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Les compressions budgétaires suscitent une onde de choc à l'Université de l'Alaska

Enseigne en béton situé sur un terrain boisé.

L'Université de l'Alaska compte près de 6000 employés, dans trois établissements situés à Fairbanks, à Anchorage et à Juneau, et 19 campus répartis dans l'État.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Claudiane Samson

La communauté scientifique s’inquiète des répercussions possibles des compressions budgétaires de l’Université de l’Alaska sur la recherche dans l’Arctique.

Le budget proposé par le gouverneur Mike Dunleavy prévoit des compressions budgétaires de 400 millions de dollars pour l’ensemble de l’Alaska, qui compte 736 000 habitants.

Ces compressions permettront de verser aux habitants leur paiement annuel du fonds permanent qui distribue une portion des revenus générés par le gaz et le pétrole depuis 1982.

Cette année, les paiements proposés par le budget atteindraient 3000 $ américains par habitant.

Pour financer ces paiements, le budget impose les pires compressions de l’histoire dans une série de services publics, dont les soins de santé, les soins dentaires et l’Université de l’Alaska.

L’établissement postsecondaire subit une réduction possible de 135 millions de dollars de son budget, soit plus de 40 %.

« C’est un coup dur »

L’Arctic Institute of North America, de l’Université de Calgary, qui possède une base de recherche près du lac Kluane, au Yukon, collabore avec l’Université de l’Alaska dans de nombreux projets scientifiques dans l’Arctique, notamment sur le bruit sous-marin et les changements subis par la cryosphère.

La directrice de l’établissement et ancienne enseignante de l’Université de l’Alaska à Fairbanks, Maribeth Murray, a du mal à contenir sa déception. L’Université possède, selon elle, le plus important programme de recherche arctique des États-Unis.

C’est déplorable tant pour ceux qui y travaillent que pour les étudiants et l’État en entier. C’est regrettable et cela démontre une vision à court terme. L’Université a toujours été un moteur économique important en Alaska.

Maribeth Murray, directrice de l'Arctic Institute of North America
Un homme marche vers des bâtiments devant un paysage de montagnes.

La station de recherche du lac Kluane, gérée par l'Arctic Institute of North America, accueille des scientifiques de nombreux établissements universitaires.

Photo : Radio-Canada / Cheryl Kawaja

« Un monde à l’envers »

Pour le Québécois Jean-Philippe Landry, un employé du campus principal de Fairbanks depuis trois ans, la situation semble invraisemblable.

C’est le monde à l’envers [quand] un État comme l’Alaska, dont l’université est le quatrième employeur, [propose une compression] budgétaire qui représente le quart de notre budget total. C’est complètement aberrant. On ne comprend pas vraiment pourquoi.

Jean-Philippe Landry, employé de l'Université de l'Alaska

Des options difficiles

La vice-présidente associée aux Affaires publiques de l’Université de l’Alaska, Roberta Graham, affirme que l’établissement vivra une période d'incertitude.

« Il s’agit d’une période de grande incertitude et il y a encore de nombreuses questions. Les gens sont anxieux et nerveux à propos de l’issue possible, mais il ne s’agit pas des premières compressions budgétaires que connaît l'Université. Nous connaissons bien le processus, aussi effrayant ou incertain soit-il. »

En quatre ans, l’établissement a déjà perdu près de 1300 employés. Les compressions proposées pourraient entraîner jusqu’à 2000 licenciements supplémentaires.

Il s’agit de la plus importante compression budgétaire [imposée à l'Université], du jamais vu.

Roberta Graham, vice-présidente associée aux Affaires publiques

Le conseil d’administration de l’Université de l’Alaska devait choisir lundi dernier les mesures à adopter, mais le vote a été reporté au 30 juillet.

Trois options sont à l’étude : imposer une portion des compressions à chacun des campus, éliminer un ou plusieurs campus, ou consolider l’Université et répartir les cours entre les différents campus.

Tractations politiques à plein régime

En entrevue sur les ondes de CBC, le journaliste parlementaire de l'Anchorage Daily News, James Brooks, affirme que les négociations se poursuivent pour tenter de trouver un compromis qui permettrait d'atténuer les compressions.

Les élus de l’Assemblée législative n'ont pas réussi, vendredi, à renverser les mesures proposées dans le budget du gouverneur, mais d'autres discussions se poursuivent.

Certains souhaitent, entre autres, trouver le moyen de démettre le gouverneur Mike Dunleavy de ses fonctions.

Le recours pour le démettre de ses fonctions exige deux pétitions différentes. Il faut 21 000 signatures pour entamer le processus puis les avocats révisent la validité de cette pétition. [...] La deuxième pétition doit comporter plus de 70 000 signatures.

James Brooks, journaliste parlementaire, « Anchorage Daily News »

Une autre option discutée, selon le journaliste, serait de diminuer le paiement des dividendes du fonds permanent à un montant identique aux derniers en échange de compressions budgétaires globales réduites.

Grand-Nord

Éducation