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Cryptomonnaie Libra : le G7 met des bâtons dans les roues de Facebook

Des autocollants montrant le logo de Facebook sur un fond bleu.

Facebook a présenté son projet de « cryptomonnaie stable » Libra à la mi-juin.

Photo : Reuters / Stephen Lam

Reuters

Les ministres des Finances du G7 ont jeté une ombre mercredi sur l'avenir du projet de « cryptomonnaie stable » Libra de Facebook en prévenant que cet instrument ne pourrait être lancé tant qu'un cadre réglementaire ad hoc n'aurait pas été défini.

Réunis à Chantilly, au nord de Paris, les ministres des Finances et les banquiers centraux des sept pays les plus riches de la planète (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont également discuté de la taxation des géants du numérique.

Un mois après la présentation du projet Libra par le groupe de Mark Zuckerberg, les participants ont exprimé les « inquiétudes très fortes » que ce projet suscite pour eux, sur le plan tant technique que politique, a déclaré le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, aux médias, à l'issue de la première journée de discussions.

Outre ces réserves, le ministre a fait état de convergences de vues sur la nécessité d'agir très rapidement pour adapter le cadre réglementaire, tout en reconnaissant que des progrès doivent encore être faits sur les systèmes de paiement actuels.

Aujourd'hui, je le dis très clairement, les conditions ne sont pas réunies pour que cette monnaie Libra telle qu'elle a été proposée par Facebook puisse être en fonction.

Le ministre Français de l'Économie et des Finances, Bruno Le<span class="nbsp"></span>Maire, à l'ouverture du G7 Finances

Depuis la présentation de cette initiative à la mi-juin, régulateurs, banquiers centraux et gouvernements à travers le monde ont fait part de leurs réserves, évoquant notamment les risques en matière de lutte contre le blanchiment, de protection des données ou de sécurité des transactions.

Mais les responsables politiques craignent également de voir des géants du numérique disposant d'une capitalisation parfois supérieure à la richesse de certains pays empiéter sur les prérogatives des États, une inquiétude qui s'est accentuée depuis la présentation du projet Libra.

Diagnostic partagé sur Libra

Cet « instrument d'échange » qui ne saurait disposer des mêmes attributs qu'une monnaie souveraine aux yeux de Bruno Le Maire, serait en effet susceptible d'avoir une incidence systémique, à la mesure des 2,38 milliards d'utilisateurs de Facebook.

La France, qui assure cette année la présidence du G7, a chargé Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne, de superviser un groupe de travail sur l'encadrement des « cryptomonnaies stables ». Il a présenté dans l'après-midi un rapport préliminaire sur la question, dont un résumé sera rendu public jeudi. Les travaux à ce sujet se poursuivront dans les prochains mois.

Plus largement, au-delà du projet Libra, les participants au G7 Finances ont discuté de la mise en place d'une imposition minimale des sociétés afin de lutter contre l'évasion et l'optimisation fiscales, ainsi que de la taxation des géants du numérique, sujet à l'origine de tensions entre Paris et Washington ces derniers jours.

La taxation du numérique toujours en suspens

Si les discussions ont globalement été « fructueuses et constructives », Bruno Le Maire a observé que les négociations restaient « compliquées » sur le volet de la taxation du numérique.

Le ministre français avait fait part de ses ambitions dès l'ouverture du sommet ce mercredi, en qualifiant de « décisif » un accord à l'issue des rencontres à Chantilly.

Si nous ne trouvons pas d'accord au niveau du G7 sur les grands principes de la taxation du numérique aujourd'hui ou demain, très franchement, ça sera compliqué de trouver un accord entre les 129 pays membres de l'OCDE.

Bruno Le Maire, ministre français de l'Économie et des Finances

Le G7 Finances, dernière réunion ministérielle de la présidence française avant le sommet des chefs d'État prévu à la fin d'août à Biarritz, intervient une semaine après que les États-Unis ont menacé la France de représailles commerciales juste avant le vote définitif d'une taxe nationale sur les géants du numérique.

Entrevue avec la professeure Annick Provencher de l'Université de Montréal à l'émission RDI Économie

Bruno Le Maire a réaffirmé que le gouvernement français ne renoncerait pas à cette taxe, qu'il souhaite temporaire en attendant un accord global à l'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE), sur les activités des groupes Facebook, Amazon, Apple et Google.

En dépit de leur désaccord sur la taxation du numérique, les États-Unis et la France s'alignent sur la question plus large de la taxation minimale à l'impôt sur les sociétés.

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