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Les fonctionnaires québécois inquiets pour leur paie

L'édifice Marie-Guyart, connu sous le nom de complexe G, est le lieu de travail de milliers de fonctionnaires provinciaux, à Québec.

Photo : Radio-Canada / André-Pier Bérubé

Véronique Prince

Au moins 13 000 fonctionnaires québécois n’ont pas reçu toutes les sommes qui leur sont dues en raison d’une mise à jour du système de gestion de la paie. À la suite de l’installation d’une nouvelle version du logiciel SAGIR au début du mois, le gouvernement du Québec a détecté certaines « anomalies » qui privent temporairement les employés de l’État de revenus liés à des heures supplémentaires, à des primes de nuit ou à des allocations de dépenses, par exemple.

Le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, se veut rassurant. Toutes les sommes dues seront remboursées aux fonctionnaires au plus tard le 1er août prochain. Il rappelle que la « paie régulière » a été versée comme prévu. Ce sont toutes les primes, ou plutôt les gains déclaratoires, qui n’ont pas été remis. De plus, certains n’ont pas reçu le paiement pour la journée fériée du 24 juin dernier.

Pour plusieurs employés québécois, cette situation n’est pas sans rappeler les ratés du système de paie Phénix, qui a plongé dans l’incertitude financière des milliers de fonctionnaires fédéraux, privés de salaire pendant des semaines.

Le ministre Caire insiste : Toutes les anomalies identifiées ont déjà été corrigées. Les solutions ont été mises en place […] Il y a des équipes qui ne sont dédiées qu’à ça. On est vraiment loin de Phénix! Je peux rassurer tout le monde. Ce sont deux univers parallèles qui ne se rencontreront jamais.

Il montre du doigt.

Le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Des contractuels ou saisonniers impayés

Des promesses qui ne convainquent pas le président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), Christian Daigle. Parmi les 13 000 fonctionnaires touchés, ce qui équivaut à près de 20 % de la fonction publique québécoise, 5000 sont considérés comme des employés à paie régulière.

Les conséquences toucheront surtout les 8000 employés contractuels ou saisonniers, selon lui. On a des gens qui vivent à chacune des paies. Pour ceux qui sont sur appel, qui doivent déclarer leurs heures effectuées à chaque semaine, ça a un impact! Ils pourraient manquer complètement une paie et ça aura un impact direct sur les comptes à payer.

Parmi ces 8000 employés saisonniers, 150 étudiants embauchés pour l’été n’auraient pas du tout reçu d’argent depuis trois, quatre, et même cinq semaines, affirme Christian Daigle. Dans leur cas, les sommes seront remboursées jeudi.

Le ministre Caire répète qu’il comprend les problèmes que cette opération informatique a causés. Ceci étant, on respecte la convention collective. Selon cette convention, on a 45 jours pour verser ces montants-là. On va le faire […] On va payer rubis sur l’ongle tout le monde dans les délais prévus.

Il ajoute que les fonctionnaires à paie régulière touchés ont été informés de la situation il y a quelques jours. Une communication écrite sera également envoyée aux employés saisonniers et contractuels.

La saga SAGIR

Le logiciel SAGIR, utilisé entre autres pour la gestion des ressources humaines gouvernementales, a fait l’objet d’une surveillance particulière du bureau du vérificateur général du Québec pour ses nombreux ratés dans les dernières années.

Presque 70 000 fonctionnaires québécois en dépendent pour les horaires de travail, les paies, les comptes de dépenses ou les achats, par exemple. Le développement du système a connu des retards et des dépassements de coût importants. La facture totale du projet est encore méconnue, mais elle frôlerait les centaines de millions de dollars.

Le ministre Éric Caire, lui-même, a été un fervent critique de ce logiciel alors qu’il était député de l’opposition. Cette fois, il considère que la dernière mise à jour informatique est un succès sur toute la ligne, puisqu’il s’agirait de la plus grosse opération de mise à jour de l’histoire du gouvernement du Québec.

Il reconnaît qu’il a sévèrement condamné les gouvernements précédents pour l’implantation de ce logiciel, c’est pourquoi je peux vous dire que j’ai été impliqué avec l’équipe personnellement dans chacune des étapes pour m’assurer que ce déploiement-là soit un succès et non pas un échec retentissant.

N’empêche que, pour le SFPQ, l’impact d’une telle mise à jour n’a jamais été aussi grand sur les paies des employés de l’État.

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