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Premier débrayage de 300 employés de la Sépaq

Environ 300 employés de la Sépaq ont débrayé mercredi matin dans des établissements et parcs du Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les syndiqués de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) lancent une première vague de débrayages dans les parcs nationaux de la province, après le rejet de leur contre-offre par la direction. Une rencontre avec un conciliateur avait lieu en après-midi.

Comme il menaçait de le faire en cas d’impasse dans les négociations, le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les employés de la Sépaq, a ordonné mercredi le débrayage de 300 employés répartis dans cinq sites de la province ainsi qu’au siège social de la Sépaq, à Québec.

Les établissements touchés par la grève sont le parc de la Chute-Montmorency, le Manoir Montmorency, le Camping des Voltigeurs à Drummondville, le Centre touristique du Lac-Kénogami ainsi que le Centre touristique du Lac-Simon, en Outaouais.

Ce premier débrayage de 300 employés se veut un avertissement pour l’employeur, puisque si aucune entente n'intervient au cours des prochains jours, le syndicat prévoit déclencher une grève générale des 1500 travailleurs des parcs de la Sépaq dès samedi, qui marque le début des vacances de la construction au Québec, soit la période la plus achalandée de l’année.

Au total, 23 parcs nationaux pourraient être touchés par la grève dès samedi, y compris le Gîte du Mont-Albert, à Sainte-Anne-des-Monts.

La Sépaq assure qu’en cas de grève, tous les parcs demeureront ouverts au public.

Des syndiqués en grève brandissent des pancartes et des drapeaux.

Les 1500 syndiqués de la Sépaq des parcs nationaux menacent de débrayer en bloc samedi si aucune entente n'est conclue d'ici là avec leur employeur.

Photo : Radio-Canada

Il n’y a pas encore eu d’avis de grève pour les réserves fauniques. Ce ne sont pas tous les établissements qui seront visés samedi. Il va y avoir un plan de contingence pour garder les établissements visés ouverts, explique Simon Boivin, de la Sépaq. Bien évidemment, ils vont fonctionner à effectifs réduits, donc l’offre de services va être moindre.

Les principaux points d’achoppement entre la direction de la Sépaq et le syndicat sont les salaires des travailleurs qui sont pour la plupart saisonniers comme les guides de pêche, les guides de chasse, les préposés à l'accueil, les gardes de parc et les préposés aux terrains, et qui gagnent entre 13 $ et 14 $ l'heure.

Certains d'entre eux touchent toujours moins de 14 $ de l'heure après plusieurs années de services, déplore le syndicat.

Un des grévistes a déclaré à la caméra qu'il comptait 24 ans d'expérience au sein de la Sépaq et qu'il recevait un salaire de 10,36 $ l'heure.

Notre échelle de salaire est tellement basse qu’ils ont des problèmes à recruter du personnel.

Un gréviste

Près de la capitale nationale, les touristes sont nombreux au parc de la Chute-Montmorency.

Oui il manque d’accès, mais le parcours est toujours disponible. Donc pour moi cela ne change rien. Ce sont seulement les activités à côté qui sont fermées. Tant qu’on peut faire le parcours, c'est bien, commente une touriste française.

Confronté à une fin de non-recevoir à ses demandes d'augmentation salariale, le SFPQ réclame une rencontre avec le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, pour avoir l'heure juste sur les marges de manœuvre financières dont dispose le gouvernement Legault pour augmenter le salaire des employés de la Sépaq.

Le ministre responsable avait annoncé qu’il avait de la marge de manœuvre, la Sépaq nous dit qu’elle n’a pas de marge de manœuvre et pendant ce temps-là le gouvernement annonce pour plus de 100 millions d’investissements dans différents parcs et manoirs.

Christian Daigle, président du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec

Ils ont de l’argent pour investir dans les parcs, pour les rénover, mais ils n’ont pas d’argent pour les employés, a dénoncé Christian Daigle, en conférence de presse, mercredi.

Une première rencontre avec le conciliateur

La Sépaq, qui a réclamé mardi au ministère du Travail la nomination d'un conciliateur dans le dossier, a vu sa requête exaucée par Québec.

Une première rencontre entre les représentants patronaux et syndicaux devait avoir lieu à 13 h, a révélé le SFPQ, qui s'est dit prêt à travailler avec l'aide d'un conciliateur à la suite du rejet catégorique de l'employeur de la contre-offre qu'il avait déposée en début de semaine pour sortir de l'impasse.

Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq, a justifié le rejet de cette contre-offre sur les ondes d'ICI RDI en expliquant que la proposition ramenait les parties à la case départ, celle-ci étant sans aucune proportion avec la capacité de payer de la société d'État.

Hier, on a reçu une offre syndicale qui nous a choqués et extrêmement déçus. Une contre-offre qui allait bien au-delà de la capacité de payer de la Sépaq. […] Les demandes étaient supérieures aux demandes originales.

Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq

Les augmentations de salaire annuelles demandées représentent plusieurs fois ce qui a été accordé par le gouvernement du Québec au front commun des employés de la fonction publique lors des dernières négociations, a précisé le porte-parole de la Sépaq en ajoutant que l'offre salariale bonifiée déposée lundi soir par l'employeur constituait une avancée sérieuse dans les négociations.

Selon la Sépaq, la conciliation constitue maintenant le seul moyen d'en venir rapidement à une entente négociée afin de favoriser un rapprochement entre les parties pour minimiser l'impact de la grève sur les vacances de dizaines de milliers de Québécois.

La Sépaq dit souhaiter qu’une entente de principe puisse être conclue le plus tôt possible avec la désignation d’un conciliateur.

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