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Comment Apollo a inspiré les jeunes astronautes du Canada

L'empreinte du pied d'un astronaute sur la Lune.

L'humanité débarquait sur la Lune le 20 juillet 1969, il y a 50 ans.

Photo : NASA

Alain Labelle

Ils rêvent de la Station spatiale internationale, de la Lune et même de Mars. Ils ne se sont toujours pas rendus dans l’espace, mais s’y préparent intensivement. Si aucun d’eux n’a connu l’effervescence autour d’Apollo 11, les missions lunaires ont quand même marqué leurs esprits. Trois parcours de futurs astronautes, une inspiration.

Jeremy Hansen est né le 27 janvier 1976 à London, en Ontario. Il était colonel dans les Forces armées canadiennes jusqu’à son recrutement en 2009 par l’Agence spatiale canadienne (ASC), en même temps que le Québécois David Saint-Jacques.

Jeremy Hansen.

L'astronaute Jeremy Hansen

Photo : Agence spatiale canadienne

Il fait maintenant partie du groupe de 20 astronautes formés par la NASA et est potentiellement le prochain Canadien à se rendre dans l’espace.

S’il n’était pas né en 1969, il se souvient très bien de la photo d’Apollo 11 qui accompagnait un article sur Neil Armstrong dans une encyclopédie alors qu’il n’était qu’un écolier.

Jeremy Hansen s'entraînant à marcher dans l'espace.

Jeremy Hansen s'entraînant à marcher dans l'espace.

Photo : Agence spatiale canadienne

Cette image d’un humain sur la Lune m’a révélé que tout était possible. Elle a capté, enflammé même, mon imagination!

Jeremy Hansen
L'astronaute Buzz Aldrin sur la Lune.

L'astronaute Buzz Aldrin photographié par Neil Armstrong lors de la mission Appolo 11

Photo : Getty Images / Neil Armstrong / NASA

« J’ai transformé ma cabane dans un arbre en fusée : j’y ai collé des cadrans découpés dans du carton, où les aiguilles étaient des bâtonnets de bois, j’ai utilisé de vieux disjoncteurs pour faire des commutateurs et, pour le manche, j’ai pris un bout de bois », se rappelle Jeremy Hansen, qui est titulaire d'un baccalauréat en sciences spatiales et d'une maîtrise en physique.

Cette photo m’a incité à me donner comme objectif d’explorer l’espace et de communiquer cet objectif personnel aux autres, ce qui les a menés à investir en moi, à me pousser à me dépasser et, en définitive, à m’aider à me préparer à explorer au-delà de l’atmosphère terrestre.

Jeremy Hansen
Jeremy Hansen.

Jeremy Hansen participant à un vol d'entraînement de l'Aviation royale canadienne sur un CF-18 à Cold Lake (Alberta) en octobre 2012.

Photo : Forces armées canadiennes

Repousser les limites

Joshua Kutryk est né le 21 mars 1982 à Fort Saskatchewan, en Alberta.

L'astronaute Joshua Kutryk.

L'astronaute Joshua Kutryk

Photo : Agence spatiale canadienne

Avant son recrutement en 2017, il était pilote de chasse, ingénieur et lieutenant-colonel dans l'Aviation royale canadienne.

« La mission Apollo 11 m’interpelle parce que quelque chose qu’on croyait impossible depuis le début de l’humanité est devenu possible. Cette mission a révélé au monde entier le pouvoir extraordinaire de l’innovation et de la collaboration », affirme Joshua Kutryk.

« Quand on y pense, c’est formidable que la mission Apollo 11 ait eu lieu seulement 66 ans après le premier vol d’avion », poursuit Joshua Kutryk.

Imaginez un peu : il a été impossible de voler pendant des milliers d’années et puis, en l’espace d’une vie, on est passé du premier vol motorisé à l’atterrissage sur la Lune. Cela me donne espoir dans l’avenir. C’est le signe, pour moi, que l’innovation, la science et l’exploration peuvent réellement repousser toutes les limites.

Joshua Kutryk

L’astronaute rêve même de la planète Mars.

C’est peut-être difficile, en ce moment, de concevoir que des humains vivront sur Mars. Mais songez un instant à quel point il a dû sembler impossible, avant même l’invention de l’avion, de poser le pied sur la Lune un jour. Puis cela s’est passé en l’espace d’une vie.

Joshua Kutryk

« Voilà pourquoi Apollo 11 est si important : cette mission nous a montré que nous pouvons réellement redéfinir ce qui est possible », conclut l’espoir spatial canadien.

Un effet durable

Jennifer Sidey est née le 3 août 1988 à Calgary, en Alberta. Elle est ingénieure mécanique et était chargée de cours à l'Université de Cambridge avant de rejoindre l’ASC en 2017, en même temps que Joshua Kutryk.

L'astronaute canadienne Jenni Sidey.

L'astronaute canadienne Jenni Sidey

Photo : Agence spatiale canadienne

« Cette mission a eu un impact durable sur ma vie. Comme bien des gens dans le monde, en regardant la Lune, je ne peux que penser au moment où nous y retournerons », explique la troisième femme astronaute canadienne après Roberta Bondar et Julie Payette.

Je sais maintenant qu’on explorera de nouveau la Lune de mon vivant, alors j’ai bien hâte de voir ce qu’on va découvrir.

Jennifer Sidey

« L’atterrissage sur la Lune est une réalisation exceptionnelle de l’humanité », poursuit Jennifer Sidey.

Pour avoir une idée juste de l’impact de cette mission, on n’a qu’à penser au nombre de générations qui ont regardé la Lune et qui se sont demandé combien de temps il faudrait pour s’y rendre ou ce que ce serait d’en fouler le sol. En 1969, ces questions ont trouvé des réponses. Ce type d’exploration est fondamental.

Jennifer Sidey
Jenni Sidey.

Jenni Sidey était l'une des 17 finalistes de la campagne de recrutement d'astronautes de 2017.

Photo : Agence spatiale canadienne

L'espace à l'horizon

Les deux plus récents astronautes de l’ASC habitent maintenant à Houston, au Texas. Ils ont commencé il y a deux ans leur formation au Centre spatial Johnson de la NASA, dans la classe d'astronautes. Ils sont parrainés par leur collègue Jeremy.

Jennifer Sidey (gauche) et Joshua Kutryk (centre) lors de leur passage à l'Agence spatiale canadienne, en 2017, à Longueuil. La conversation était animée par l'astronaute Jeremy Hansen.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jennifer Sidey (gauche) et Joshua Kutryk (centre) lors de leur passage à l'Agence spatiale canadienne, en 2017, à Longueuil. La conversation était animée par l'astronaute Jeremy Hansen.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Cet entraînement comprend des séances d'information scientifique et technique, une formation intensive sur les systèmes de la Station spatiale internationale, des simulations d'activités extravéhiculaires (sorties dans l'espace), de la robotique, du conditionnement physique, une formation au pilotage, l'apprentissage du russe et des entraînements de survie en mer et en milieu sauvage.