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L’épicerie de Notre-Dame-de-Montauban encore menacée de fermeture

Poste d'essence et épicerie

L'épicerie de Notre-Dame-de-Montauban est menacée de fermeture.

Photo : Radio-Canada

Marie-Pier Bouchard

Après la disparition du guichet automatique le mois dernier, voilà qu’une autre tuile s’abat sur Notre-Dame-de-Montauban. L’épicier actuel, qui offre le service dans une bâtisse appartenant à la Municipalité, annonce qu’il va quitter le village le 15 septembre.

Au terme de son contrat de cinq ans, Dany Doucet a décidé de ne pas renouveler son entente avec la Municipalité parce que selon lui, la formule n’est pas rentable.

Une impression de déjà-vu pour les résidents du coin qui affirment qu’ils n’ont pas été surpris d’apprendre la nouvelle.

On l’avait déjà vécu et on le voyait venir.

Hélène Châteauvert, résidente de Notre-Dame-de-Montauban
Une femme assise au comptoir d'un restaurant.

Hélène Châteauvert, résidente de Notre-Dame-de-Montauban

Photo : Radio-Canada

On s'en doutait parce qu'on voyait les tablettes se vider. Il n’y avait plus rien sur certaines tablettes. À un moment donné, deux jours de temps, pas de pain, c’est pas normal dans une épicerie,explique Mme Châteauvert, rencontrée au casse-croûte La bouffe des chutes.

Les résidents de Notre-Dame-de-Montauban ont vécu la fermeture de leur épicerie en février 2015, trois ans après avoir retrouvé ce service, en 2012, dans une bâtisse neuve.

Quelques mois plus tard, en mai 2015, l’épicerie a été relancée, mais aujourd’hui, c’est un retour à la case départ pour la Municipalité.

On constate d’ailleurs que le sujet alimente souvent les discussions ces jours-ci au comptoir du restaurant.

Les gens ont peur que le village devienne un village fantôme.

Patrick Ménard, propriétaire du casse-croûte La bouffe des chutes
Un homme derrière le comptoir d'un casse-croûte.

Patrick Ménard, propriétaire du casse-croûte La bouffe des chutes à Notre-Dame-de-Montauban

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

On a déjà perdu la caisse Desjardins et on a déjà perdu le guichet. Si on perd la Coop, après ce sera quoi? Le bureau de poste? Le restaurant? S'il n'y a plus de monde, le village serait mort, quoi, renchérit M. Ménard.

Urgence d’agir

La Municipalité de Notre-Dame-de-Montauban a lancé un appel d’offres il y a quelques jours pour trouver un nouveau locataire qui prendrait la relève de Dany Doucet. La date limite pour présenter un projet a été fixée au 22 juillet.

La mi-septembre, c’est dans deux mois. Deux mois, c’est demain, lance le maire, Serge Deraspe, qui affirme qu’il y a urgence d’agir pour assurer le service d’épicerie et de station-service.

Ce qu’on veut, c’est qu’il n’y ait pas d’interruption de service et ce qu’on veut, c’est une épicerie, pas un dépanneur.

Serge Desraspe, maire de Notre-Dame-de-Montauban
Un homme en entrevue à la caméra

Serge Deraspe, maire de Notre-Dame-de-Montauban

Photo : Radio-Canada

Serge Desraspe promet que la Municipalité va tout faire pour que l’épicerie et la station-service restent ouvertes, mais il considère que la population a un rôle important. Il estime qu'environ 25 % des citoyens s'approvisionnent à l'extérieur du village.

Il faut consommer et acheter local. C’est bien beau, on peut avoir la plus belle épicerie, mais un moment donné il faut que les gens du milieu supportent leur commerce local, explique-t-il.

Caroline Gagné, une employée de l’épicerie depuis sa relance en mai 2015, a déjà levé la main pour manifester son intérêt.

Elle et son conjoint, Christian Lirette, s’apprêtent à déposer leur projet à la Municipalité. Tous les deux travaillent dans le domaine de l’alimentation depuis une trentaine d’années.

Malgré les échecs de leurs prédécesseurs, ils sont confiants.

Moi je me dis qui risque rien n'a rien, lance M. Lirette.

Un homme place des articles dans une rangée d'épicerie.

Christian Lirette travaille dans le domaine de l'alimentation depuis une trentaine d'années.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Caroline, elle, mise sur sa connaissance des besoins de la communauté et elle mise sur un service personnalisé.

Ça fait des années que c’est un rêve de jeunesse pour lui et pour moi. Les gens de Notre-Dame sont proches de nous et on est proche d’eux autres.

Caroline Gagné
Une femme prend des notes devant des bouteilles de vins.

Caroline Gagné, employée de l'épicerie depuis 2015, s'apprête à déposer un projet avec son conjoint pour sauver le commerce.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Elle promet d’offrir davantage de produits frais, plus de variété et elle a plusieurs idées pour rendre le commerce plus attrayant.

On aurait toujours des légumes frais. Les sous-marins et les sandwichs, je les ferais moi-même sur place. On veut aussi ouvrir une heure plus tôt. Au lieu d’ouvrir à 8h ce serait à 7h parce qu’il y a beaucoup de travailleurs qui passent de bonne heure et c’est fermé. Ils vont chercher leur café et leur essence ailleurs, explique Caroline.

Le maire interpelle les gouvernements

Serge Desraspe veut aussi que les gouvernements provincial et le fédéral s’engagent à subventionner 80 % des investissements de quelque 300 000 $ qui sont nécessaires pour l’achat de nouveaux équipements afin de mettre la bâtisse à niveau.

Au bureau de la députée de Champlain, Sonia LeBel, on répond que le maire a été invité à transmettre ses besoins et ses attentes afin que l’équipe puisse l’accompagner dans le dossier.

Du côté de l’équipe du député de Saint-Maurice-Champlain et ministre de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne, on mentionne que l'élu est bien au fait de l’importance de ce bâtiment pour Notre-Dame-de-Montauban.

Cependant, le directeur des communications pour le ministre Champagne, Pierre-Yves Bourque, précise qu’au niveau des infrastructures, c’est le gouvernement provincial qui doit faire parvenir le dossier au gouvernement fédéral afin qu’il soit analysé.

« Dès que nous recevrons le dossier, nous le regarderons avec grand intérêt », dit M. Bourque.

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