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L'été s'annonce moins catastrophique pour les producteurs de foin

Des ballots de foin dans un grand champ.

Après des années difficiles pour la récolte des foins, l'été 2019 s'annonce plus encourageant.

Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Laurence Gallant

Après quelques années difficiles pour la culture de foin dans l'Est-du-Québec, les producteurs connaissent somme toute cette année une première récolte encourageante, bien que les rendements soient très variables d'un endroit à l'autre.

Bien que la récolte de foin ait commencé cette année d’une à deux semaines plus tard que les étés derniers, certains producteurs disent connaître un bon début de saison, comparativement aux dernières années qui ont causé bien des maux de tête aux agriculteurs.

À Saint-Valérien, près de Rimouski, le propriétaire de la ferme Valépierre, Ghislain Saint-Pierre, explique que les cultures des environs ont eu droit à un bon ratio entre beau temps et précipitations, en plus d’un hiver sans pluie ni verglas dévastateur. Ces conditions lui ont permis de souffler un peu et d'espérer une meilleure saison.

Ghislain Saint-Pierre estime qu'il aura du foin à vendre si le besoin se fait sentir dans d'autres secteurs du Bas-Saint-Laurent ou ailleurs dans la province.

C'est une année qu'on ne pourra pas dire au-dessus de la normale, mais c'est une bonne année. Si on se compare à l'année passée et il y a deux ans, on a comblé nos besoins amplement. En tout cas, on est bien satisfaits, affirme celui qui cultive des fourrages sur près de 150 hectares.

L'année a commencé tard, la neige a fondu tard et on a commencé à faucher un petit peu plus tard, mais les rendements sont là.

Ghislain Saint-Pierre, propriétaire de la ferme Valépierre
Une moissonneuse verte coupe du foin et soulève un nuage de poussière.

Certains secteurs en Gaspésie doivent toutefois composer avec des pertes d’environ 50 %. (archives)

Photo : Radio-Canada / Dave Gilson

La Financière agricole se dit très satisfaite de la première récolte, malgré ce retard occasionné notamment par une lente fonte des neiges ce printemps.

Autant pour nous que pour les producteurs, cette année, on connaît une excellente année.

Jean Ruest, directeur régional de la Financière agricole

Les échos qu'on entend des producteurs, c'est que les rendements sont dans leur normale, et même supérieurs. Par contre, on vit ça depuis un certain nombre d'années, il y a des conditions qui sont très localisées : on a des producteurs qui nous disent "ça va bien, on a du rendement", il y a d'autres producteurs que c'est un petit peu plus dans la moyenne, observe le directeur régional de la Financière agricole, Jean Ruest.

Le secteur de Chandler, par exemple, a reçu beaucoup moins d'eau que le Bas-Saint-Laurent, ce qui a affecté la production de foin, indique Jean Ruest.

Jean Ruest, directeur régional de la Financière agricole à Rimouski

Jean Ruest, directeur régional de la Financière agricole à Rimouski

Photo : Radio-Canada / Laurence Gallant

Certains endroits en Gaspésie doivent composer avec des pertes d’environ 50 % : c’est des secteurs très localisés, on n'a quasiment pas de producteurs. Mais par contre, le peu de producteurs qui est là, c’est quand même un impact, 50 % de pertes.

L’urgence de faucher

Ce qui a pu également avoir un effet sur les variations de rendements cette année, c'est que des producteurs de foin ont décidé de faucher plus tôt, comme leurs réserves étaient vides et que les animaux devaient être nourris.

Qui dit faucher hâtivement dit composer avec des rendements plus faibles. Ce sont des répercussions de la sécheresse et des conditions difficiles des deux derniers étés.

Gilbert Marquis, président régional de l'Union des producteurs agricoles, indique des producteurs ont dû encore acheter beaucoup de foin ce printemps.

Normalement, on fait du foin, on engrange ça ou on fait des boudins pour l’ensilage, on met ça dans les silos, on attend la fermentation et ainsi de suite, mais là, c’était couper dans le champ et donner aux animaux tout de suite, relate M. Marquis.

Il n’y avait plus de réserves [pour] plusieurs plusieurs producteurs agricoles

Gilbert Marquis, président régional de l'Union des producteurs agricoles
Gilbert Marquis est sur une ferme.

Gilbert Marquis est président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Ariane Perron-Langlois

Seulement pour les producteurs du Bas-Saint-Laurent, la Financière agricole estime les indemnités versées en 2018 à 21,5 millions de dollars et à 6,7 millions de dollars en 2017.

En comparaison, 1,4 million de dollars avaient été versés entre 2014 et 2016.

Météo très variable d'un kilomètre à l'autre

Selon la Financière agricole, les variations des précipitations sont de plus en plus localisées au fil des ans, comme dans la Baie-des-Chaleurs ou dans le Témiscouata, ce qui complexifierait le travail des assureurs qui se basent sur les 27 stations météo dispersées au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.

Pour une même station météo, à un endroit il peut y avoir des précipitations, de la chaleur, on se déplace deux kilomètres plus loin, ils n’ont pas eu de précipitations.

Jean Ruest, directeur régional de la Financière agricole

Nous, on mesure ça sur les précipitations reçues vis-à-vis de la station météo, donc des fois ça vient jouer, mais encore là, on fait des ajustements en se basant sur les stations météo environnantes. On vient faire des moyennes, explique le directeur régional, Jean Ruest.

Le retard enregistré en début de saison pourrait mettre en péril la possibilité d'une troisième fauche de foin, mais la situation sera à réévaluer un peu plus tard cet été.

Bas-Saint-Laurent

Agriculture