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Des plantes exotiques envahissantes se propagent en Gaspésie

Deux personnes observent des plantes

Michel Chouinard et Catherine Dutil, employés du Conseil de l'eau Gaspésie-Sud, ont localisé un important foyer de propagation de renouée du Japon (hautes feuilles à droite) et de gaillet mollugine (fleurs blanches) à Escuminac.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Isabelle Larose

Les plantes exotiques envahissantes gagnent du terrain en Gaspésie. C'est le constat que fait le Conseil de l'eau Gaspésie-Sud qui repère actuellement les sites de propagation, en collaboration avec l'Union des producteurs agricoles.

Depuis quelques semaines, des employés du Conseil de l’eau Gaspésie-Sud sillonnent le territoire des MRC Avignon, Bonaventure et du Rocher-Percé pour documenter et cartographier la présence de plantes envahissantes, principalement en territoire agricole.

On remarque, de plus en plus, un envahissement de certaines plantes en Gaspésie, note le chargé de projet, Michel Chouinard.

Un oiseau perché sur des plants de phragmite exotique.

À Bonaventure, Newport et Nouvelle, le Conseil de l'eau Gaspésie-Sud a observé la présence importante de roseau commun (phragmite), une plante qui a déjà gagné beaucoup de terrain dans le sud de la province.

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

D'importants foyers de propagation de renouée du Japon, de phragmite et de gaillet mollugine ont, entre autres, été localisés sur le territoire couvert par le Conseil de l'eau Gaspésie-Sud, soit de Nouvelle à Percé.

Deux personnes à côté d'un gros arbuste de renouée du Japon

À Escuminac, des employés du Conseil de l'eau Gaspésie-Sud documentent un foyer de propagation de renouée du Japon, un type de bambou qui peut atteindre 3 mètres de haut.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Espèces envahissantes observées et lieux de propagation importants

  • Roseau commun (phragmite) : Bonaventure, Nouvelle, Newport
  • Berce spondyle : Saint-Alexis-de-Matapédia et Saint-François-d'Assise (au Bas-Saint-Laurent, forte présence dans la MRC de La Matapédia)
  • Renouée du Japon : Escuminac, Shigawake, Port-Daniel―Gascons
  • Gaillet mollugine : plusieurs foyers de propagation entre Ristigouche-Partie-Sud-Est et New Richmond
  • Sanguisorbe : Percé
  • Berce du Caucase : aucune observation

La bête noire des agriculteurs

Le gaillet mollugine s’impose de plus en plus sur le territoire agricole de la région de la Baie-des-Chaleurs.

C’est une espèce qu’on ne voyait pas nulle part il y a une quarantaine d’années, souligne Michel Chouinard, mais elle est devenue omniprésente.

Un champ envahi par le gaillet mollugine

Le gaillet mollugine, reconnaissable par ses fleurs blanches, a complètement envahi ce champ d'Escuminac.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Le directeur régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Guy Gallant, confirme que la plante menace les rendements de certains agriculteurs : C’est sûr qu’il y a un impact économique. Ces plantes-là sont très agressives par rapport aux plantes indigènes.

Elles se multiplient très rapidement, entrent en compétition avec les plantes que l’on sème, mais elles n’ont aucune valeur agronomique pour les animaux.

Guy Gallant, directeur régional de l'UPA

C'est d'ailleurs le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec qui finance les travaux de repérage via une subvention de plus de 4000 $ du programme Prime Vert.

La berce spondyle : une menace sur Les Plateaux

Le chargé de projet du Conseil de l’eau Gaspésie-Sud, Michel Chouinard, estime qu’il faut tirer la sonnette d’alarme concernant l'avancée de la berce spondyle vers la Gaspésie. Cette plante, semblable à la berce du Caucase, peut causer des lésions corporelles lorsque sa sève entre en contact avec la peau exposée au soleil.

Une main tient une fleur

La berce spondyle est une plante ombellifère, semblable à la berce du Caucase.

Photo : Courtoisie : Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche

La plante, qui cause déjà bien des maux de tête sur le territoire de la MRC de La Matapédia, se trouve maintenant sur le territoire de Saint-Alexis-de-Matapédia et Saint-François-d'Assise.

Carte géographique de la propagation de la Berce Spondyle.

La berce spondyle est bien installée dans la Vallée de la Matapédia. Elle s'est également propagée dans les MRC de La Matanie, de La Mitis et d'Avignon.

Photo : Radio-Canada

À Saint-Alexis, explique Michel Chouinard, en l’espace d’une année, ça a vraiment proliféré. À notre grande surprise, ça a pris le bois! C'est rentré dans un boisé avec une végétation très dense. Ça s’est implanté de façon très importante, aussi dans les pelouses environnantes.

Des matelas sur le sol entourés de feuilles

Certains résidents de Saint-Alexis-de-Matapédia tentent de limiter la propagation de la berce sphondyle (les feuilles à droite) sur leur propriété en installant des matelas.

Photo : Michel Chouinard

Des petits plants repoussent un peu partout, poursuit M. Chouinard, ce qui fait en sorte que certains résidents de Saint-Alexis ne peuvent plus marcher sur leur pelouse, surtout pas pieds nus à cause des risques de brûlure. C’est un gros problème.

C'est l’Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche (OBVMR) qui est responsable du territoire des Plateaux. L'OBVMR multiplie les actions pour contrer la berce sphondyle, mais les ressources sont limitées.

Zone où la berce spondyle prolifère à Amqui

La berce spondyle a déjà envahi les municipalités d'Amqui, de Lac-au-Saumon, de Val-Brillant et de Sayabec.

Photo : Radio-Canada

Mesures d’éradication à venir?

Au terme du travail de repérage, le Conseil de l’eau Gaspésie-Sud va émettre des recommandations concernant la lutte aux espèces exotiques envahissantes sur son territoire.

Dans certains cas, des programmes d’éradication seraient pertinents, confirme déjà Michel Chouinard, en ajoutant qu’il est déjà trop tard pour certaines espèces comme le gaillet mollugine.

La meilleure lutte, c’est d’intervenir avant que les plantes envahissantes s’établissent.

Michel Chouinard, chargé de projet au Conseil de l'eau Gaspésie-Sud

La renouée du Japon a un système racinaire de trois mètres de profondeur. Même avec des pelles mécaniques, c’est difficile d’avoir le dessus, illustre M. Chouinard.

De son côté, l'OBVMR a déjà testé plusieurs techniques d'éradication de la berce spondyle sur son territoire et développé des outils pour venir en aide aux municipalités et aux citoyens touchés.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Faune et flore