•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Eaux usées au réservoir Baskatong : difficile de se conformer, selon des campings

Un terrain vague est recouvert de roche de drainage.

Un champ d'épuration est en construction au terrain de camping Domaine à l'aube du lac, dans le secteur de Montcerf-Lytton.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Radio-Canada

Avoir un réseau qui respecte les normes en matière d’eaux usées n’est pas aussi simple qu’il paraît, soutiennent des propriétaires de terrains de camping en bordure du réservoir Baskatong, au nord de Maniwaki. Le processus pour se conformer aux critères gouvernementaux est long et coûteux, selon eux.

Les municipalités ont des subventions, les cultivateurs ont des subventions... Tout le monde a des subventions ou des crédits d’impôt, nous autres, zéro , affirme René St-Jean, propriétaire de la Pourvoirie villa basque, située sur le chemin du même nom, dans le secteur de Montcerf-Lytton.

Il faut tout, tout, tout faire l’investissement de notre poche. C’est pour ça que des fois c’est plus slow un peu, il faut quand même être capables d’arriver dans nos projets et tout, ajoute-t-il. M. St-Jean estime qu’il faudra de deux à trois ans pour achever l’ensemble des travaux nécessaires pour que sa pourvoirie soit conforme.

Un autre propriétaire fera des travaux cet automne

Yvon Rivet, à qui appartient l'établissement R.V. Camping, fait face à une situation semblable. Il a notamment dû payer une amende de 5000 $ pour la gestion non conforme des eaux usées de son établissement.

Un espace gazonné sur un terrain de camping.

Le terrain de R.V. Camping est situé le long des berges du réservoir Baskatong, dans le secteur de Montcerf-Lytton.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Mon installation est trop petite, oui, mais on est après se conformer et on attend après le gouvernement, relate-t-il, ajoutant du même souffle que l’ajout de fosses septiques supplémentaires cet automne lui coûtera 100 000 $.

Avant d’avoir les permis, c’est entre deux et trois ans [avant que les autorités] nous donnent des réponses. Donc eux autres, ils nous donnent des amendes. [...] Il faut se battre avec ça.

Yvon Rivet, propriétaire de R.V. Camping

Sans traitement adéquat, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques affirme que les eaux usées peuvent s’infiltrer dans le sol ou s’écouler vers les eaux de surface. Ces sources de pollution pourraient nuire aux activités nautiques, comme la baignade ou la pêche.

Depuis 2010, Québec a remis 23 avis de non-conformité à divers établissements de plein air en bordure du réservoir Baskatong. Certaines entreprises fautives se sont vu remettre des constats d’infraction par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) relativement à la gestion de leurs eaux usées.

Le ministère a décliné notre demande d’entrevue. Par courriel, un porte-parole précise que certains dossiers sont judiciarisés et que le ministère ne veut pas nuire aux procédures en cours.

Des travaux qui peuvent coûter très cher

Pour sa part, le camping Pavillon des pins gris a reçu plusieurs avis de non-conformité du ministère de l'Environnement entre 2011 et 2017, notamment pour avoir procédé à des travaux d'extension d'installations anciennes d'aqueduc avant d'avoir soumis les plans au ministère et d'avoir obtenu son autorisation.

Deux constats d'infraction du DPCP ont également été envoyés à ce camping du réservoir Baskatong, qui compte environ 180 emplacements pour les véhicules récréatifs et des chalets en location.

Des véhicules récréatifs sur un terrain de camping.

Le Pavillon des pins gris fait partie des endroits visés par une enquête du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Photo : Radio-Canada / Laurie Trudel

Dans un entretien téléphonique, le propriétaire depuis 2015, Carl Dumont, affirme qu'il a maintenant obtenu les autorisations nécessaires pour procéder à l'installation conforme d'un champ septique.

Les travaux, qu'il estime à plus de 500 000 $, sont prévus pour l'automne. Carl Dumont précise que la lenteur administrative a grandement retardé ses démarches pour se conformer aux normes environnementales.

Avec les informations de Laurie Trudel

Ottawa-Gatineau

Pollution