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Grutiers : les travailleurs de la construction craignent pour leur sécurité

La cabine d'une grue.

Les travailleurs de la construction craignent pour leur sécurité, car ils jugent la formation des grutiers et les règles désormais en vigueur inadéquates.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Des représentants des syndicats de nombreux corps de métiers de la construction ont dénoncé, mercredi, la décision du ministre du Travail Jean Boulet concernant la formation des grutiers qu'ils jugent inadéquate. Selon eux, les règles désormais en vigueur mettraient en danger la sécurité de tous les travailleurs de chantier.

Au début du mois, le 4 juillet, les grutiers eux-mêmes avaient dénoncé la décision du ministre du Travail. Ils souhaitaient un retour de l'obtention obligatoire du diplôme d'études professionnelles pour manoeuvrer une grue.

Des modifications au programme de formation des grutiers par la Commission de la construction du Québec, réduisant le nombre d'heures de formation nécessaires, avaient entraîné une grève illégale des grutiers, paralysant l'ensemble des chantiers de construction du Québec, en juin 2018.

À la suite de la publication du rapport d'un comité d'experts, mis sur pied après la grève illégale, le ministre Boulet a fait part de sa décision finale, soit que les futurs grutiers devraient suivre un programme de formation préparatoire de 120 heures, avant de poursuivre leur formation en entreprise.

Il s'agit tout de même d'une importante diminution du temps d'apprentissage alloué aux apprentis, puisque ceux-ci devaient auparavant suivre une formation de 870 heures pour décrocher un diplôme d'études professionnelles avant de se retrouver sur un chantier.

Prévenir des accidents

Mercredi matin, des leaders syndicaux représentant des électriciens, des manœuvres, des opérateurs de machinerie lourde et plusieurs autres métiers pour un total de 70 000 travailleurs ont dénoncé cette décision du ministre.

François Patry, président de la Fraternité nationale des charpentiers-menuisiers, rappelle que la formation obligatoire de 870 heures avait été mise en place dans les années 1990 pour réduire le nombre élevé d'accidents relativement à des grues sur les chantiers.

Cette mesure-là a eu des résultats parce qu'on a eu une baisse de 66 % des accidents reliés aux grues, affirme-t-il en soulignant que l'industrie de la construction présente encore un bilan désastreux en matière d'accidents de travail.

On représente 5 % de la main-d'oeuvre, mais on a 25 % des décès de travailleurs chaque année, observe-t-il en déplorant la plus grande importance des impératifs de production et de profits par rapport à la prévention sur les chantiers.

François Patry est en colère contre la nouvelle voie de formation, puisque ce sont ses membres et collègues qui risquent d'en subir les conséquences, selon lui.

Ce ne sont pas les grutiers qui sont en danger quand la grue brise ou qu'il y a une mauvaise manœuvre, ce sont les travailleurs qui sont en bas, sur le plancher, s'insurge le porte-parole syndical.

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