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La police de Toronto recherche à l'étranger un patient de CAMH au passé violent

Zhebin Cong

La police de Toronto refuse d'expliquer la façon dont Zhebin Cong a quitté le Canada.

Photo : Courtoisie / Service de police de Toronto

Jean-Philippe Nadeau

La police de Toronto confirme qu'un patient du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) a bien quitté le pays après sa disparition de l'établissement au début du mois. Zhebin Cong a été reconnu non criminellement responsable en 2016 du meurtre d'un chambreur deux ans plus tôt à cause de sa schizophrénie.

La disparition de l'individu de 47 ans et son départ du Canada demeurent un mystère.

Dans un communiqué, CAMH soutient que le patient que la police recherche à l'étranger n'est jamais retourné à l'institution après une sortie autorisée dans la communauté.

CAMH ajoute qu'il a averti la police au sujet de la disparition de Zhebin Cong le 3 juillet dernier. L'institution précise que le ressortissant chinois de 47 ans avait été autorisé à sortir sans accompagnement.

Or, la police de Toronto a attendu près de deux semaines avant d'avertir les médias à ce sujet pour des raisons qu'elle n'a pas expliquées.

C'est la Commission ontarienne d'examen qui décide du sort des aliénés dans la province lorsqu'ils ne sont pas tenus criminellement responsables d'un crime. Elle avait donc placé en 2016 Zhebin Cong à CAMH où il a entamé un traitement contre sa schizophrénie.

Dans son dernier rapport en date du 9 mai, la Commission écrit qu'il posait toujours une menace pour la sécurité du public. Elle y autorise néanmoins l'institution à organiser des sorties de l'individu dans la communauté avec une supervision indirecte.

On ignore toutefois le statut exact que Zhebin Cong avait au moment de sa disparition ou s'il résidait encore au campus de CAMH de la rue Queen de façon intermittente.

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) à Toronto

Des patients peuvent aller au Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) à Toronto pour combattre leur dépendance au opioïdes.

Photo : Radio-Canada / Myriam Fimbry

La police qui a fait appel a Interpol pour le localiser refuse par ailleurs de confirmer si l'individu est maintenant en Chine ou encore de révéler le nom de la compagnie aérienne qu'il a prise pour quitter Toronto. L'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto s'est par railleurs refusé à tout commentaire à ce sujet.

Le rapport de la Commission affirme toutefois que Zhebin Cong avait souvent manifesté son intention d'y retourner voir sa mère. Il était d'ailleurs resté en contact avec elle par Skype durant son internement à CAMH.

La police soutient que Zhebin Cong représente une menace pour lui-même et qu'il communique très mal en anglais. Selon le même rapport, l'individu a déjà été hospitalisé pour une tentative de suicide à Toronto en 2012.

Le document révèle d'ailleurs que le ressortissant chinois avait abandonné ses cours d'anglais langue seconde et qu'il ne voulait plus travailler, parce qu'il était devenu trop las pour le faire.

Le campus de la rue College du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH)

Le campus de la rue College du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH)

Photo : Google Maps

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale ajoute dans son communiqué de mercredi après-midi qu'il a pris de mesures supplémentaires en ajoutant par exemple du personnel dans ses unités de détention.

Un psychiatre devra dorénavant revoir, et révoquer s'il le faut, les droits de sortie des patients dans la communauté, en particulier parmi les pensionnaires qui ont obtenu de la Commission le privilège de sortir sans escorte pour des durées déterminées.

Dans un premier communiqué émis en matinée, CAMH disait qu'il prenait la sécurité très au sérieux et qu'il collaborait à l'enquête de police. L'institution psychiatrique refusait toutefois de parler du cas particulier d'un patient.

Dans un message, le maire de la ville, John Tory parle d'un cas troublant et encourage tous ceux concernés dans cette affaire à faire preuve de transparence.

Toronto

Justice et faits divers