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Certains dinosaures pondaient et nichaient en groupe, selon une étude

Un dessin imaginant le site de ponte trouvé dans le désert de Gobi. Cinq dinosaures couvent et protègent des nids dans lesquels se trouvent des oeufs.

Une nouvelle étude démontre que certains dinosaures démontraient des comportements grégaires et pondaient en groupe pour améliorer la sécurité des nourrissons.

Photo : Masato Hattori

Stéphanie Rousseau

Une nouvelle étude publiée dans la revue Geology par des chercheurs de l’Alberta montre que certains dinosaures nichaient en groupe et protégeaient leurs oeufs, comme le font encore des oiseaux ou les crocodiles.

« Alors qu’on pensait que la majorité des dinosaures pondaient leurs oeufs et abandonnaient leurs nids, comme le font la plupart des reptiles, cette découverte montre que certains dinosaures étaient en fait des animaux au comportement grégaire, qui construisaient des nids en groupe pour la protection », explique François Therrien, le conservateur de paléoécologie au musée Royal Tyrrell, de Drumheller.

Des paléontologues travaillent à extraire les oeufs de dinosaures dans le désert de Gobi.

Le site où les oeufs de dinosaures ont été découverts, dans le désert de Gobi, en Mongolie.

Photo : Kohei Tanaka, Université de Tsukuba, Japon

La découverte faite dans le désert de Gobi, en Mongolie, comprend une zone de 286 mètres carrés où une quinzaine de sites de pontes et une cinquantaine d’oeufs ont été retrouvés.

Correctif :

Une précédente version du texte disait que le site de fouilles faisait 286 kilomètres carrés, mais la zone mesure plutôt 286 mètres carrés.

Une image d'une dizaine de nids retrouvés ensemble sur le site de fouilles.

Des nids retrouvés sur le site dans le désert de Gobi.

Photo : Kohei Tanaka, Université de Tsukuba

Le site date de la période du crétacé et aurait entre 80 et 70 millions d’années. Il offre la meilleure preuve à ce jour d’un comportement reproductif complexe chez des dinosaures.

« On voyait beaucoup d’écailles d’oeufs qui perçaient la surface. Les oeufs étaient ronds avec un diamètre d’environ 13 centimètres », explique François Therrien.

François Therrien.

François Therrien, devant le spécimen d’ankylosaure dont la conservation est spectaculaire, joyau du Musée Royal Tyrrell.

Photo : Radio-Canada / Jean François Bouthillette

« Avec le site de Mongolie, on sait que des dinosaures avaient comme comportement de construire des colonies de ponte, mais aussi que certains adultes devaient rester proche de la colonie afin de les protéger et ça, c’est la première fois qu’on peut le démontrer chez les dinosaures », précise François Therrien.

Il ajoute que cette découverte vient aussi prouver que ce comportement existait avant l’arrivée des oiseaux, il y a 66 millions d’années.

À écouter :

Réécoutez l'entrevue du paléontologue François Therrien à l'émission La Croisée

Pondre et nicher en groupe permettait d'augmenter la survie des nourrissons. Encore aujourd'hui, certains oiseaux, comme les fous de Bassan et les crocodiles agissent de cette manière.

Un mur de roches orangées aux tons variés sur lequel se démarque une ligne plus foncée.

Une ligne plus foncée qui prouve qu'une inondation a recouvert le site il y a des millions d'années.

Photo : Kohei Tanaka, Université de Tsukuba, Japon

Une ligne très révélatrice

D'autres sites de ponte de dinosaures avaient déjà été découverts à travers le monde, mais celui découvert dans le désert de Gobi est unique à cause d'une petite ligne foncée trouvée dans la paroi rocheuse.

« D’autres groupes de nids ont été découverts en Alberta, au Montana, en Amérique du Sud [et] en France, mais ce qui était particulier cette fois-ci, c’était qu’on a observé un marqueur. Une fine ligne rouge très vive qui était présente latéralement à travers le site », note François Therrien.

« Cela nous a indiqué qu’il y avait eu une inondation qui a recouvert tous les nids au même moment, durant la même saison. »

Pour une première fois, on avait affaire à une seule et unique colonie de nids de dinosaures. Cela n’avait jamais été observé ailleurs dans le monde. 

« Sur tous les autres sites, il était toujours impossible de déterminer si tous les nids étaient de la même période ou s’ils avaient été créés à des années ou à des siècles de différence, mais en Mongolie, on avait cette couche unique qui nous montrait que tous ces nids ont été pondus en même temps », ajoute le paléontologue.

Une ligne foncée montre l'endroit où l'eau s'est arrêtée quand elle a enseveli le site mis à jour par les paléontologues.

Une ligne foncée montre le niveau que l'eau a atteint quand elle a enseveli les oeufs de dinosaures sur le site du désert de Gobi.

Photo : Kohei Tanaka, Université de Tsukuba, Japon

L’équipe de recherche croit que les oeufs auraient été pondus par des théropodes.

François Therrien et sa collègue de l’Université de Calgary, Darla Zelenitsky, n’ont pas été en Mongolie, mais ils ont participé à l’étude des fragments tirés du terrain.

Selon les chercheurs, les similitudes sont grandes entre ce site et ceux qui se trouvent en Alberta.

« Le site de Gobi ressemble beaucoup aux Badlands qu’on a ici en Alberta. Sauf qu’au lieu de la végétation verte, c’est du sable, mais autrement, ce sont des affleurements rocheux arrondis avec des canyons et des vallées, mais la terre est rouge », dit François Therrien.

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Paléontologie