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Le temps a raison de la Cordonnerie LeBlanc, à Shediac

Joe LeBlanc devant un étalage de souliers.

C'est une décision crève-coeur : Joe LeBlanc a décidé de fermer la Cordonnerie LeBlanc Shoe Repair, qui avait 85 ans d'existence.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

Radio-Canada

Le métier de cordonnier est en voie de disparition : peu de gens prennent encore la peine de faire réparer leurs chaussures, une tendance qui a eu raison d’une entreprise familiale de Shediac qui comptait 85 années d’existence.

Joe Leblanc, propriétaire de la Cordonnerie LeBlanc Shoe Repair, a pris la décision de fermer boutique. Il avait suivi les traces de son père dans ce commerce, et avait développé une passion pour le métier.

J’ai toujours vu mon père travailler [...], je pense que la passion, j'ai commencé a avoir ça dans le sang, puis j'ai continué.

Joe LeBlanc coud une pièce de cuir.

Joe LeBlanc a suivi les traces de son père dans la Cordonnerie LeBlanc Shoe Repair.

Photo : Radio-Canada

Enfant, il passait ses journées à la boutique. Après le secondaire, il décide d’y faire carrière, aux côtés de son père. Leur collaboration a duré plus de 40 ans.

Il a fait ça jusqu'en 2007. Il a lâché à l'âge de 88 ans, c'est la maladie qui l'a arrêté et si c'était pas de ça, il serait encore ici en train de coudre aujourd'hui.

Un lieu de rassemblement

Ancrée dans la communauté, l'entreprise familiale est devenue un véritable lieu de rassemblement.

Tous les jours, on a tout le temps eu un groupe qui [venait] ici. Ils parl[aient] de hockey, de la balle, tout ce qui s'[était] passé la journée d'avant. C'[était] discuté ici puis réglé ici.

Joe LeBlanc
Joe LeBlanc discute avec des clients dans sa cordonnerie.

La cordonnerie de M. LeBlanc était un endroit où beaucoup de clients se réunissaient pour socialiser.

Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau

À l'époque, la boutique comptait cinq employés. Après le départ de son père, Joe a travaillé seul, car la demande n'était plus ce qu'elle au début.

Les souliers ont commencé à plus être en plastique, à être en vinyle, de quoi qui ne s'arrangeait plus, ça fait qu'on a commencé à diminuer.

Une diversification nécessaire

Pour assurer la pérennité de son entreprise, il a dû ajouter des cordes à son arc.

Je [réparais] beaucoup de [valises], de portefeuilles de femmes, j'aurais fait des [bâches] de bateaux. J'aiguisais beaucoup [de patins]. Le hockey, par exemple, c'était une période de 5 mois par année qui m'a permis de rester ouvert.

Le cordonnier Joe LeBlanc recolle un talon.

La Cordonnerie LeBlanc est victime du temps qui passe : peu de gens font encore réparer leurs chaussures.

Photo : Radio-Canada

Récemment, Joe LeBlanc a pris la décision difficile de fermer boutique pour aller travailler au service d'incendie de la Ville de Shediac.

Je disais “O.K. papa, donne-moi un signe de quelque chose pour dire que c'est correct que je ferme, que c'est correct que je [veuille] aller quelque part d'autre. Dans une semaine ou deux, quand je ne pourrai plus mettre la clé à la porte et rentrer, ça va me fesser au coeur!

Joe LeBlanc

Il doit maintenant faire ses adieux à un lieu qui a marqué son histoire... et celle de la communauté.

Le social du monde qui venait, ça, ça va me manquer, ça va beaucoup me manquer!

D’après le reportage de Camille Bourdeau

Nouveau-Brunswick

Économie