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La police de Toronto ouvre une enquête interne sur la fuite de Zhebin Cong

Un sergent de police devant un camion de police qui parle devant un pupitre.

Le chef Mark Saunders a demandé l'ouverture d'une enquête interne sur le travail de ses policiers sur la fuite de Zhebin Cong.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La police de Toronto a ouvert une enquête interne sur la façon dont ses agents ont investigué sur la disparition d'un patient de CAMH le 3 juillet. Zhebin Cong n'est jamais retourné au Centre de toxicomanie et de santé mentale comme prévu après une sortie autorisée dans la communauté.

Dans un communiqué, la police de Toronto affirme que l'enquête interne portera sur d'éventuelles failles dans les procédures concernant les personnes portées disparues.

L'objectif consiste selon elle à améliorer les pratiques de recherche en réexaminant la formation des policiers et les communications entre la police et les agences communautaires comme le Centre de toxicomanie et de santé mentale.

Le ressortissant chinois de 47 ans n'est jamais retourné à l'institution comme prévu le 3 juillet après une sortie autorisée dans la communauté. Il a été reconnu non criminellement responsable du meurtre non prémédité d'un chambreur en 2014 à North York à cause de sa schizophrénie. La Commission ontarienne d'examen l'avait placé à CAMH pour qu'il y soit soigné.

Zhebin Cong

Zhebin Cong aurait pris un vol pour s'évader du Canada, selon les policiers.

Photo : Courtoisie / Service de police de Toronto

La police explique qu'elle a reçu le 3 juillet un avertissement de CAMH au sujet d'un individu qui présentait un faible risque pour la sécurité n'était pas rentré à l'institution où il était soigné pour sa schizophrénie. Selon la police, l'institution lui aurait signifié que Zhebin Cong présentait un faible risque par rapport à la sécurité du public.

La police dit qu'elle a alors lancé un avis dans le public avec le signalement du ressortissant chinois pour l'aider dans ses recherches. Elle dit qu'elle a cherché l'individu dans des hôpitaux et des abris de la ville durant 11 jours. Elle dit qu'elle a alors appris le 16 juillet que M. Cong avait été repéré dans un aéroport en train de s'enregistrer à bord d'un vol. 

La police ne cite en aucun cas le nom de l'aéroport ni la compagnie aérienne qu'il a utilisée. L'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto s'était refusée à tout commentaire mercredi à ce sujet.

Bien que l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a le pouvoir d'arrêter aux frontières une personne qui est recherchée en vertu d'un mandat pancanadien pour un délit criminel, le cas de Zhebin Cong est plus complexe, puisqu’il a été reconnu non criminellement responsable. L’homme disparu est donc dans une situation juridique différente.

Zhebin ne purgeant pas une peine, l'ASFC ne pouvait pas agir lors de son passage à l’aéroport, puisque l'infraction d'être en liberté illégale ne s'applique pas.

Des gens font la file à l'aéroport Pearson de Toronto

La police de Toronto refuse de dire si Zhebin Cong a quitté le pays par l'aéroport Pearson.

Photo : La Presse canadienne / Aaron Vincent Elkaim

Le chef Mark Saunders dit qu'il prend l'affaire très au sérieux et qu'il a demandé à ce que l'enquête policière soit reprise du début avec la participation des agences fédérales et d'Interpol.

Nous allons regarder s'il a reçu une assistance, de l'Argent ou un passeport d'un individu qui aurait peut-être facilité son départ du pays, écrit-il. La police compte par ailleurs lancer un mandat d'arrêt national contre Zhebin Cong dans l'éventualité où il retournerait au Canada.

Le maire John Tory a pour sa part demandé que le gouvernement Ford ouvre une enquête indépendante sur toute cette affaire. Il affirme qu'une telle révision permettrait de savoir ce qui s'est passé et que les enquêtes internes de la police et de CAMH sont insuffisantes, même si M. Tory félicite le corps de police et l'institution psychiatrique d'avoir pris de telles initiatives. 

un homme en complet gris devant un microphone

Le maire John Tory croit qu'une enquête indépendante de la province permettra de répondre à toutes les questions du public.

Photo : Radio-Canada / Lyne-Françoise Pelletier

M. Tory explique qu'il faut rassurer le public qu'une telle situation ne se reproduise plus. Il se dit en outre persuadé que la province reconnaîtra les bienfaits d'une enquête indépendante.

Je comprends qu'il existe des inquiétudes en matière de vie privée et des sensibilités au sujet de la maladie mentale, mais il est nécessaire de poser des questions fondamentales pour des raisons de sécurité publique.

John Tory, maire de Toronto

Sur les ondes d'une radio privée de Toronto, le premier ministre Doug Ford avait en matinée qualifié l'individu de dingue, avant de dire qu'il allait s'entretenir à ce sujet avec la police de Toronto, la Commission et CAMH, parce que quelqu'un n'a pas pris ses responsabilités dans cette affaire.

Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto (CAMH)

Centre de toxicomanie et de santé mentale à Toronto (CAMH)

Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry

Il s'est dit dégoûté par l'événement et il a demandé à ce que les fous qui veulent tuer au hachoir la population soient enfermés (NDLR : Cong avait tué sa victime avec un couperet à viande).

Le cabinet de M. Ford a par la suite publié un communiqué dans lequel il affirmait que la situation de M. Cong était troublante et scandaleuse

Le fait est qu'on a jugé qu'un individu qui en a tué un autre avec un hachoir comme ne représentant qu'un faible risque pour la sécurité du public et qu'il vivait depuis deux semaines dans la communauté sans que les citoyens n'en aient été avertis.

Premier ministre de l'Ontario

Le premier ministre s'était mépris sur le sexe de la victime. Il y affirmait qu'il avait le cœur brisé pour la famille de la victime qui doit vivre avec l'idée que l'individu qui a tué leur fille est maintenant en liberté.

Or, la victime de Zhebin Cong est un homme, San Tai Yuan. Un second communiqué de son cabinet avait rectifié le tir par la suite.

Doug Ford en conférence de presse le 10 juillet à Saskatoon.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

M. Ford ajoute que la priorité aurait dû être accordée selon lui à la protection des citoyens qui respectent la loi et des familles. Il se dit néanmoins heureux d'apprendre que CAMH ait revu ses mesures de sécurité à la lumière de cette disparition. 

Il a d'ailleurs salué le dévouement du personnel de l'institution. Notre gouvernement continuera à financer les soins en santé mentale grâce à des fonds de 3,8 milliards de dollars, écrit-il.

Le premier ministre demande néanmoins de connaître les raisons pour lesquelles la police de Toronto a attendu 12 jours entre le moment où elle a reçu l'avertissement de CAMH au sujet de M. Cong et le moment où elle a sollicité l'aide du public avant d'apprendre que le ressortissant chinois avait quitté le pays.

Doug Ford montre par ailleurs du doigt le gouvernement fédéral, en s'interrogeant sur la façon dont Zhebin Cong a pu monter à bord d'un avion et quitter le pays sans difficulté.

Nous allons recevoir des réponses à nos questions pour s'assurer que nos citoyens ont confiance dans notre système de justice et qu'ils sont protégés contre les criminels dangereux, a-t-il conclu.

Toronto

Politique provinciale