sent qu'il y a quelque chose de complètement inacceptable, il faut réagir, malgré les affaires, malgré les intérêts commerciaux. Pour moi, les valeurs sont beaucoup plus importantes que le libre-échange. Désolé, je suis peut-être vieux jeu.

Donald Tusk, président du Conseil européen

Le premier ministre Trudeau n'a pas visé le président Trump directement, mais s'est contenté de dire que les propos de mercredi soir étaient « blessants et inacceptables ».

Je veux que personne au Canada ne pense que ces propos sont acceptables, parce qu'ils ne le sont pas, a-t-il précisé.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique américaine

International