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Washington déclare avoir abattu un drone iranien dans le détroit d'Ormuz

Des hommes travaillent à bord d'un navire.

Un marine américain à bord de l'USS Boxer, dans la mer d'Oman, le 16 juillet 2019

Photo : Reuters / Ahmed Jadallah

Radio-Canada

Donald Trump a déclaré jeudi qu'un navire de la marine américaine avait « détruit » un drone iranien dans le détroit d'Ormuz, après que l'aéronef eut « menacé le navire » en s'approchant, selon Washington.

C'est le président américain lui-même qui a annoncé que les États-Unis avaient abattu cet appareil iranien, qui s'était approché dangereusement d'un navire américain et avait ignoré de multiples appels à s'éloigner.

Selon lui, le drone iranien était à moins de 1000 mètres du navire amphibie USS Boxer, qui a alors entrepris « une action de défense ». « Le drone a été détruit immédiatement », a ajouté le locataire de la Maison-Blanche.

Une information qui a rapidement été démentie par Téhéran. Interrogé peu après cette annonce, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a affirmé n'avoir eu « aucune information sur la perte d'un drone ».

Vendredi matin, Téhéran a répété essentiellement le même message, affirmant que les États-Unis ont pu abattre « un de leurs propres » drones au-dessus du détroit d'Ormuz. C'est ce qu'a affirmé sur Twitter le ministre iranien des Affaires étrangères adjoint, Abbas Araghchi.

Téhéran propose de signer le protocole additionnel » de l'AIEA

L'Iran a proposé jeudi de ratifier un document prévoyant des inspections plus strictes de ses installations nucléaires, à condition que les États-Unis renoncent à leurs sanctions économiques, rapporte le journal britannique The Guardian, citant le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

Donald Trump a qualifié l'approche de ce drone comme étant « la dernière de nombreuses actions provocatrices et hostiles de l'Iran contre des navires opérant dans les eaux internationales ».

Les États-Unis se réservent le droit de défendre leur personnel, leurs équipements et leurs intérêts, et appellent toutes les nations à condamner les tentatives de l'Iran pour perturber la liberté de navigation et le commerce international, a-t-il poursuivi.

J'appelle aussi les autres pays à protéger leurs navires qui franchissent le détroit et à coopérer avec nous à l'avenir.

Donald Trump

Un porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, a précisé que l'incident était survenu à 10 heures (locales), alors que l'USS Boxer s'apprêtait à pénétrer dans le détroit d'Ormuz.

L'Iran avait abattu le 20 juin un drone américain qui se trouvait, selon Téhéran, dans son espace aérien.

Donald Trump avait affirmé deux jours plus tard avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l'Iran pour éviter un lourd bilan en pertes humaines, tout en maintenant ses menaces de représailles contre Téhéran.

L'Iran détiendrait un pétrolier étranger

Selon des informations rapportées plus tôt jeudi par la télévision publique iranienne, mais non corroborées, l'Iran détiendrait un pétrolier étranger. Il s'agirait d'un navire-citerne qui aurait été remorqué dimanche, au sud de l'île iranienne de Lark, dans le nord du détroit d'Ormuz, après avoir lancé un appel de détresse.

Des soldats iraniens sont dans un hors-bord surmonté d'un drapeau iranien. Un pétrolier navigue en arrière-plan.

Des soldats iraniens naviguent dans le détroit d'Ormuz à l'occasion de la fête nationale du golfe Persique, le 30 avril dernier.

Photo : Getty Images / AFP/ATTA KENARE

Les autorités iraniennes auraient découvert par la suite que le pétrolier, dont le nom n'a pas été divulgué, transportait un million de litres de carburant de contrebande à destination de l'île, ce qui aurait entraîné sa saisie.

Ce navire, que l'Iran avait remorqué jusque dans ses eaux territoriales après avoir reçu un appel de détresse, a ensuite été saisi, la justice ayant établi qu'il transportait du carburant de contrebande.

Extrait de la déclaration des Gardiens de la révolution lue à la télévision publique iranienne

Ce bateau d'une capacité de deux millions de barils et avec 12 membres d'équipage à bord avait mis le cap pour livrer du carburant de contrebande [chargé à partir] de bateaux iraniens lorsqu'il a été intercepté par la force navale des Gardiens de la révolution, précise leur site officiel, Sepah News.

Le département d'État américain a déclaré que l'Iran devait immédiatement restituer le navire et libérer son équipage.

Les États-Unis condamnent la poursuite du harcèlement des navires et l'ingérence dans la libre circulation par le détroit d'Ormuz, a commenté une porte-parole.

Impact sur les marchés du pétrole

Les prix des contrats à terme sur le pétrole brut lourd ont grimpé en raison de ce développement. Le prix d'un baril de Brent a grimpé de 0,7 %, celui d'un baril de West Texas Intermediate de 0,6 %.

Mardi, le ministère iranien des Affaires étrangères avait annoncé que la marine de la République islamique avait porté assistance dans le Golfe à « un pétrolier étranger ayant rencontré un problème technique ».

Plus tôt ce jour-là, l'organisation TankerTrackers, spécialisée dans le suivi des chargements de pétrole, a indiqué qu'un pétrolier battant pavillon panaméen, le Riah, était entré dans les eaux iraniennes le 14 juillet.

Selon elle, le signal du système automatique d'identification du pétrolier, qui fait des allers-retours dans le détroit d'Ormuz pour ravitailler d'autres navires, s'était interrompu à ce moment.

La dernière position connue du Riah était dans le détroit d'Ormuz, au large de l'île de Qeshm.

Garantir la « liberté de navigation »

Après avoir rapidement indiqué qu'il cherchait à obtenir plus d'informations sur cette affaire, le gouvernement du Royaume-Uni a dit croire que le pétrolier n'était pas lié à des intérêts britanniques.

Téhéran a menacé au début du mois de juillet de saisir un pétrolier britannique en représailles à l'arraisonnement par la marine britannique d'un pétrolier iranien au large de Gibraltar.

Londres affirme que ce navire-citerne, le Grace 1, transportait deux millions de litres de pétrole destinés à la Syrie, en violation d'un embargo décrété par l'Union européenne.

La semaine dernière, le gouvernement britannique a accusé l'Iran d'avoir tenté d'empêcher le passage d'un pétrolier britannique dans le détroit d'Ormuz, et a affirmé qu'un de ses navires de guerre a dû intervenir. Téhéran a nié l'information.

Après cette affaire, Londres a renforcé sa présence militaire dans le golfe Persique, afin d'y garantir la liberté de navigation.

Washington, qui a aussi augmenté ses effectifs militaires dans le Golfe ce printemps, compte former une coalition militaire pour parvenir à cette fin.

Nous travaillons de manière acharnée avec nos partenaires internationaux pour trouver une solution qui permettra de rétablir le libre passage du pétrole et des autres marchandises dans les zones sensibles de la région.

Kenneth Franklin McKenzie, chef du Commandement central américain

Les tensions dans la région s'intensifient depuis que les États-Unis se sont retirés, en mai 2018, de l'accord nucléaire signé entre l'Iran et les grandes puissances en 2015.

Il y a quelques semaines, des attaques d'origine inconnue contre des pétroliers, imputées à l'Iran par les États-Unis et l'Arabie saoudite, et la destruction d'un drone américain par l'Iran, ont failli engendrer une riposte militaire américaine.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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