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Litige canado-australien sur le vin : Ottawa n'écarte pas une entente

Des rangées de bouteilles de vin dans une épicerie.

En 2018, les importations de vin en provenance de l'Australie ont augmenté de 12 %, ce qui en fait le quatrième plus important fournisseur de vin étranger au Canada.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Alors qu'il se retrouve devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à la suite d'une plainte de l'Australie concernant l'accès au marché canadien du vin, dans laquelle le Québec est mis en cause, le Canada ne semble pas écarter le scénario d'une entente afin de dénouer l'impasse.

Le Canada reste déterminé à trouver une solution au différend, a indiqué dans un courriel un porte-parole d'Affaires mondiales Canada, Guillaume Bérubé, tout en prenant soin d'ajouter qu'Ottawa allait continuer de défendre les intérêts de l'industrie vinicole canadienne.

La délégation canadienne, qui compte deux membres québécois dans ses rangs, a participé, jeudi, à une première audience en personne à Genève, en Suisse, devant le groupe spécial du tribunal commercial.

D'autres parties intéressées par le dossier, comme les États-Unis, l'Union européenne, l'Argentine, le Chili et la Nouvelle-Zélande, pourront se faire entendre vendredi.

Ce sont des mesures adoptées par la Colombie-Britannique visant à permettre à ses vignerons d'écouler leurs produits dans les épiceries qui ont motivé l'Australie à déposer une plainte auprès de l'OMC.

Mais au passage, Canberra a décidé de mettre en cause le Québec et sa loi 88, l'Ontario et la Nouvelle-Écosse.

Un possible retour en arrière

Une victoire de l'Australie pourrait signifier un retour en arrière pour les vignerons québécois, qui peuvent, depuis 2016, vendre leurs produits dans les quelque 8000 supermarchés de la province sans transiter par le réseau de la Société des alcools du Québec (SAQ).

Mais même si des responsables de l'OMC ont commencé à entendre les deux parties, le scénario d'une entente est toujours possible.

Ce n'est pas parce qu'on a commencé à défiler devant les membres du groupe spécial qu'on ne pourrait pas avoir d'entente, a souligné Geneviève Dufour, professeure à la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke. À tout moment il peut y avoir une entente.

La preuve, c'est que le gouvernement australien affirmait, en avril dernier, avoir conclu un accord afin que la Colombie-Britannique modifie certaines modalités de l'accès à son marché du vin, ce qui n'a toutefois pas été suffisant pour dénouer l'impasse.

À ce moment, dans un communiqué, le ministère australien du Commerce avait signalé son ouverture à la résolution de ses préoccupations restantes avec le Canada en dehors du processus de l'OMC. Il n'a pas été possible, jeudi, d'obtenir davantage de commentaires.

L'accès au marché canadien

Dans son courriel, M. Bérubé a souligné qu'Ottawa était déçu de voir l'Australie se tourner vers l'OMC, estimant que le vin australien avait déjà « du succès » en territoire canadien.

En 2018, les importations de vin en provenance de l'Australie ont augmenté de 12 %, ce qui en fait le quatrième plus important fournisseur de vin étranger au Canada. Malgré les préoccupations de l'Australie, les vins australiens font très bien sur le marché canadien.

Guillaume Bérubé, Affaires mondiales Canada

Au Québec, selon le rapport annuel de la SAQ pour l'exercice 2018-2019, la part de marché des vins australiens était estimée à 6 %, derrière l'Espagne (9 %), les États-Unis (10 %), l'Italie (24 %) et la France (30 %).

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