•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La seule clinique privée pratiquant des avortements au N.-B. risque de fermer

Une salle dans une clinique d'avortement.

Photo : Radio-Canada

Francis Pilon

La possible fermeture de la Clinique 554, au Nouveau-Brunswick, suscite une levée de boucliers. Une pétition demande au gouvernement Higgs de sauver le seul établissement privé qui pratique des avortements dans la province.

Au Nouveau-Brunswick, les deux hôpitaux de Moncton et celui de Bathurst pratiquent des avortements couverts par l'assurance maladie. Les femmes peuvent aussi se rendre à la Clinique 554, à Fredericton, mais l'opération n'est pas remboursée par le ministère de la Santé.

Plusieurs organismes au Canada déplorent la situation. Ils craignent le pire si la clinique met la clef sous la porte. Plus de 16 000 personnes avaient signé, mardi avant-midi, la pétition qui a été mise en ligne (Nouvelle fenêtre) il y a trois semaines par la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada.

Les signataires demandent au gouvernement de couvrir les frais des avortements pratiqués à la Clinique 554.

Allison Webster devant la clinique 554.

Allison Webster est la conseillère de la Clinique 554.

Photo : Radio-Canada

On ne va jamais refuser une patiente qui veut se faire avorter à la clinique si elle n'a pas d'argent. La clinique va payer pour les gens qui n'ont pas les moyens pour leurs interventions. Et c'est dangereux pour la clinique, parce qu'on n'a pas les moyens de continuer comme ça.

La conseillère à la Clinique 554, Allison Webster

Mme Webster estime que les mois de l'établissement où elle travaille sont comptés, puisque la clinique dépend en bonne partie des dons du public pour sa survie.

Il ne s'agit pas de la première fois qu'une clinique d'avortement est en péril à Fredericton. La clinique Morgentaler a fermé ses portes en 2014, car l'établissement n'avait plus les moyens de réaliser des avortements sans l'aide financière de la province.

Encore moins d'accès

Le Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick s'inquiète de voir l'accès à l'avortement diminuer si la Clinique 554 cesse ses activités.

Une photo de Beth Lyons.

Beth Lyons est présidente du Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick.

Photo : Jacques Poitras/CBC

On enlèverait une des quatre places pour se faire avorter dans la province. C'est couper de 25 % l'accès à l'avortement ici.

La directrice générale du Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick, Beth Lyons

Quand on parle du mouvement pro-choix, ce n'est pas juste une marque. C'est vraiment concentré sur l'idée que les gens devraient avoir le plus de choix possible pour prendre une décision sur leur personne, ajoute-t-elle.

Le gouvernement Trudeau interpellé

La Coalition pour la droit à l'avortement au Canada appelle le fédéral à agir pour éviter la fermeture de la Clinique 554.

Mariane Labrecque dans une salle des nouvelles de Radio-Canada.

Mariane Labrecque est porte-parole de la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada.

Photo : Radio-Canada

C'est pas compliqué, on souhaite que le gouvernement du Nouveau-Brunswick respecte la Loi canadienne sur la santé. Il doit rembourser les services médicaux d'avortement, qu'ils soient offerts en milieu hospitalier ou communautaire.

La Coalition pour le droit à l'avortement au Canada, Mariane Labrecque

Elle assure avoir rencontré le premier ministre Justin Trudeau cette semaine et lui avoir remis un exemplaire de la pétition.

On [demande à] la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, et [au] premier ministre de faire pression sur le gouvernement du Nouveau-Brunswick afin qu'il respecte ce droit-là. Et si ce n'est pas le cas, on demande à ce qu'ils coupent les subventions venant du fédéral, affirme Mme Labrecque.

Le personnel de la Clinique 554 exige de rencontrer le gouvernement Higgs depuis le mois de février, mais ses demandes sont restées sans réponse.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le ministère de la Santé souligne qu'il « a pour pratique de ne pas payer pour des avortements pratiqués dans des cliniques privées ».

Nouveau-Brunswick

Avortement