•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pierre Paul-Hus au champ de tir avec une militante proarmes

Pierre Paul-Hus s'est rendu dans un champ de tir de la région d'Ottawa à l'invitation de Tracey Wilson, de la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu

Photo : Facebook/Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu

David Rémillard

Le député conservateur Pierre Paul-Hus et porte-parole de l'opposition en matière de sécurité publique s'est rendu mardi dans un champ de tir avec Tracey Wilson, militante de longue date pour le droit aux armes à feu. Une banale sortie, d'après le principal intéressé, mais hautement symbolique selon d'autres.

L'affaire serait sans doute passée inaperçue, n'eût été d'une publication de la Coalition canadienne pour les droits aux armes à feu (CCDAF) sur les réseaux sociaux, mercredi matin.

On y voit Pierre Paul-Hus dans un champ de tir de la région d'Ottawa avec Mme Wilson, vice-présidente aux relations publiques pour la Coalition. Une autre photographie montre le politicien et ancien militaire en position de tir, une arme semi-automatique AR-15 en mains.

Pierre Paul-Hus en compagnie de Tracey Wilson.

Pierre Paul-Hus en compagnie de Tracey Wilson

Photo : Facebook/Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu

Tracey Wilson m'a invité à un champ de tir hier pour me montrer comment fonctionnaient les champs de tir dans le civil, a expliqué M. Paul-Hus, invité par Radio-Canada à expliquer le contexte dans lequel s'est tenue cette rencontre.

L'explication a été similaire du côté de Mme Wilson, qui a qualifié l'activité d'une simple sortie en plein air pour profiter d'une belle journée à Ottawa.

Positions communes

Il reste que la rencontre avait une saveur politique.

Mme Wilson est inscrite au registre des lobbyistes et a été très volubile lors de l'étude du projet de loi C-71 visant à resserrer le contrôle des armes à feu au Canada. Une loi qui a passé le test au Sénat en mai dernier et sanctionnée en juin, mais que le Parti conservateur a promis d'abroger s'il est élu en octobre prochain.

M. Paul-Hus et Mme Wilson accusent tous deux les libéraux de Justin Trudeau de ne pas s'attaquer aux gangs de rue pour limiter les crimes par armes à feu.

Les deux estiment que le resserrement des règles entourant les armes à feu se fait au détriment des propriétaires d'armes respectueux des lois.

Tracey Wilson aux côtés d'un homme devant un micro.

Tracey Wilson (à droite), lors d'une conférence de presse cet hiver aux Communes, à Ottawa.

Photo : Coalition canadienne pour les droits aux armes à feu

Ils soutiennent finalement que la majorité des crimes sont commis avec des armes achetées illégalement, et donc qu'un contrôle accru n'a pas d'impact sur le terrain.

L'important, c'est de ne pas s'attaquer aux tireurs sportifs. Pour nous, ce qui est important, c'est de s'attaquer aux gangs de rue, aux criminels, a insisté M. Paul-Hus mercredi, reprenant des propos déjà utilisés par son chef Andrew Scheer.

Le député de Charlesbourg—Haute-Saint-Charles a assuré mercredi que son parti ne retirerait pas d'autres couches de contrôle après avoir abrogé C-71.

Tracey Wilson va cependant plus loin. Bien qu'elle croit qu'il faut maintenir certaines vérifications sur les propriétaires d'armes à feu, elle soutiendrait la permission de porter une arme en public, ne serait-ce que pour la légitime défense.

Réactions partagées

Les images de la Coalition ont rapidement été reprises par l'organisation Tous contre un registre québécois des armes à feu, ainsi que par son fondateur Guy Morin.

Très heureux de voir Pierre Paul-Hus s’afficher publiquement, a-t-il réagi. Merci à l’équipe du CCFR/CCDAF pour leur bon travail, et j’espère toujours le réveil des propriétaires au Québec pour la prochaine élection, a-t-il ajouté.

Du côté de PolySeSouvient, qui milite pour plus de contrôle des armes, une telle sortie n'est pas surprenante, bien que choquante.

Selon Nathalie Provost, survivante de la tuerie de Polytechnique, le geste de M. Paul-Hus est un flagrant manque de respect pour plusieurs Canadiens. Si on peut nous provoquer avec ça, il faut répliquer avec notre droit de vote, a-t-elle plaidé.

Qu'un élu joue avec une arme comme ça, à mes yeux, c'est un pied de nez. C'est un pied de nez à tous ceux qui militent pour le contrôle et c'est un pied de nez à tous ceux qui ont été victimes.

Nathalie Provost, survivante et membre de PolySeSouvient

Si le mouvement PolySeSouvient s'en prend aux conservateurs, il ne fait pas d'éloges aux libéraux non plus.

C-71 est une bien maigre avancée, disent ses membres, qui réclament désormais qu'on bannisse les armes d'assaut au pays.

Le symbolique AR-15

L'utilisation de l'arme AR-15 sur les images partagées par la Coalition n'est pas anodine, a pour sa part fait remarquer Francis Langlois, professeur d'histoire au Cégep de Trois-Rivières et chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand.

Bien que la capacité des chargeurs soit limitée au Canada et que l'arme soit à autorisation restreinte, la symbolique demeure forte, selon M. Langlois, puisque l'arme a servi dans plusieurs tueries de masse aux États-Unis.

Un élu qui utilise une arme qui a été utilisée malheureusement dans plusieurs tueries, il y a un symbole qui est assez fort. M. Paul-Hus est quand même un des membres du comité sur la sécurité publique, a-t-il souligné.

Apprécié des amateurs de tir sportif, l'AR-15 est devenu une image du débat sur les armes à feu au Canada.

Une « rumeur » qui a circulé chez les propriétaires d'armes à feu a même fait bondir ses ventes au cours des derniers mois.

Québec

Politique fédérale