•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Passe-temps : apiculteur

Un homme en habit d'apiculteur tient un cadre sur lequel il y a beaucoup d'abeilles.

Alexandre Gardner montre le cadre d'une ruche.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Camille Carpentier

Plonger ses mains dans une ruche remplie de milliers d’abeilles au dard pointu pour y cueillir un précieux nectar a de quoi en repousser plus d’un. D’autres, au contraire, sont fascinés par ces insectes butineurs au comportement unique. Rencontre avec des apprentis apiculteurs qui ont décidé de transformer leur intérêt en loisir.

Dans un champ de sarrasin juché quelque part entre les collines de Saint-Norbert-d’Arthabaska, au Centre-du-Québec, un groupe d’apprentis apiculteurs écoute attentivement les explications d’Alexandre Gardner. D’une main experte, l’enseignant décortique les hausses d’une ruche, ces boîtes où nichent les abeilles. Il en extrait un cadre couvert de centaines d’insectes contrariés de se faire déranger de la sorte par un pluvieux matin de juillet. L’apiculteur donne ses instructions aux 14 élèves : il faudra ajouter des hausses afin d’agrandir les ruches.

Un groupe de participants observe l'intérieur d'une ruche.

Les participants à la formation doivent agrandir la ruche en ajoutant une hausse de bois.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Les participants viennent de loin pour suivre la formation d’initiation à l’apiculture offerte par Alexandre Gardner. Ils habitent la Mauricie, la Beauce, la région de Charlevoix et même le Bas-Saint-Laurent. Si certains songent à lancer leur propre petite entreprise, plusieurs ont choisi de s’intéresser aux abeilles par simple plaisir. C’est le cas de Chantal Parenteau, une résidente de Rivière-du-Loup, dont l’apiculture a piqué la curiosité.

C’est comme un rêve de faire ça. Ça a l’air absolument magique de travailler avec les abeilles.

Chantal Parenteau

Que ce soit un projet de retraite, un passe-temps, un désir d’autosuffisance ou en complément à une production maraîchère, Alexandre Gardner remarque que plusieurs amoureux de la nature trouvent leur compte dans l’apiculture.

Il y a beaucoup de curiosité. L’abeille, ça reste un peu mythique comme insecte, dit le propriétaire de la miellerie Miel Gardner, qui cumule près de 25 ans d’expérience dans le domaine.

Une ruche

Chaque ruche abrite plusieurs milliers d'abeilles.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Le nombre d’apiculteurs est d'ailleurs en constante progression au Québec depuis le début des années 2000. En 2019, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) dénombre au total 1210 propriétaires d’abeilles, alors qu'ils n'étaient que 385 en 2009.

Les petits producteurs, ceux qui ont moins de six ruches, sont largement majoritaires, puisqu'en 2018, l’Institut de la statistique du Québec dénombrait seulement 425 apiculteurs possédant six colonies et plus.

Des participants à la formation observent l'intérieur d'une hausse.

Des participants à la formation observent l'intérieur d'une hausse.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Josée Larocque habite la région de La Malbaie, à plus de trois heures de voiture de Saint-Norbert-d’Arthabaska. Comme Chantal Parenteau, elle a comme objectif d’avoir une douzaine de ruches tout au plus, soit une quantité suffisante pour offrir du miel à ses proches. L’apiculture est un rêve d’enfance qu’elle a choisi comme projet de retraite. Un domaine qui la fascine depuis toujours.

Quand j’ai levé pour la première fois un cadre et que j’ai vu ces abeilles-là, j’étais tellement respectueuse de cette force de la colonie, dit-elle, les yeux pétillants. On est tout petits, on ne connaît rien de ces abeilles-là.

Percer les mystères de l’abeille

L’apiculture n’est pas un passe-temps de tout repos. Ceux qui veulent s’y adonner doivent s’attendre à plusieurs heures d’apprentissage.

Je ne pensais jamais que c’était aussi compliqué!, s’exclame Josée Larocque.

Gestion des ruches, extraction du miel, prévention des maladies, préparation à l’hiver : les tâches de l’apiculteur sont nombreuses et complexes. La formation offerte par Alexandre Gardner est d’une soixantaine d’heures et s’échelonne sur près de 10 mois. Une portion théorique est enseignée dans les locaux de Miel Gardner, et la pratique se fait dans les champs où l’entreprise a installé ses ruches.

Un modèle en plastique montrant l'intérieur d'une abeille.

Les participants à la formation apprennent notamment la biologie de l'abeille.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Le métier est d’autant plus complexe que, depuis quelques années, les apiculteurs québécois sont confrontés à d’importants taux de mortalité de leurs colonies. Pour l’année 2017-2018, le MAPAQ estime à 32 % le taux de mortalité hivernale des abeilles domestiques, la plus forte proportion enregistrée depuis 2009.

C’est un domaine qui amène beaucoup de défis avec les changements climatiques. Les abeilles sont exposées aux pesticides. Dans les régions où il y a de la monoculture, c’est un défi pour l’apiculture, énumère Alexandre Gardner.

Un groupe écoute Alexandre Gardner parler et prend des notes.

Durant la portion théorique de la formation, Alexandre Gardner répond aux questions des apprentis apiculteurs, dont plusieurs possèdent déjà quelques ruches.

Photo : Radio-Canada / Camille Carpentier

Les apprentis apiculteurs ne se laissent pas impressionner pour autant. 

C’est sûr que c’est inquiétant parce qu’on démarre, ça va être notre premier hiver, nos premiers traitements contre certaines problématiques comme le varroa, note Chantal Parenteau, faisant référence à un parasite nocif pour l’abeille. Ça m’inquiète, mais ça fait partie du terrain de jeu.

Avec l’apiculture urbaine qui gagne en popularité et le nombre d’apiculteurs qui ne cesse de croître, Alexandre Gardner n’est pas trop inquiet pour les abeilles du Québec, malgré les défis auxquels fait face ce curieux petit insecte.

Mauricie et Centre du Québec

Agriculture