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Le libre-échange au cœur de la visite de dirigeants européens à Montréal

Les drapeaux du Canada et de l'Union européenne côte à côte.

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne donne aux entreprises canadiennes un accès privilégié à 500 millions de consommateurs européens.

Photo : AFP / PATRICK KOVARIK

La Presse canadienne

Au moment où les députés français entamaient leurs délibérations pour la ratification de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre l'Union européenne et le Canada, le premier ministre Justin Trudeau accueillait mercredi à Montréal l'un des dirigeants du bloc de 28 pays membres.

M. Trudeau travaille fort pour remporter des victoires en matière de commerce et de politique étrangère après deux années ardues, marquées par une difficile renégociation de l'accord de libre-échange nord-américain avec l'administration Trump et par la détérioration des relations politiques et commerciales avec la Chine.

Le premier ministre canadien doit faire la promotion de l'AECG avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, dans une série d'événements à Montréal au cours des deux prochains jours.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, devait se joindre à eux, mais il n'était finalement pas présent mercredi. Le bureau du premier ministre et la délégation de l'Union européenne à Ottawa n'ont pas voulu en dire davantage sur ce changement de plan.

Dans la journée, MM. Trudeau et Tusk ont visité le port de Montréal, la porte d'entrée des marchandises européennes expédiées au Canada par voie maritime.

Les deux politiciens devaient participer à une réception en fin d'après-midi.

Mais l'ordre du jour législatif à l'Assemblée nationale française, qui commence son étude du projet de loi de ratification de l'accord, intéressera aussi le premier ministre libéral, qui tente de se faire réélire à l'automne.

Selon certaines sources françaises et canadiennes, qui se sont exprimées sous le couvert de l'anonymat, M. Trudeau fait pression sur le président français Emmanuel Macron depuis plus d'un an pour que le projet de loi soit présenté, et ces efforts ont finalement porté leurs fruits le mois dernier lorsque les deux hommes se sont rencontrés à Paris.

Le Canada « ravi » de ses relations avec la France

Presque toutes les parties de l'accord commercial – plus de 90 % – sont entrées en vigueur en septembre 2017, mais il faudra attendre que tous les membres de l'Union européenne le ratifient avant qu'il ne puisse s'appliquer entièrement.

Ce serait une victoire pour l'ordre commercial international, qui a été attaqué par le président américain Donald Trump.

C'est une étape essentielle. Nous sommes ravis de notre coopération avec le gouvernement français.

Jim Carr, ministre canadien du Commerce international

M. Carr rencontrera son homologue européenne Cecilia Malmström à Montréal.

Selon lui, le début du processus de ratification en France est une étape importante dans l'objectif plus général du Canada de diversifier ses marchés d'exportation.

Justin Trudeau était à Paris au début du mois de juin après avoir assisté aux commémorations du 75e anniversaire du jour J en France et au Royaume-Uni.

Emmanuel Macron et lui avaient alors annoncé que la France ferait avancer la ratification de l'AECG. Le gouvernement français espère une ratification complète d'ici la fin de l'année.

Opposition populiste aux accords commerciaux

MM. Trudeau et Macron ont discuté de l'accord à plusieurs reprises – à Paris en avril 2018, lors d'une conversation téléphonique un an plus tard et à l'occasion d'autres rencontres en personne.

Emmanuel Macron est un président proeuropéen et un partisan convaincu de l'AECG, mais il a dû faire preuve de prudence en raison de l'opposition populiste aux accords commerciaux qui s'est répandue en France et en Europe.

Le Canada a fait pression sur les législateurs, les gens d'affaires et les agriculteurs français. L'ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon, a d'ailleurs multiplié les visites dans les régions françaises.

Justin Trudeau s'était adressé directement aux députés français en avril 2018 lors d'un discours devant l'Assemblée nationale.

L'AECG donne aux entreprises canadiennes un accès privilégié à 500 millions de consommateurs européens et à un marché de 24 000 milliards de dollars. En 2018, les exportations du Canada vers l'UE ont augmenté de 7 %, pour atteindre plus de 44 milliards de dollars.

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