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Un Floridien se dit fils de l’ancien premier ministre Richard Hatfield

« Tu vois Richard, tu me vois. » John Hall est convaincu d’être le fils de l’ancien premier ministre.

Le défunt premier ministre du Nouveau-Brunswick, Richard Hatfield.

Photo : Radio-Canada / Archives

Radio-Canada

« Je l'aurais toujours aimé comme mon père », affirme John Hall. L’homme de 70 ans de la Floride estime être le fils de l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick Richard Hatfield.

Retraité de l'armée américaine depuis 1989, John Hall est maintenant agent immobilier à temps partiel en Floride.

Orphelin d'origine néo-brunswickoise, sa quête pour retrouver ses parents biologiques l’anime depuis sa tendre jeunesse.

Le portrait d'un homme portant une moustache et un chandail rouge.

John Hall

Photo : Radio-Canada / Richard Agecoutay

Il a reconstitué son histoire et son arbre généalogique en utilisant des documents enregistrés des services post-adoption du Nouveau-Brunswick, son ADN et en sollicitant ses contacts vivant près de Hartland, une petite ville de l'ouest de la province où Richard Hatfield a grandi.

Il est convaincu que son père biologique est l’ancien premier ministre.

Cela fait 18 ans, 20 ans que je recherche. À ce stade, vous devez me prouver que Richard Hatfield n’est pas mon père.

John Hall

Le septuagénaire est persuadé que l’ancien premier ministre Richard Hatfield, à l'époque élève à l'école secondaire de Hartland, en 1948, entretenait une relation amoureuse avec une camarade de classe nommée Izetta Toodie McKeil.

Cette même camarade serait sa mère biologique, du moins c’est ce que lui ont divulgué des travailleurs de Parent Finders New Brunswick, un organisme sans but lucratif spécialisé en recherche de parents biologiques.

Selon John Hall, les deux adolescents de Hartland auraient entretenu une relation amoureuse qui a duré jusqu'à leur mort en 1991, lorsque tous deux ont succombé au cancer, Hatfield à 60 ans et McKeil à 61 ans.

La photo d'un document relatant la vie d'Izetta McKeil.

Le texte du service funèbre d'Izetta «Toodie» McKeil.

Photo : Gracieuseté: Jan van den Breeman

Selon John Hall, cet amour de jeunesse aurait résisté aux épreuves de la vie et à la distance.

La flamme ne les aurait pas quittés jusqu’à leur décès en 1991.

Sur les traces d’une mère célibataire de Hartland

John Hall est né le 16 mai 1949 à la Maternité Évangéline pour mères célibataires et leurs bébés. L'établissement de Saint-Jean était géré à l’époque par l'Armée du Salut.

La photo vieillie d'une femme.

Izetta «Toodie» McKeil a fréquenté la même école que Richard Hatfield.

Photo : Gracieuseté: Jan van den Breeman

Malheureusement, il n'y avait aucune description physique de votre mère biologique dans le dossier ni aucune mention de son éducation, de ses antécédents médicaux, de ses intérêts ou de ses aptitudes, peut-on lire dans une lettre d’Anne Doyle, travailleuse sociale du gouvernement du Nouveau-Brunswick, envoyée à l’orphelin le 3 août 2001.

Les politiques de divulgation post-adoption de l'époque empêchaient l’accès aux informations permettant de connaître l’identité des parents biologiques dans la province. Impossible alors pour les enfants adoptés d’accéder aux noms de leurs parents biologiques ni à des informations compromettant l’anonymat des parents. Depuis le 1er avril 2018, la politique a changé. Les personnes adoptées peuvent obtenir leur dossier d'adoption, mais rien ne garantit que le nom du père y sera inscrit. Il peut avoir été inconnu ou ne pas avoir signé les papiers d'adoption.

Votre père biologique est nommé dans le dossier, mais notre loi ne me permet pas de vous révéler son identité.

Anne Doyle, travailleuse sociale du gouvernement du Nouveau-Brunswick

Malheureusement, aucune autre information n'a été recueillie à son sujet, si ce n'est qu'il venait également du Nouveau-Brunswick et qu'il n'a pas assumé de responsabilité parentale, explique également la travailleuse sociale dans la correspondance.

La recherche se précise

L’absence de preuves ne l’a pas découragé ni rebuté pour autant. Au contraire, une nouvelle information viendra alimenter sa volonté et contribuer à sa quête.

Sur son lit de mort, sa mère adoptive lui a révélé que sa mère biologique vivait dans la région de Waterville au Nouveau-Brunswick et portait le nom de famille McKeil.

Dès lors, il a intensifié ses recherches.

Deux hommes assis dans un restaurant.

John Hall (à gauche) a rencontré son frère Jan van den Breeman pour la première fois en 2012.

Photo : Gracieuseté: Jan van den Breeman

En 2010, John Hall retrouve le fils d’Izetta McKeil, Jan van den Breeman, qui vivait en Ontario.

L’homme consent à passer un test ADN pour déterminer si les deux hommes ont bel et bien la même mère.

Le résultat est positif. Izetta McKeil est la mère biologique de John Hall.

Sachant que leur mère avait mis en adoption un enfant, certains souvenirs qu’avaient les enfants de la défunte mère prirent un autre sens.

Sa fille, Belinda van den Breeman Hoffman, se rappelle que sa mère accordait une attention toute particulière à l'actualité néo-brunswickoise durant les années 1970 et 1980, période lors de laquelle Richard Hatfield était premier ministre.

Chaque fois qu'elle le voyait à la télé, elle disait : "Oh, voilà Dickie. Voilà Dickie. C'est un gros bonnet. C'est un gros bonnet maintenant."

Belinda van den Hoffman, fille d'Izetta McKeil

Une image vaut 1000 mots : « Tu vois Richard, tu me vois »

Ce n’est pas seulement John Hall qui est convaincu que l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick est son père, sa fille également.

Janet May, la fille de 48 ans de John Hall, se dit certaine à 90 % que Richard Hatfield est son grand-père biologique.

Pour elle, la ressemblance entre les deux hommes est aussi indéniable que révélatrice. Elle raconte qu’un jour, elle a montré une photographie de l’ancien premier ministre à sa mère, qui a été mariée à John Hall pendant plus de 20 ans.

Un collage de deux photos avec les visages de trois personnes.

La fille de John Hall, Janet, à gauche, a été frappée par sa ressemblance avec Richard Hatfield.

Photo : Gracieuseté: John Hall/Ancestry.com

Elle m'a dit : "Jan, pourquoi m'envoies-tu des photos de ton père. Je sais à quoi ressemble ton père. Pourquoi m'envoies-tu ça?"

Non, maman, regarde la date sur le côté de la photo, avril 1968. Papa n'aurait eu que 19 ans cette année-là. L'homme sur cette photo est dans la quarantaine. C'est Richard Hatfield, a-t-elle répondu.

Cette comparaison entre les deux photos a été un point tournant dans les recherches de John Hall.

Regardez les photos. Tu vois Richard, tu me vois.

John Hall

Nostalgique, M. Hall confie que son plus grand regret est de ne jamais avoir eu la chance de rencontrer ceux qu'il considère comme ses parents biologiques avant leur décès.

Une image d'archive de Richard Hatfield

Richard Hatfield a été premier ministre du Nouveau-Brunswick pendant 17 ans.

Photo : Radio-Canada

L’orphelin raconte qu’il tient en haute estime Richard Hatfield, après toutes les recherches et lectures qu'il a faites.

À ses yeux, l'ancien dirigeant était un visionnaire et un avant-gardiste.

Avec les informations de Rachel Cave, CBC

Nouveau-Brunswick

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