•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un membre du comité de police juge répréhensible la photo de l'officier et du sans-abri ivre

Des agents de police, regroupés autour d'un banc, prennent en photo l'un d'entre eux avec un homme appuyé sur lui.

Des agents de police ont été surpris au coin de l'avenue Grant et de la rue Stafford, à Winnipeg, alors qu'ils se faisaient photographier avec un sans-abri en état d'ébriété.

Photo : Justin Highway sur Facebook

Radio-Canada

Damon Johnston, qui fait partie de la direction des services de police de Winnipeg, estime que des actions disciplinaires doivent être prises contre le policier qui s'est fait prendre en photo avec un sans-abri en état d'ébriété.

Je trouve que [son comportement] est inacceptable, immature et répréhensible, déclare celui qui est aussi le président du Conseil autochtone de Winnipeg et de la Fondation manitobaine de lutte contre les dépendances.

Vendredi dernier, un passant a pris un cliché d’un policier qui était en train de se faire photographier avec un sans-abri ivre, appuyé sur lui. L’image a créé de violentes réactions sur les réseaux sociaux.

Les dépendances ne sont pas drôles. Si ces individus étaient réellement en train de se moquer de cet homme, c’est bien triste, ajoute Damon Johnston.

La police s’est excusée mercredi.

Lorsque CBC/Radio-Canada a demandé à un porte-parole des services de police quelles pourraient être les sanctions, ce dernier lui a envoyé un lien menant au code d’éthique des services de police.

Une situation « pas surprenante »

Ces dérapages des services de police ont lieu dans le monde entier, selon le professeur en sociologie de l’Université de Brandon Christopher Schneider, qui est aussi l'auteur du livre Policing and Social Media : Social Control in an Era of New Medi. Pourtant, les membres de la police sont censés être des figures d'autorité et de confiance, dit-il.

La situation est extrêmement problématique, mais pas surprenante.

Christopher Schneider, professeur de sociologie à l'Université de Brandon

En 2017, des agents de police australiens avaient pris un égoportrait avec un homme en état d’ébriété dans sa chambre, alors qu’ils le ramenaient chez lui.

Aux États-Unis, l’année précédente, un policier de l’Ohio avait publié une photo d’un couple inconscient après une overdose à l’héroïne dans leur voiture pendant qu'un enfant était sur le siège arrière.

Selon Christopher Schneider, les policiers peuvent être désensibilisés et prendre des photos de scènes d’intervention pour rendre leur travail plus sensationnaliste.

Ces photos, qui circulent sur le web, banalisent la situation et donnent l’impression que ces actes ne sont pas problématiques, selon le professeur.

Le directeur du Centre d'éthique professionnelle et appliquée de l'Université du Manitoba, Neil McArthur, ajoute pour sa part que ces incidents mettent souvent en scène des policiers blancs et des membres de minorités.

Ces personnes vulnérables devraient pouvoir compter sur les agents de la paix pour les aider, mais, à terme, elles perdent confiance en eux, déplore-t-il.

Avec les informations de Marina von Stackelberg

Manitoba

Faits divers